Après avoir connu beaucoup de succès avec le gardien Bernard Parent, les Flyers de Philadelphie ont eu toutes les difficultés du monde à trouver un joueur fiable et durable à cette position, plus spécialement pour les éliminatoires.
 
En effet, suite à deux conquêtes consécutives de la Coupe Stanley en 1973-1974 et 1974-1975, avec Bernard Parent dans les filets, l'équipe dirigée par Alain Vigneault n'a jamais été en mesure de retrouver l'excellence nécessaire pour répéter ses exploits.
 
Le plus ironique est le fait que Parent était le gardien des Flyers lors de leur entrée dans la LNH en 1967-1968, car il avait été obtenu au repêchage de l'expansion, alors qu'il portait les couleurs des Bruins de Boston et il avait été échangé aux Maple Leafs de Toronto, le 31 janvier 1971, avant de se retrouver avec les Blazers de Philadelphie, dans la défunte Association mondiale de hockey en 1972-1973 et était revenu avec les Flyers, au début de la saison 1973-1974.
 
Il avait été obtenu des Maple Leafs de Toronto, le 15 mai 1973, avec un choix de 2e ronde (Larry Goodenough), au repêchage de 1973, en retour du gardien Doug Favell et d'un choix de 1ère ronde (Bob Neely), lors du même repêchage de 1973.
 
Une blessure au dos a été le début de la fin de sa domination
 
Son retour dans l'organisation des Flyers avait été vraiment remarquable, car il avait connu deux saisons extraordinaires, affichant un dossier de 47-13-12 avec une superbe moyenne de 1,89 (la meilleure du circuit), 12 blanchissages et une efficacité de ,932 (la plus élevée de la LNH) en 73 matchs, lors de la saison 1973-1974 et un dossier de 44-14-9 avec une moyenne de 2,04, 12 blanchissages et une efficacité de ,918 en 68 matchs, lors de la saison 1974-1975, il avait remporté le Trophée Vézina dans les deux saisons, concédant le moins de buts à ses adversaires.
 
Encore plus, il avait été étincelant dans les séries éliminatoires, aidant son équipe à remporter la Coupe Stanley dans les deux saisons, remportant le Trophée Conn Smythe pour avoir été le joueur par excellence, lors des deux saisons.
 
En 1973-1974, il avait eu un dossier de 12-5 avec une moyenne de 2,02, deux blanchissages et une efficacité de ,933 en 17 matchs éliminatoires, alors qu'en 1974-1975, il avait eu un rendement de 10-5 avec une moyenne de 1,89, quatre jeux blancs et une efficacité de ,924 en 15 rencontres, lui qui n'avait pas joué lors des deux premiers matchs de la demi-finale contre les Islanders de New York.
 
Soulignons qu'en 1973-1974, les Bruins de Boston avaient une attaque explosive et avaient terminé au premier rang du classement général, alors qu'en 1974-1975, les Sabres de Buffalo étaient également puissants en attaque et avaient terminé à égalité au premier rang du classement général (113 points), avec le Canadien de Montréal et les Flyers, ces derniers terminant au sommet, grâce à leur plus haut total de victoires (51), contre 49 pour les Sabres et 47 pour le Canadien.
 
Lors de la saison 1975-1976, Parent avait été blessé au cou et au dos, durant le camp d'entraînement et n'avait disputé que huit rencontres régulières, mais son remplaçant, Wayne Stephenson avait connu la meilleure saison de sa carrière, menant l'équipe en finale de la Coupe Stanley, mais les Flyers avaient été balayés en quatre matchs (0-4), face au Canadien de Montréal, leur règne prenant fin avec cette humiliante défaite.
 
Suite à un retour régulier en 1976-1977, Parent avait bien fait, même s'il semblait moins dominant, les Flyers n'atteignant pas la finale dans trois saisons consécutives.
 
Après avoir été blessé à un oeil accidentellement, dans un revers de 4-2, face aux Rangers de New York, le 17 février 1979, la carrière active avait pris fin abruptement pour le gardien vedette.
 
C'est à ce moment-là que les Flyers ont tenté par tous les moyens de lui trouver un remplaçant de qualité, mais aucun n'a réussi à faire preuve de la même excellence et l'équipe traverse actuellement une séquence de 45 années sans avoir remporté la Coupe Stanley.
 
Huit gardiens différents utilisés en 2018-2019, un record de la LNH !
 
Depuis 1975, les Flyers ont utilisé pas moins de 53 gardiens différents en 45 saisons, ce qui est plus qu'un gardien différent par campagne et pis, ils ont fait appel à huit gardiens différents lors de la saison 2018-2019, un record de tous les temps dans l'histoire de la Ligue nationale de hockey.
 
Ils avaient utilisé Carter Hart, Brian Elliott, Calvin Pickard, Anthony Stolarz, Cam Talbot, Michal Neuvirth, Alex Lyon et Mike McKenna.
 
Voici un petit aperçu des gardiens qui ont tenté de prendre le poste de numéro un des Flyers depuis la saison 1978-1979, Rick St. Croix, Pete Peeters, Phil Myre, Pelle Lindbergh, Bob Froese, Ron Hextall, Ken Wregget, Dominic Roussel, Tommy Soderstrom, Garth Snow, Sean Burke, John Vanbiesbrouck, Brian Boucher, Roman Cechmanek, Robert Esche, Antero Niittymaki, Michael Leighton, Martin Biron, Ray Emery, Sergei Bobrovsky, Ilya Bryzgalov, Steve Mason, Michal Neuvirth, Petr Mrazek, Brian Elliott et maintenant, le jeune Carter Hart, qui semble vouloir se développer d'une manière encourageante.
 
Suite à la blessure de Bernard Parent en 1975, les Flyers n'ont pas remporté la Coupe Stanley, même s'ils ont atteint la grande finale en six occasions, ratant leur coup en 1975-1976, 1979-1980, 1984-1985, 1986-1987, 1996-1997 et 2009-2010.
 
Après la retraite de Parent en 1979, les Flyers pensaient avoir la solution en quelques occasions, mais les résultats n'ont pas été aussi concluants.
 
En 1979-1980, ils avaient atteint la finale avec Phil Myre et la recrue Pete Peeters, mais ce dernier, qui avait connu une excellente première saison (fiche de 29-5-5, avec une moyenne de 2,73), avait régressé par la suite et avait été échangé aux Bruins de Boston, en retour du défenseur Brad McCrimmon, le 9 juin 1982.
 
Les deux gardiens (Myre et Peeters) avaient connu des difficultés contre les Islanders de New York, dans la finale de la Coupe Stanley et les Flyers s'étaient inclinés en six matchs lors de cette finale de 1980.
 
Un autre jeune gardien s'était pointé à l'horizon par la suite, le suédois Pelle Lindbergh, qui après avoir été superbe en 1984-1985, affichant un dossier de 40-17-7 avec une moyenne de 3,02 et une efficacité de ,899 en 65 matchs et mené l'équipe à la finale de la Coupe Stanley, il n'avait pas été en mesure de remporter l'honneur ultime, s'inclinant en cinq matchs (1-4), face aux puissants Oilers d'Edmonton.
 
Pelle Lindbergh avait eu un accident fatal en novembre 1985
 
La catastrophe avait suivi au tout début de la saison 1985-1986, car après avoir remporté une victoire de 6-2, face aux Blackhawks de Chicago, le 7 novembre 1985, il avait perdu la vie dans un accident d'automobile, le 10 novembre 1985 et les Flyers avaient dû se retrouver un autre gardien numéro un sur le champ.
 
Ils avaient fait confiance à Bob Froese, qui avait très bien fait en saison régulière, affichant un dossier de 31-10-3 avec la meilleure moyenne de la LNH (2,55), un sommet de cinq blanchissages et aussi le meilleure efficacité du circuit (,909). Il avait été ordinaire dans les éliminatoires et les Flyers avaient été éliminés dès la première ronde, en cinq matchs (2-3), contre les Rangers de New York, qui avaient présenté un dossier perdant durant la saison régulière.
 
Après cette saison-là, les Flyers ont fait confiance à Ron Hextall et ce dernier est venu bien près d'imiter Bernard Parent, mais il s'était incliné dans la finale de la Coupe Stanley en 1986-1987, dans la limite de sept matchs (3-4), encore une fois contre les puissants Oilers d'Edmonton.
 
Après avoir été échangé aux Nordiques de Québec en 1992, Hextall était revenu avec les Flyers et les avaient guidés à la grande finale, 10 ans plus tard, en 1996-1997, mais ces derniers avaient été balayés en quatre matchs (0-4), face aux Red Wings de Detroit, qui remportaient l'honneur pour la première fois en 42 ans.
 
Après plusieurs saison ordinaires, les Flyers ont causé la surprise d'atteindre la finale de la Coupe Stanley en 2009-2010, avec des gardiens médiocres, Ray Emery, Brian Boucher et Michael Leighton.
 
Boucher et Leighton s'étaient partagés le travail devant le filet, mais c'est Leighton qui avait été celui qui avait aidé l'équipe à atteindre la finale, mais s'était avéré médiocre, s'inclinant en six matchs (2-4), face aux Blackhawks de Chicago, qui gagnaient la Coupe Stanley pour la première fois depuis 49 années, soit depuis 1960-1961.
 
Depuis cette participation à la finale, les Flyers ont connu toutes sortes de difficultés, autant devant le filet qu'aux autres positions et ils ont raté les éliminatoires dans quatre de leurs sept dernières saisons. Pis, ils ont été éliminés dans la première ronde dans les trois occasions où ils ont participé au rendez-vous du printemps depuis 2012-2013.
 
La troupe d'Alain Vigneault va tenter de mettre fin à sa disette de 45 ans et nous verrons si Carter Hart sera en mesure de mener l'équipe à l'honneur visé ou s'il sera comme tous ses prédécesseurs, excellent en saison régulière et incapable de gagner dans la finale.
 
Actuellement, cette formation possède de bons attaquants, de bons défenseurs et il reste à voir si Hart va pouvoir lui permettre de faire tout le chemin pour remporter la Coupe Stanley.