Vous pouvez lire ici la première et la deuxième partie de la série «Pierre Vercheval : un Québécois chez les Patriots».

 

Success is peace of mind which is a direct result of self-satisfaction in knowing you did your best to become the best that you are capable of becoming.

-Coach John Wooden

Quelques jours après l’échange de Wayne Gretzky aux Kings de Los Angeles, les Patriots prenaient la route de Nashville pour disputer leur deuxième match préparatoire en terrain neutre face aux Oilers de Houston. Avec le recul, on peut constater que le propriétaire des Oilers préparait déjà la relocalisation de l’équipe vers le Tennessee. Cela dit, pour Pierre Vercheval ce premier match disputé à l’extérieur de la Nouvelle-Angleterre lui permit de réaliser l’ampleur de la NFL aux Etats-Unis. En débarquant de l’avion, les autobus de l’équipe furent escortées par une lourde présence policière qui s’assurait de bloquer toutes les intersections et de contrôler les feux de circulation. Jamais n’avait-il été témoin d’un traitement présidentiel comme celui-ci qui semblait directement sortir d’un film hollywoodien digne de Air-Force One. Une autoroute fermée pour un match préliminaire? La démonstration semblait surréelle. 

Pour la deuxième fois depuis le début du camp d’entraînement, Pierre Vercheval porterait l’uniforme des Patriots. Dans la première rencontre préparatoire face aux Falcons d’Atlanta, le Québécois avait regardé ses coéquipiers en action depuis les lignes de côtés. Son tour viendrait peut-être face aux Oilers, menés par leur flamboyant coach Jerry Glanville. À son arrivée au stade Vanderbilt de Nashville, Vercheval  se dirigea vers le vestiaire adverse en compagnie de ses coéquipiers. Il était prêt pour le prochain défi qui l’attendait aujourd’hui : affronter des professionnels de la NFL qui n’appartiennent pas à son équipe. Le moment était venu de prouver sa valeur, d’impressionner le personnel d’entraîneurs des Patriots. Il savait que sa performance déciderait probablement de son avenir dans la NFL. Or, tout ce qui comptait :  garder son sang-froid, donner le meilleur de lui-même et croire en ses propres moyens.

Quand il traversa le tunnel du stade pour se rendre vers le terrain, Vercheval réalisa sa chance de se retrouver dans cet endroit précis. C’est alors qu’il aperçut le tableau indicateur, les gradins qui se remplissaient tranquillement. Vercheval rejoignit ses coéquipiers près de la zone des buts et commença à s’échauffer. Il regarda partout autour de lui.  À ce moment précis, comment ne pas penser aux personnes qui lui avaient permis de se rendre jusqu’ici? On ne se retrouve pas sur un terrain de la NFL sans l’aide des autres. Bien sûr, les efforts personnels y sont pour beaucoup, mais dans une telle circonstance, la gratitude l’emporte sur les autres sentiments qui peuvent habiter un athlète venu de loin pour réaliser son rêve qu’il chérit souvent depuis l’adolescence.

Après la première demie, Pierre Vercheval n’avait toujours pas foulé la pelouse grillagée du Vanderbilt Stadium. Dans le vestiaire, assis devant son casier, il écoutait attentivement Raymond Berry s’adresser à l’équipe. Les Patriots tiraient de l’arrière et le coach prononçait le discours habituel sur l’importance de se concentrer sur les choses que nous pouvons contrôler lorsqu’un match ne se déroule pas comme souhaité:  la réaction face à l’adversité, la qualité de notre concentration sur le terrain, l’importance de ne pas en faire trop. Berry frappa dans ses mains et réitéra sa confiance absolue envers ses hommes. Une fois de retour sur le terrain, Pierre Vercheval était plus fébrile que jamais. Or, il fallait conserver sa patience, être dans la meilleure disposition psychique quand viendrait le temps de joindre la mêlée. Il regardait le match de se dérouler sous ses yeux, concentré comme rarement dans sa vie, même si ses pensées, tout comme les joueurs sur le terrain, s’entrechoquaient l’une contre l’autre dans son esprit.

Le troisième quart tirait à sa fin et Pierre Vercheval n’avait pas encore disputé un seul jeu. Un joueur de ligne offensive, présent sur le terrain depuis le début de la rencontre, regarda Vercheval dans les yeux et comprit sa déception. Il décida d’adresser cette situation injuste à Guy Morris, un ancien garde des Patriots qui venait d’être promu au poste d’entraîneur de la ligne offensive : «Coach, nous sommes constamment dans l’action depuis le début du match. Les recrues travaillent aussi fort que nous durant les pratiques. Ils méritent leur chance de se prouver ce soir! Qu’attendez-vous pour les envoyer sur le terrain?» Cette intervention tomba lettre morte. Les linemen partants demeurèrent sur le terrain pour le reste du match. Vercheval regarda les dernières minutes du compteur s’écouler dans un silence qui empêchait les bruits du stade de pénétrer son esprit. Les Patriots s’étaient inclinés par la marque de 28-14. Ils n’avaient jamais été dans le coup. Vercheval empoigna son casque et prit le chemin du vestiaire, incapable de chasser cette question de ses pensées :  et si les réservistes de la ligne offensive avaient pu changer quelque chose?

Dans le vestiaire régnait l’atmosphère des défaites sans importance : soupirs de soulagement, déchirure de rubans adhésifs et quelques coéquipiers qui trouvaient tout de même la force rigoler. En vérité, les gars n’ont qu’une seule idée en tête : rentrer à l’hôtel et prendre la route pour Foxborough le lendemain. Devant la rangée de casiers, Pierre Vercheval tenait son maillot des Patriots dans ses mains. Il déposa ses effets personnels dans son sac. Pour lui, retourner à sa chambre d’hôtel signifiait accepter son sort incertain. Comment interpréter cette absence totale de temps de jeu? Après tout, n’avait-il pas tout fait en son possible pour mériter au moins quelques présences durant le match? Pourquoi coach Berry avait-il pris la décision de lui faire porter un uniforme, si ne c’était que pour le faire languir sur les lignes de côtés pendant deux matchs consécutifs? Il faut dire que le football possède ses propres lois non-écrites. La plus importante d’entre elles : ne pas s’attendre à la sympathie de quiconque et ne pas vivre dans le passé. Pierre Vercheval devait se concentrer sur la suite de son camp d’entraînement, travailler fort tout au long de la semaine durant les pratiques. Cela représentait sa seule opportunité de revêtir l’uniforme des Patriots face aux Eagles la semaine prochaine à Philadelphie. Dès le lendemain, la vie des footballeurs de la NFL reprendrait son cours : retour à Foxborough, chambres d’hôtel, pratiques au Sullivan Stadium, réunions d’équipes et d’unités.

Quelques jours plus tard, à 5h30 du matin, on cognait à la porte de la chambre de Pierre Vercheval :  «Prends ton cahier de jeux avec toi. Le coach Berry demande à te voir». Le Québécois ne se leurrait pas: des mauvaises nouvelles l’attendaient. Après tout, personne ne réveille un joueur à cette heure-là pour lui annoncer que son rêve d’appartenir à une équipe de la NFL est sur le point de se réaliser. En croisant le regard de Raymond Berry qui l’invita à s’asseoir, Vercheval connaissait déjà son sort. «Écoute, Pierre, tu as connu un bon camp, mais nous devons te laisser partir. Si nous avions pu bénéficier de quelques places supplémentaires sur l’équipe, nous t’aurions certainement fait une place. Tu es un joueur versatile, tes habiletés comme spécialiste des longues remises sont indéniables. Cela va te servir pour le reste de ta carrière. Merci pour tes efforts et ta contribution au bon fonctionnement du camp. Bonne chance pour la suite.» Vercheval déposa son cahier de jeux sur le bureau du coach et retourna à sa chambre pour rassembler ses effets personnel. Une navette le conduirait bientôt à l’aéroport de Boston. Les responsables du personnel s’arrangent toujours pour que les joueurs retranchés soient déjà partis lorsque les autres joueurs se présenteront à la réunion d’équipe matinale.

Le Québécois parti tenter sa chance aux Etats-Unis apprit une vérité impitoyable de la vie :  au football les promesses n’existent pas. Parfois, la porte qu’on nous croyait destinée se referme aussi abruptement qu’elle s’est présentée, sans avoir eu la chance de la franchir complètement. Pierre Vercheval revenait donc au Québec sans appartenir à l’édition de 1988 des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, eux qui avaient pourtant manifesté un intérêt sincère à son endroit tout au long de l’année. Or, des contraintes hors de leur contrôle les forcèrent à prioriser une autre section de l’équipe que les unités spéciales.

En revenant sur cette expérience 30 ans plus tard, Pierre Vercheval est sans appel : «Si les Patriots avaient pu garder 53 joueurs dans leur formation, ou même 61 si on compte l’unité de pratique, j’aurais probablement fait partie de l’édition 1988 de l’équipe. Malheureusement, à l’époque, ils n‘en conservaient que 45. C’est un facteur important qui a joué contre moi, affirme Vercheval. Dans la NFL, les bons spécialistes de longue remise représentent une denrée rare et les équipes ont tendance à les prioriser pour cette raison. Cette carte dans mon jeu me donnait des chances considérables de percer l’alignement des Patriots. Mais bon, on appelle ça un rendez-vous manqué, j’imagine. Comme je l’ai dit, cette expérience fut profondément formatrice dans mon développement de joueur de football. Après quelques semaines seulement passées dans le giron des Patriots, je n’étais déjà plus le même. Et j’ai ramené tout ça avec moi au Québec à mon retour.» Vercheval ne le formule pas ainsi, il est trop humble pour cela, mais le camp d’entraînement des Patriots aura fait de lui un professionnel et un homme plus fort mentalement.  Au fond, devant une telle transformation intérieure, l’issue du camp d’entraînement importe peu. C’est le chemin parcouru et les efforts soutenus  au quotidien qui possèdent la plus grande valeur.

Quelques années plus tard, en 1993, une nouvelle chance de participer à un camp d’entraînement de la NFL se présenterait à Pierre Vercheval, cette fois avec les Lions de Détroit. Il arrivait donc dans le Michigan avec une expérience professionnelle considérable dans la LCF, après 5 saisons passées chez les Eskimos d’Edmonton. Ces derniers l’avaient repêché en deuxième ronde (17e choix total) pratiquement au même moment où il avait reçu l’invitation de participer au camp d’entraînement des Patriots en 1988.  À 29 ans, Vercheval arrivait au camp d’entraînement des Lions avec davantage de maturité. Il connaissait maintenant les subtilités propres à la position de joueur de ligne offensive dans un niveau de jeu supérieur. Et même si l’expérience avec les Patriots ne s’étaient pas conclue de la manière espérée, Vercheval arrivait à Détroit en connaissance de cause.

La préparation mentale n’était pas la même et si la porte de la NFL se fermait à nouveau Vercheval pouvait toujours retourner dans la LCF, où il jouissait d’une réputation enviable, celle d’être considéré comme l’un des meilleurs joueurs de ligne offensive au Canada. Toutefois, cela ne signifiait pas de prendre les choses à la légère, au contraire. Comme l’affirmait  John Wooden, le légendaire coach de basketball universitaire de UCLA :  «J’ai appris, au fil des années, que les joueurs performent à la pleine mesure de leur capacité du moment où ils acceptent d’être eux-mêmes. Ils se déchargent par le fait même d’une pression indue sur leurs épaules. Ils vivent le moment présent et s’abandonnent entièrement à leur sport. Et comme par magie, ensuite, les es efforts et la discipline viennent d’eux-mêmes. » C’est un peu dans cet état d’esprit que Pierre Vercheval envisageait donc sa participation au camp des Lions.

Un camp d’entraînement de la NFL représente d’abord et avant tout une expérience unique d’apprendre, sur son sport et sur soi-même. Durant les semaines passées dans le giron des Lions, Vercheval fit une des rencontres les plus déterminantes de sa carrière. L’entraîneur de la ligne offensive Jerry Wampfler, qui changerait à jamais sa manière de jouer au football. En parlant de lui, les yeux de Pierre Vercheval s’irradient d’admiration et de gratitude : «Ce coach-là était tout simplement génial. Avec lui, j’ai complètement réappris les rudiments de la position de joueur de ligne à l’attaque, tout en apprenant de nouvelles subtilités qui feraient de moi le footballeur que je devais devenir. Je suis revenu au Canada complètement transformé. Mon jeu de pieds n’était plus le même, tout comme ma capacité à anticiper les jeux adverses. Je possédais de nouvelles techniques et ma façon de voir les blocs était différente. Jerry Wampfler m’a aidé à élever mon jeu d’un gros cran.» Malheureusement pour lui, les Lions ne retinrent pas ses services pour la saison 1993. Encore une fois, cependant, Vercheval refusait de se laisser abattre par ce refus. Il ne revenait pas chez lui les mains vides. Toutes les expériences fécondes, qu’elles se déroulent selon notre souhait ou non, déposent une force d’action en nous-mêmes. Elles nous incitent à espérer davantage et à travailler plus fort. C’est exactement avec cette approche que Pierre Vercheval revenait dans la LCF, cette fois avec les Argonauts de Toronto qui comptaient un visage familier dans leur équipe : Doug Flutie. En 1988, Flutie était devenu le quart-arrière partant des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. C’est là que Pierre Vercheval fit sa connaissance la toute première fois. Ensemble, ils soulèveraient deux Coupe Grey lors de leur passage avec les Argos.

À Détroit, Pierre Vercheval fit une autre rencontre importante. À cette époque, le meilleur joueur de la NFL portait les couleurs des Lions. Jamais dans l’histoire de ce sport, avions-nous vu un porteur de ballon aussi dominant, aussi puissant et intelligent que Barry Sanders. Contrairement à bien d’autres légendes à cette position névralgique, Sanders n’avait jamais eu besoin d’une ligne offensive de haut niveau pour performer à la pleine mesure de son talent. Combien de fois est-il revenu sur lui-même, prenant le risque de perdre de précieuses verges, pour finalement se faufiler de manière inespérée à travers deux linebackers médusés par son agilité de fauve. On le surnommait Poetry in motion («de la poésie en action»), tellement il était gracieux en prenant son élan de course.

En seulement 10 ans de carrière, Barry Sanders est parvenu à se hisser au troisième rang de l’histoire pour les verges parcourues : 15 269. Personne n’a cumulé autant de verges en si peu de temps dans l’histoire de la NFL. À l’époque où il était encore analyste à FOX, John Madden se plaisait à répéter sur les ondes que Barry Sanders était tout simplement le meilleur joueur de football qu’il ait jamais vu fouler un terrain de football. Selon lui, Sanders n’était pas apprécié à sa juste valeur pour la simple raison qu’il avait toujours joué pour des équipes misérables. «Pendant 10 ans, la seule raison pour laquelle les gens assistaient au match des Lions, fut pour voir Barry Sanders piquer une course. Vous n’avez aucune idée combien c’était difficile de vivre à Détroit à cette époque. Au moins nous avions Barry», se rappelle d’ailleurs le chanteur country Kid Rock dans l’épisode de la série A Football Life  consacrée à Sanders.

Lors d’un dimanche de congé, Pierre Vercheval déjeunait tout seul dans la cafétéria des joueurs. Cette journée-là, aucune activité volontaire était prévue. L’édifice était pratiquement vide. Seuls les coachs et les coordonnateurs étaient sur place afin de participer à leurs réunions. Vercheval avait tout de même décidé qu’il ne laisserait pas ce congé perturber la routine de son camp d’entraînement. Il s’agirait d’une journée d’étude et de préparation physique comme les autres. Le Québécois était seul depuis quelques minutes quand un autre joueur des Lions entra dans la cafétéria. C’était nul autre que Barry Sanders. La supervedette se dirigea vers le joueur de ligne offensive et décida de lui offrir un peu de compagnie. «Me permets-tu de m’asseoir avec toi?», lui demanda Sanders. «Bien sûr!», répondit Vercheval. Comment aurait-il pu refuser une telle rencontre? Barry Sanders lui demanda d’où il venait, qu’elle était la nature de son expérience dans le monde du football professionnel. Il s’intéressait sincèrement au vécu de son nouveau coéquipier. «Nous avons discuté un bon moment», se souvient Pierre Vercheval. «Ce fut une conversation très agréable. Nous avons parlé de tout et de rien. Sa gentillesse et sa façon de me traîter comme un des siens, même si je n’étais qu’un joueur invité au camp d’entraînement, m’en appris beaucoup sur l’homme exceptionnel qu’était Barry Sanders. Je l’admirais déjà énormément, mais nul besoin de dire combien cette admiration fut encore plus grande après notre rencontre».

L’humilité profonde de Barry Sanders est la qualité que retiennent tous ses anciens coéquipiers, même ceux qui l’ont brièvement connu comme Pierre Vercheval. En vérité, pour Sanders, l’humilité représentait un principe spirituel hérité de son éducation dans le Kansas rural de Wichita. Il était contre les célébrations après les touchés. Barry Sanders remettait directement le ballon à l’arbitre après avoir pénétré dans la zone des buts adverse «On me paie pour marquer des touchés. C’est mon boulot.  Pourquoi ferais-je tout un plat avec ça? Pourquoi me mettrais-je à danser quand je fais simplement mon travail?» Un homme qui discute dans la cafétéria avec les joueurs invités au camp d’entraînement lors des jours de congé, une supervedette qui marque des touchés dans la plus grande discrétion, voilà qui était Barry Sanders. 

14 ans dans la LCF, deux conquêtes de la Coupe Grey, des invitations à des camps d’entraînement de la NFL, une intronisation au Temple de la renommée du football canadien, une  deuxième carrière à titre d’analyste chez RDS, toutes ses réalisations ne lui ont jamais enlevé  une once d’humilité. La raison est simple, le footballeur Québécois n’a laissé que deux seules  forces dicter son parcours : la passion et le courage. C’est le fil conducteur de toutes ces rencontres qui ont constellé sa carrière. Que ce soit Gil Brandt, Raymond Berry, Dante Scarnecchia, Doug Flutie, Jerry Wampfler, Barry Sanders, Pierre Dufault et tant d’autres, Pierre Vercheval appartient à cette espèce valeureuse que sont les hommes de cœur et de volonté. «Je n’ai jamais eu peur du changement. Par tous les moyens à ma disposition, j’ai cherché à le provoquer. C’est en sortant de ma zone de confort que j’ai découvert les meilleures aspect de ma personne. C’est la chose la plus importante que le football m’aura appris :  la quête du dépassement de soi.»  Réussir une telle entreprise est impossible si l’on  refuse d’affronter les transformations intérieures profondes, les situations inconfortables, les adversaires qui veulent nous faire tomber, les critiques constructives et les déceptions inévitables que nous promettent le destin.

En fait, il est impossible de grandir sans apprécier les obstacles et les échecs. Comme l’a déjà dit la légende des Patriots Tom Brady : «Un jour, vous revisiterez votre passé et n’éprouverez que de la gratitude à l’égard des difficultés rencontrées au cours de votre existence. Elles ont fait l’être que vous êtes aujourd’hui. Sans elles, vous n’auriez rien accompli.» Le parcours de Pierre Vercheval en est la preuve absolue. Toutes les épreuves traversées au cours de sa vie de footballeur lui permettent aujourd’hui d’affirmer que le jeu en a valu la chandelle. Comme un million de ses ancêtres canadiens-français partis tenter leur chance en Nouvelle-Angleterre au début du 20e siècle, Pierre Vercheval n’est pas revenu au Québec riche de fortune, mais plus fort intérieurement et plus déterminé que le jour de son départ. Une autre richesse, beaucoup plus grande parce qu’incalculable, l’habitait  désormais: il était maître de son destin. Vercheval ne plierait l’échine devant rien ni personne. Au fond, c’est peut-être la seule promesse que peut tenir le football, il fera de vous un homme.