Malgré ma passion pour le football canadien, je n'ai malheureusement ni les connaissances ni la clairvoyance nécessaire pour évaluer les principaux joueurs admissibles à l'édition 2020 du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF). Comme il s'agit néanmoins d'un événement important dans notre calendrier de football (si on peut appeler ça comme ça en ce moment), j'ai pensé passer en revue les neuf équipes de la ligue, selon leur ordre de repêchage, et analyser leurs besoins. Vous pouvez voir le classement final du bureau de recrutement ici.

Les explications resteront sommaires. Des billets seront écris plus tard pour analyser en profondeur les forces et faiblesses de chaque équipe suite aux changements de personnel et aux transactions  du marché des joueurs autonomes.

 

Stampeders de Calgary (via Ottawa) (12-6)

 Pour la première fois depuis 2015 où les Eskimos avaient représenté la division Ouest, les Stampeders n'ont pas participé à la Coupe Grey 2019. Éliminés d'une manière assez décisive par Winnipeg en demi-finale de division, Calagary est devenu au cours de la décennie un standard de qualité dans la LCF, autant au niveau des joueurs que du personnel. 

Le plus grand point faible à mon avis chez les Stampeders concerne le jeu au sol, qui s'est révélé  médiocre et, heureusement pour les fans des Stamps, compensé par l'efficacité de Bo Levy Mitchell par la passe.  De plus, même si le joueur de ligne Micah Johnson a eu une saison décevante avec les Roughriders, son absence chez Calgary s'est ressentie, alors que l'équipe a été 6e pour les sacs en 2019. Enfin, le départ de Nick Arbuckle pour Ottawa peut créer une faiblesse au niveau de la position de quart-arrière,  considérant que Mitchell n'est pas à l'abris d'une blessure.

 

Argonauts de Toronto (4-14)

 Après avoir remporté la Coupe Grey en 2017 dans l'une des finales les plus folles du football, les Argonauts ont connu deux malheureuses saisons de 4-14. Trois entraîneurs-chef en trois ans et un nouveau DG en 2019 marquent les déboires du personnel de Toronto. La saison morte a permis à l'équipe de considérablement améliorer sa défensive et l'arrivée de Matt Nichols représente un électrochoc pour l'offensive, mais encore?

Plusieurs niveaux de l'offensive nécessitent l'attention de Pinball Clemons et de John Murphy. Si les Argonauts ont un second quart-arrière permettant de compenser si Nichols se blesse,  le jeu au sol et particulièrement le jeu aérien ont été affaiblis par les départs de SJ Green, d'Armanti Edwards et Chris Rainey. La ligne offensive a reçu le renfort de Philip Blake, mais Nichols n'est pas le meilleur quart pour se déprendre de la pression.

 

Lions de la Colombie-Britannique (5-13) 

Nous nous demandions comment allait performer les Lions après avoir embauché le populaire coordonnateur défensif Devon Claybrooks comme entraîneur-chef et Mike Reilly comme quart-arrière. Malheureusement les fans ont été déçus de voir leur équipe en avant-dernière position dans le classement de la Ligue. Les Lions fait de belles acquisitions sur le marché mais les défis restent importants.

Le principal souci de l'équipe concerne la ligne offensive. Elle a accordé le plus grand nombre de sac en 2019, soit 58.  Même un quart robuste comme Reilly ne peut survivre toute la saison et il s'agit d'un miracle qu'il ait pu tenir aussi longtemps avant d'être blessé. La forte pression sur Reilly explique les statistiques moyennes de l'attaque et cette faiblesse n'a toujours pas été comblée à cette date.

 

Eskimos d'Edmonton (8-10)

Trevor Harris et Greg Ellingson se sont rapidement habitués à leur nouvelle équipe et ont été un duo de choc en 2019.  Les bonnes statistiques combinées aux moins bonnes expliquent pourquoi les Eskimos ont eu une fiche inférieure à .500 malgré de très bons éléments dans leur équipe. 

En ce moment, le porteur CJ Gable est toujours sur le marché. Il a été une pièce importante du succès de son équipe grâce à sa puissance au sol. Même si un excellent porteur peut sortir de nulle part (rappelons-nous de William Stanback), les Eskimos devront tenter de combler cette faille afin de garder une attaque équilibrée. De plus, les départs de Larry Dean et de Don Unamba risquent de faire mal à la ligne de défense secondaire et la défensive pourrait avoir davantage de difficulté.

 

Tiger-Cats de Hamilton (15-3) (via Montréal)

Les Tiger-Cats ont connu la meilleure saison de leur histoire sous la commande de l'entraîneur-chef recrue Orlondo Steinauer. Ils ont dominé la LCF, mais se sont malheureusement inclinés à la Coupe Grey. Cette campagne nous a permis de découvrir le quart-arrière Dane Evans qui semble avoir les outils nécessaires pour être partant. 

À mon avis, les Tiger-Cats sont les mieux placés en termes de manque à gagner. Le marché des joueurs autonomes n'a pas vu d'érosion massive et a même permis d'améliorer la défensive. Le triumvirat à la direction pourrait bien utiliser leur premier choix pour aller à la pêche et il n'en sortirait pas nécessairement pénalisé. La seule faille pourrait venir du jeu au sol puisque Sutton et Coombs ont déménagé et que le porteur Don Jackson de Calgary n'a pas été convainquant. Tout dépend de l'état de santé de Sean-Thomas Erlington qui avait très bien fait avant sa blessure à la semaine 4.

 

Rouge et Noir d'Ottawa (3-15)

2019 a été une année de misère pour le Rouge et Noir, à une défaite d'égaliser leur pire fiche depuis le retour de la concession dans la LCF en 2014. Tous les niveaux de jeu ont connu des difficultés et la tâche s'annonce énorme pour le nouvel entraîneur-chef Paul LaPolice, qui ne pourra pas compter sur un Andrew Harris pour dominer le jeu au sol.

Ottawa pourrait pratiquement choisir n'importe quel joueur de n'importe quelle position que cela serait une bonne décision. La défensive s'est un peu améliorée avec l'arrivée de Cleyong Laing et de Don Unamba mais l'offensive reste un gros point d'interrogation. L'arrivée d'Arbuckle et de Jalen Saunders a certes relevé le niveau, mais le premier en sera à sa première expérience comme quart partant et le second a un historique de blessure. De plus, je doute qu'Anthony Coombs soit une solution pour le jeu au sol.

 

Roughriders de la Saskatchewan (13-5)

L'année avait mal commencée pour les Roughriders, dirigés par l'entraîneur-chef recrue Craig Dickenson. Ils ont cependant pu remonter la pente et terminer à la tête de l'Ouest, entre autres grâce au quart-arrière mobile Cody Fajardo, un jeu au sol imposant avec William Powell et une bonne défensive et de bonnes unités spéciales. 

Peu actif sur le marché des joueurs autonomes, les Roughriders auront surtout besoin d'améliorer leur jeu aérien. Certes il n'a pas été catastrophique mais le départ de Naaman Roosevelt pourrait risquer de débalancer les stratégies offensives en faveur du jeu au sol. Un receveur pourrait aider, d'autant plus que leur premier choix au repêchage 2019, le receveur Justin Mcinis, a fait de bonnes choses à sa première saison.

 

Alouettes du Montréal (10-8)

S'il y a eu une équipe Cendrillon en 2019, c'est forcément celle de Montréal. Considérés comme négligés une fois de plus, les Alouettes ont vu leur entraîneur-chef congédié pendant le camp d'entraînement, leur quart-arrière partant blessé au premier match de la saison et deux défaites consécutives dès le début de l'année, dont un massacre de 41-10 contre Hamilton. Cependant, l'équipe s'est ressaisie et a donné aux partisans une première participation aux séries éliminatoires depuis 2014, au prix de remontées spectaculaires, de matchs serrées et de nombreux cheveux gris.

Si l'offensive n'a globalement pas trop souffert du marché des joueurs autonomes, la défensive a subi une importante saignée et ce, au niveau des trois lignes. Le besoin le plus urgent concerne la ligne défensive. Seulement 27 sacs ont été effectués en 2019 par les Alouettes, les pires de la Ligue à ce niveau. Le départ de Fabion Foote et l'arrivée de Junior Luke et David Ménard n'indiquent pas que les choses vont s'améliorer. La priorité pour les Alouettes est de mettre davantage de pression sur le quart-arrière adverse, mais utiliser le repêchage pour améliorer la défense en général devrait être une priorité.

 

Blue Bombers de Winnipeg (11-7)

Les fans des Blue Bombers ont pu enfin mettre fin à une disette qui durait depuis près de 20 ans en mettant la main sur la Coupe Grey lors de la dernière finale. Ils ont été aidés certes par une bonne défense et de bonnes unités spéciales, mais ce sont surtout le jeu au sol, piloté par l'excellent Andrew Harris, ainsi que la stratégie de double-quart qui détruisirent les Tiger-Cats en novembre dernier. 

Cette fois, les fans de Winnipeg n'auront pas Paul LaPolice pour diriger leur attaque, ni Chris Streveler comme quart-arrière mobile. Zach Collaros a surpris tout le monde en faisant l'un des retours au jeu les plus spectaculaires, mais son historique de blessure pourrait faire mal à l'équipe. Le vacuum  pourrait couper les jambes de Winnipeg. De plus, les Blue Bombers ont été les derniers en matière de verges par la passe en 2019 avec 3819. Il est vrai néanmoins que cette statistique peut être confuse car Winnipeg commençait souvent leur séquence offensive en position avantageuse, ce qui réduisait le nombre de verge à parcourir pour marquer des points, mais il est tout aussi vrai que la balance penchait davantage en faveur du jeu au sol que du jeu aérien. 

 

Le repêchage aura lieu jeudi 30 avril à partir de 20h. Voici l'ordre des choix pour les deux premiers tours (en date du 26 avril):

 

Premier:

-Calgary

-Toronto

-Colombie-Britannique

-Edmonton

-Hamilton

-Ottawa

-Sask.

-Hamilton

-Toronto

 

Second:

-Ottawa

-Toronto

-Colombie-Britannique

-Edmonton

-Montréal

-Calgary

-Montréal

-Hamilton

-Winnipeg

-Ottawa (choix territorial)

-Toronto (choix territorial)

 

 

Total des choix:

Montréal: dix choix (deux choix dans les deux premières rondes)

Ottawa: huit choix (trois choix dans les deux premières rondes)

Toronto: sept choix (quatre choix dans les deux premières rondes)

Hamilton: neuf choix (trois choix dans les deux premières rondes)

Winnipeg: sept choix (un choix dans les deux premières rondes)

Saskatchewan: sept choix (un choix dans les deux premières rondes)

Edmonton: neuf choix (deux choix dans les deux premières rondes)

Calgary: neuf choix (deux choix dans les deux premières rondes)

Colombie-Britannique: sept choix (deux choix dans les deux premières rondes)