Peut-on parler d'un effet pervers pour les adeptes ? Il faut croire que l’abolition de tous les événements de course à pied prévus ce printemps aura occasionné un relâchement chez plusieurs coureurs. Sans me baser sur un sondage scientifique, je dirais que forcément, nous avons assisté à un certain laisser-aller très compréhensible dans les circonstances.

 Le confinement a causé des dégâts et on commence à apercevoir la pointe de l’iceberg.

 Malgré les nombreuses restrictions imposées par les autorités gouvernementales, la course à pied n’a pas été trop affectée, c’est-à-dire que chacun de nous tous pouvait quand même s’entraîner à sa façon et c’est à cette échelle que le bât blesse.

 Nombreux sont ceux et celles qui ont manqué de discipline et de rigueur. Ça s’explique. Quand vous n’avez pas un projet en bout de ligne, il devient ardu de se motiver à conserver le rythme que nous avions l’habitude de maintenir en temps normal.

 

Bien malgré eux, certains adeptes se sont retrouvés avec quelques kilos supplémentaires lors du confinement.

 

Bien sûr, il y a eu des exceptions à cette règle, des gens qui ont quand même pu conserver une discipline cohérente comparable avec ce qu’ils faisaient avant l’arrivée de la pandémie. Or, si on parle de la population des coureurs en général, disons que pour utiliser un ton humoristique, ils n’ont pu s’empêcher de sombrer dans le pêché.

 Nombreux sont les adeptes qui m’ont confié qu’ils avaient pris quelques kilos lors des dernières semaines et que pourtant, ils n’avaient pas nécessairement arrêté de courir. Voilà une facette qui vient démontrer l’importance de se fixer un but dans la course à pied.

 En abolissant toutes les courses organisées, les coureurs se sont retrouvés avec une absence d’obligation à se préparer et par conséquent, ils ont quelque peu abandonné la routine.

 

L'absence du fameux tapis que nous traversons habituellement à la fin d'une épreuve aura occasionné des dommages.

 

Soudainement, il devenait moins grave de sauter un entraînement, d’ouvrir une petite bouteille de vin, d’enligner quelques bières ou de tomber dans un surplus de nourriture. Ce qu’il faut noter, c’est que mentalement, il fallait bien se donner des petits plaisirs car brutalement, la vie venait de s’arrêter, provoquant une inertie que chacun de nous n’avions traversée jadis.

 Personnellement, je ne me suis pas pesé mais je suis convaincu que j’ai été victime de ce confinement, comme la plupart. J’avais trois marathons au programme ce printemps et ils ont disparu comme par enchantement. Comment voulez-vous remplacer un tel vide sans occasionner des dommages collatéraux ?

 Le fameux déconfinement graduel apporte grand bien pour les gens et il ne manque maintenant que l’annonce d’un retour officiel pour les courses organisées. Les gens  trépignent d’impatience, on sent nettement cette effervescence.

 

En espérant que nous sommes en train de sortir au pas de course de cette grande noirceur.

 

Comme dans toutes les disciplines sportives et les facettes de notre vie, il faudra s’habituer à une version différente de ce que l’on a connu. Que cela ne tienne, plus rien ne semble nous effrayer après la traversée de cette épreuve.

 Il faudra prendre le temps pour se refaire une beauté afin d’accueillir de la grande visite.