Vous vous rappelez quand Michel Therrien, alors entraîneur-chef du Canadien de Montréal, passait souvent le message qu'il ne faut pas y avoir d'excuses, au point qu'il a littéralement marqué ce message dans le vestiaire de l'équipe ? C'est à quel point il voulait que ses joueurs doivent assumer leurs responsabilités dans les victoires et les défaites.

C'est tout le contraire qui se passe dans l'entourage des Steelers de Pittsburgh, ces jours-ci.

De vous dire que ce n'est pas les excuses qui manquent, ce serait de minimiser la situation. Car des excuses, on en voit de toutes sortes chez les Steelers. On rejette le blâme sur tout le monde sauf sur soi-même, on fait un drame sur les lignes de côté parce qu'on n'a pas le ballon assez souvent à son goût, on menace les dénigreurs sur les réseaux sociaux de violences physiques et on blâme les préposés au terrain parce que le gazon est en piteux état... alors que ce même terrain est partagé par deux équipes professionnelles qui s'affrontent.

Et je ne vais pas entrer dans le sujet de la base de partisans... ils sont amplement capables de s'insulter eux-même et de se battre entre eux autres.

Mesdames et messieurs, les Steelers de Pittsburgh !

Je sais que probablement que la panique est pognée dans la Steeler Nation, mais calmez-vous ! Vous avez encore un demi match d'avance sur les Ravens de Baltimore dans la section Nord de la AFC. Dans les circonstances, malgré l'absence de Le'Veon Bell, c'est une saison plutôt réussie jusqu'à maintenant. James Conner s'avère être une belle découverte dans le champ-arrière et il pourrait, sans le vouloir, sortir Bell de Pittsburgh. Bell n'aura vraisemblablement pas le contrat désiré avec les Steelers et son possible départ a été célébré par ses coéquipiers... qui en ont profité pour lui voler quelques paires de crampons.

Un seul petit problème : Maintenant que Conner est blessé, les Steelers auraient pu compter sur un certain #26 s'il était encore éligible à jouer cette saison, ce qui n'est malheureusement pas le cas. À la place, contre les Raiders d'Oakland dimanche dernier, on a converti un secondeur, Jaylen Samuels, en porteur de ballon. 

Mais là n'est pas le problème. Le problème, c'est que les Steelers, en général, ont une tendance inquiétante à prendre leurs adversaires à la légère.

Des exemples, en voulez vous ? Ben, en voici :

- Match nul en lever de rideau... contre les Browns de Cleveland. Déjà là, ça commence mal une saison.

- Malgré une victoire contre les Buccaneers à la semaine #3, les Steelers ont laissé Fitzmagic et les Bucs revenir dans le match en fin de parcours. Ça aurait pu facilement être une défaite. 

- Semaine #4 : Défaite contre les Ravens, malgré une avance de 14-0 à la demie.

- Semaine #10 : Malgré plusieurs revirements, les Steelers battent les pauvres Jaguars de Jacksonville, suite à une remontée spectaculaire. Oui, ils ont bien failli perdre contre Blake Bortles, encore une fois.

- Semaine #11 : Défaite de 24-17 contre des Broncos décevants, après une interception en toute fin de match causée par Ben Roethlisberger. ( Sérieusement, quelle mauvaise passe )

- Semaine #12 : Les Steelers laissent filer une avance de 23 à 7 à la mi-temps pour finalement perdre 33 à 30 contre les Chargers de Los Angeles. Vous savez ce qui pourrait aider les bloqueurs de bottés de précision ? Arrêtez d'être hors-jeu !

- Semaine #13 : Défaite inexplicable de 24 à 21 contre les Raiders d'Oakland alors que les Steelers avaient, une fois de plus, l'avance à la demie. Perdre contre les Raiders ! LES RAIDERS !

Cette semaine, ils sont mieux de prendre leurs adversaires au sérieux, parce qu'ils vont affronter les Patriots de la Nouvelle-Angleterre... qui ont subi la défaite contre les Dolphins de Miami. Croyez-moi, Tom Brady et compagnie ne sont pas de bonne humeur par les temps qui courent.

La tâche revient à Mike Tomlin, l'entraîneur-chef des Steelers, à préparer son équipe contre toute éventualité. Et jusqu'à maintenant, il est en train d'échouer dans cette mission. Pourquoi ? Parce que quand vient le temps de faire des ajustements au plan de match, c'est simple, on n'en voit pas. C'est comme si rendu à la demie, alors qu'on est rendu avec une avance confortable, l'entraîneur dit à ses joueurs de ralentir la cadence et de rendre le match intéressant. À date, de ce que je peux voir des Steelers jusqu'à maintenant, ça ressemble drôlement à ce que je viens de vous décrire.

Et je vous le dis tout de suite : Une fois que la saison sera terminée et que les Steelers n'auront pas gagné le Super Bowl ou pire, qu'ils ratent les séries éliminatoires complètement, ils peuvent blâmer tout le monde autant qu'ils le veulent. Mais la réalité, c'est que malgré tout ce qu'ils pensent de ce qui va causer leur échec, ils n'auront qu'eux-même à blâmer.

Mais sérieusement, comment vous faites pour perdre contre les Raiders d'Oakland ?