Au début du mois, je suis allé sur la côte ouest pour des vacances bien méritée. J’ai pris l’avion pour aller voir des amis à Vancouver et, ensemble, nous sommes allés une fin de semaine à Seattle. Pourquoi Seattle particulièrement ? D’un, la proximité des deux villes, mais, surtout, une équipe de baseball, les Mariners. Oui, une équipe de baseball a réussi à faire en sorte que nous dépensions pour la location d’un véhicule, de l’hôtel et toutes les dépenses latentes du genre attractions touristiques, restos et bars. Vous savez quoi, ça a valu tout son pesant d’or ! Voici mon périple.  

Avec mon chum Gendreau, je marche vers le stade. Je suis bien excité, ça fait trois étés que je ne suis pas allé dans un stade. Je ressens la chaleur de l’été, la sueur sur mon front. Je marche d’abord devant le CenturyLink Field, domicile des Seahawks et des Sounders, je suis impressionné, c’est imposant comme sanctuaire. J’arrive devant le stade de balle, c’est tout simplement magnifique. J’ai des émotions. C’est écrit Safeco Field en gros, juste pour moi, comme pour m’accueillir en me disant; bienvenue chez toi l’ami ! Je ne me vois être nulle part ailleurs dans le monde. J’achète deux billets, plus loin que près du marbre. Je m’en fous, je suis là !

Mon entrée au stadeSource: Maxime Trudeau
Légende: Mon entrée au stade

Je monte les marches, j’arrive au pallier principal. Je vois le terrain. Je vis des choses. Le soleil dans les yeux, je vois les gars entretenir le terrain, les joueurs se lancer la balle. Ça sent le popcorn pis la sueur. Le match commence bientôt, j’entends d’une oreille le monde se ruer vers leurs sièges; moi, je vis mon moment, le temps s’arrête. Je vis la même émotion qu’à chaque fois que je rentre dans un stade, et ce, depuis que je suis gamin et que j’allais aux Expos avec mon père pour voir Guerrero jouer. Je monte encore des marches. J’arrive dans ma section. Je manque l’hymne national, mais, quand je m’assois, 40 secondes après, voilà le premier lancer. Les aléas de la vie font parfois bien les choses. La foule est dedans, c’est dimanche après-midi, il fait beau, le monde est en famille pour America’s greatest pastime, la tradition qui se perpétue de génération en génération, de Babe Ruth jusqu’à Bryce Harper. Jeune ou vieux, homme ou femme, partisan des Mariners ou de l’équipe adverse, couleur blanche, noire ou encore mauve, on s’en fout, on est une famille de milliers de personnes avec la même cible commune, s’évader, avoir du fun tous ensemble et voir notre équipe gagner.

On est en demi-manche de la 2e. Je descends. Deux bières flattes pas de couvercle, un hot-dog tiède, 33$ américain. Ça aurait couté 100$ je les aurais achetés quand même. Baseball rime, entre autres, avec bière et hot-dog, autant sinon plus que cinéma et popcorn ou encore opéra et pastille pour la gorge. Pas de moutarde, je suis pogné pour marcher au prochain kiosque. Je manque le premier point du match, un point des Mariners. Pas grave, y’en aura d’autres. Cheers avec Gendreau. Je trouve le kid à mes côtés adorable. Un petit rouquin d’environ 9 ans. On danse le floss ensemble. Ses parents sont vraiment sympathiques. Les manches passent. Je jase avec mon ami : Coupe du monde de soccer, Montréal, sa nouvelle vie à Vancouver, UQAR (Université du Québec à Rimouski, on s’est connu là après tout). Le match avance, mon complice me rend la pareille pour la bière. La kiss cam à l’écran géant, le romantique en moi trouve toujours ça bin cute. Le God bless America debout bien droit devant le drapeau Américain (immense) qui flotte à l’autre bout du stade, où on honore par le fait même un héros de guerre. Manche suivante, les partisans qui travaillent de près ou de loin pour les Forces de l’armée sont invités à se lever. Ils sont plus applaudis que les joueurs. Puis, le classique : Take me out to the ball game.

On arrive en 9e, je n’ai pas vu le temps passer. C’est ça la beauté du baseball, il n’y a pas de temps, justement. C’est toujours 1-0, je commence à me dire que j’aurai bel et bien manqué le seul point du match à cause de la moutarde, faut le faire. Le match finit, duel de lanceurs, 120 minutes tapantes, j’ai jamais vu ça une rencontre aussi courte ! Je descends à la boutique souvenir, y’a du monde à messe. Je m’achète un t-shirt turquoise à moitié prix du lanceur étoile Hernández parce qu’il manque l’accent sur le « a ». Deal du siècle ! Je retourne avec mon ami vers le centre-ville de Seattle retrouver sa blonde, mon chandail sur le dos, en jasant avec les autres partisans de la victoire de l’équipe. Quelle journée !

Vous savez à quoi j’ai pensé cette journée-là ? Que les plus beaux moments que j’ai vécus avec mon père dans ma jeunesse sont quand on allait au baseball ensemble voir les Expos au Stade Olympique. Son bon ami avait des billets de compagnie, deuxième rangée derrière l’abri des visiteurs. Je voyais Tony Gwynn des Padres retourner dans l’abri après un circuit, ou encore les maudits Braves d’Atlanta fêter après avoir battu mon équipe. Je suis fin vingtaine, je n’ai pas d’enfants, mais si un jour j’en ai, je vais amener ma fille ou mon gars voir une partie de balle le plus souvent possible pour que, dans leurs yeux, je retrouve ce jeune garçon de 10 ans qui allait aux Expos voir Vlad avec son père.

Vivement le retour des Expos à Montréal.