« Je gagne car je suis la seule de mon âge! ».

 Modeste vous me direz que cette Louise Atkinson Clark? À 68 ans, rares sont les femmes qui  prendront l’entraînement au sérieux comme elle. Force est d’admettre qu’elle s’accorde toute les chances et ça paye!

 Dans la famille, on excellait dans le canot kayak, sauf elle! Toutefois, elle croit posséder les gènes de sa maman qui fut sportive durant toute sa vie et qui a 91 ans, pratiquait encore le ski de fond!

 Il aura fallu attendre jusqu’à l’âge de 30 ans pour qu’elle découvre la course à pied. « Je l’ai détestée lors des deux années initiales. Je n’avais pas le choix de m’y adapter, un sport peu dispendieux et qui ne prenait pas trop de temps me convenait. » Durant l’entrevue, elle dira à quelques reprises qu’elle ne voulait pas souffrir.

 

Voici l'appareil que Louise a dû porter pendant de longues semaines après son terrible accident.

 

Tout s’enclenche vraiment en 2003 où dans le plus grand des secrets, elle aspire courir un 21km. « Je l’ai dit juste à François (l’un de ses fils). Aux innocents, les mains pleines ». Elle qui détestait la chaleur, elle ne dérogera pas de son parcours et apprendra à contrôler cet élément.

Elle découvre le triathlon en 2006 après avoir guéri de trois hernies discales l’année précédente. « Les gens qui participaient à des triathlons, je les trouvais capotés. Je suis tombé dans cette marmite! ». 

Infirmière en salle d’opération et à la retraite depuis sept ans, elle amorce sa série incroyable de participations à des championnats mondiaux. En 2010, chez les 60-64, elle gagne l’argent et le bronze en sprint à Budapest en Hongrie. L’année suivante, elle obtient une qualification pour la Chine mais préfère le championnat canadien à Kelowna où elle obtient l’or. Du même coup, elle se qualifie pour les mondiaux de 2012 en Nouvelle-Zélande.

 

 

Un bel exemple de détermination que représente Louise Atkinson Clark partout à travers le monde.

 

Or, un 18 juillet, sur un chemin de campagne, alors qu’elle se retrouvait dans ses pensées sur son vélo, un homme qui s’était endormi au volant de son automobile la frappe. Elle se réveille trois jours plus tard à l’hôpital Sacré-Cœur. Le bilan de l’athlète native de Québec se présente catastrophique avec 18 fractures, une sévère commotion cérébrale et de sérieux problèmes aux poumons. Le médecin soignant confirmera à ses enfants que n’eut été de son excellente condition physique, elle n’aurait jamais survécu, ce qui lui évitera la chaise roulante.

Seulement onze mois plus tard, elle rebondit au triathlon sprint de Tremblant. « J’ai compris le témoignage de Pénélope McQuade à l’émission 1re fois récemment », précise la mère de trois garçons, Philippe, 43 ans, Benoit, 41 ans et François, 39 ans.

 « Cet accident a littéralement changé ma perception de la vie. Il n’y a maintenant plus rien qui viendra me déranger », faisant allusion à l’arbre qui est tombé sur sa maison il y a quelques années et qui avait occasionné de sérieux dommages et plusieurs problèmes. Celle qui a vu le jour un 12 juin conservera des séquelles au cou, dans le bas du dos et ne pourra demeurer immobile plus d’une vingtaine de minutes. Elle n’a jamais obtenu de nouvelles de la personne qui l’a frappée même si elle la connaît et sait où elle demeure!

 

Après deux accidents de vélo, elle dit s'être assagie maintenant et beaucoup plus sage.

 

Puis, elle reprend le collier avec une 7e position sur 63 participantes aux mondiaux de Londres en 2013 en plus de remporter le championnat du monde en duathlon à Ottawa. En 2014, elle déçoit au demi ironman de Tremblant. À partir de 2015, grâce à des traitements, elle ne ressent plus le besoin de se coucher par terre quand elle court afin de soulager la douleur ce qui lui confère une 6e place aux mondiaux de triathlon à Chicago.

 Sous la recommandation de son fils François qui l’incite à ralentir son rythme si elle veut encore courir longtemps, elle prendra son conseil au sérieux et s’inscrit au demi ironman de Tremblant en équipe. Toujours la même année, elle chute en vélo aux mondiaux de triathlon au Mexique, occasionnant une commotion cérébrale et des déboursés de 15,000$ de l’assurance chez le dentiste !

 Rien ne l’arrête et en 2017, elle se classe 3e aux mondiaux de triathlon olympique à Rotterdam. En 2018, elle traverse l’épreuve par excellence de sa vie aux mondiaux olympiques à Gold Coast en Australie, terminant juste derrière son idole, Missy Lestrange, une américaine de 66 ans qui a déjà remporté 16 mondiaux ironman à Kona ! « Elle est venue me voir après la compétition pour me dire que je lui avais fait peur. Ce fut la cerise sur le sundae ! » 

 

Une femme qui respire le bonheur.

 

Louise louange le travail de son coach Philippe Bertrand et de Nathalie Deschamps pour la natation. Elle possède trois marathons à son dossier, New York, 4h50, le Petit Train du Nord, 4h17 et Ottawa, 4h30. En 2019, elle ajoutera ceux de Boston et Berlin. « Tu vois, mon budget passe essentiellement dans l’activité physique ».

 Louise ne voit pas la fin. « Si Dieu le veut, j’y serai encore à 80 ans. Je suis beaucoup plus prudente, moins agressive, plus sage mais je continue d’en exiger beaucoup à mon corps. Je suis consciente que la vie ne tient que par un fil et que ça ne vaut pas la peine de critiquer. »

 Une grande dame, impressionnante qui dégage une belle énergie et qui constitue l’exemple à suivre pour ceux et celles qui croient que tout est fini après 60 ans.   

Tout un accomplissement.