Ce n‘est certes pas le début de saison que nous anticipions à Montréal. Tous, que ce soit les joueurs, entraîneurs, membres de la haute direction et bien sûr les partisans semblaient gonflés à bloc en vue de ce match inaugural démontrant ainsi l‘immense intérêt que suscite le club de hockey Canadiens. Mais tout ce bel enthousiasme généralisé s‘est rapidement dissipé suite à l‘incident dont a été victime George Parros. Incident sur lequel il est inutile de revenir car tous en connaissez les détails.

Cependant, cet incident ramène sur la table un débat qui perdure depuis fort longtemps déjà en ce qui concerne la pertinence de continuer de permettre les bagarres dans le hockey professionnel. François Gagnon de RDS, qui milite ouvertement en faveur de l‘abolition des bagarres, semble prendre cet incident malheureux comme étant un argument supplémentaire en faveur de l‘abolition.

Personnellement, je suis contre l'idée d'abolir ce qui fait parti de ce sport depuis toujours. Par conséquent, je ne crois pas que l'événement d'hier soit un argument servant la cause des militants anti-bagarres. C'est un malheureux incident qui aurait pu arriver à n'importe quel joueur. Vous savez, si nous éliminons le hockey au complet, plus personne ne serait blessé ni par un bâton, ni par une rondelle, ni par la glace, ni par une pièce d'équipement. Les bagarres font parti d'un tout, et c'est ce " tout " qui comporte des risques de blessure au quotidien pour ces joueurs qui y évolue et ce, tout à fait consciemment.

Je suis d‘accord sur le fait que des efforts se doivent d‘être faits afin de minimiser les risques de blessures, d‘ailleurs, l‘acceptation de la nouvelle réglementation concernant les dégagements refusés est un pas dans la bonne direction. Mais la sécurité des joueurs sur le plan physique ne passe pas par l‘abolition des bagarres.

Les militants comme François Gagnon ont-il réfléchis aux conséquences possibles de ce que représenterait ladite abolition ? Personne ne peut exclure que la disparition des bagarres et par le fait même de ceux qui sont rémunérés pour protéger leurs coéquipiers pourrait résulter en une augmentation fulgurante de coups salauds. Des Matt Cooke ou des Patrick Kaleta pourraient redoubler d‘ardeur dans leurs bassesses habituelles sans craindre d‘avoir des comptes à rendre, ni à des “ policiers ” et encore moins à un préfet de discipline qui semble avoir ralenti ses ardeurs versus les mois qui ont suivi son embauche en ce qui concerne les durées de suspensions…

Lorsque la LNH parviendra à mettre un terme définitif aux coups surnois à la tête, aux contacts “ genou contre genou ”, aux double-échec directement contre la bande, là, peut-être que nous pourrons songer à abolir les bagarres une fois pour toutes. Mais en attendant, je crois que les gestes répréhensibles énumérés ci-haut devraient subir l‘éradication bien avant de simples combats impliquant 2 joueurs bien souvent consentants …

Je vous le dit, tous et chacun avons nos arguments sur le sujet et jusqu‘à un certain point, toutes les opinions, que ce soit en faveur ou à l‘encontre des bagarres, sont valables. Ce qui fait que ce débat est vraiment, mais vraiment loin d‘être terminé…