Confortablement installé dans un pub à Londres en 2006, entouré de précieux amis qu’il avait rencontrés lors de son séjour de sept mois à Banff, Alister écoute l’un d’eux raconter qu’il ne pourra participer à un 21km de course à pied prévu d’ici peu à cause d’une blessure. Avec quelques bières derrière la cravate, il se montre intéressé à relever le défi ! Pourtant, il n’a jamais couru de sa vie !

 Il le fait avec des chaussures de skateboard dans les pieds ! « Pendant trois jours, je devais descendre les escaliers en reculant », se rappelle-t-il. Pourtant aujourd’hui, il représente un athlète exceptionnel au Québec, tant en sentier que sur la route.

 Né un 11 novembre à Chertsey, petite ville au sud de Londres, Alister Gardner célèbrera son 37e anniversaire dans quelques jours. Après son cégep et juste avant d’entreprendre ses études universitaires à Plymouth en Angleterre, il décide de prendre une sabbatique et de se rendre en Colombie-Britannique en 1999. Il fera la rencontre de sa future épouse, Clothilde, une Française. Elle le suivra à son retour en Angleterre pour parfaire son anglais. Alister devient ingénieur et elle terminera ses études en design industriel.

 Source: François St-Pierre

Alister a peut-être une petite tendance pour la course en sentier mais il aime bien courir sur les routes.

 

Ils se retrouvent à Chamonix en 2006 dans une résidence familiale et reviennent se marier à Granby l’année suivante.

 Durant son adolescence, rien ne prédestinait Alister à devenir un adepte hors-pair de la course à pied. Il fumait son petit joint à l’occasion et se souvient que pour anesthésier le mal qu’il avait ressenti après ce défi ci-haut relaté, il avait ingurgité quelques bières !

 Il lui arrivait de faire de la musculation à l’occasion et quelques longueurs dans la piscine mais sans plus. En 2009, sa femme qui travaille pour le Mont Sutton, lui suggère d’essayer le 21km en montagne. À sa grande surprise, il termine 3e dans sa catégorie d’âge et 17e au classement général. Un résultat qui l’incite à poursuivre. En 2011, il reconnaît avoir ressenti la piqûre des sentiers.

 www.instagram.com/julien.hebert.photographeSource: Julien Hébert
Légende: www.instagram.com/julien.hebert.photographe

Un athlète qui lève souvent les bras vers le ciel en signe de satisfaction.

 

En 2012, il embauche Mike Morin comme entraîneur. Ça devient de plus en plus sérieux. Aujourd’hui, ses performances sont hallucinantes. Il a obtenu un 2h33 au marathon de Philadelphie et voulait franchir le 2h30 cette année. À cause d’une blessure au mollet, il devra abdiquer.

 Sentier ou route ? « Certes que pour le plaisir, j’opte pour le sentier. Ça me rappelle mes années de snowboard. Je possède une facette amoureuse avec la nature. Or, mes études en mathématiques, je les applique sur la route. Alors, j’aime les deux. »

 Dans la haute saison, il accorde par semaine entre 15 à 18 heures en course, 2 à 3 heures de musculation et 20 minutes par jour d’étirement.

 

Rencontre entre deux grands athlètes.

 

Alister ne chôme jamais. En 2015, il a fondé la boutique spécialisée en course à pied,  Course & Cie à Granby. Il en est le copropriétaire avec Audrey Larroquette. Cependant, son principal emploi est avec Xact Nutrition où il occupe le poste de directeur de commerce en compagnie de Lawrence Colsell qui lui aussi est originaire d’Angleterre puis de Marianne Regnault, une Française qui occupe la présidence de la compagnie et dont le père est un imminent chimiste basé en France. Xact fabrique la pâte Fruit 2 et Fruit 3. « Avec Xact Nutrition, mes débuts furent comme ambassadeur et à l’époque, ils cherchaient une autre personne pour investir. Cet emploi me permet de m’entraîner ainsi que voyager. Nous disposons de 300 détaillants au Canada et nous visons le marché américain et européen. Les barres sont fabriquées en France mais la compagnie est entièrement québécoise », tient à préciser Alister.

 Même que Xact contribue à l’effervescence de la Kronobar dans la vente. Depuis mars, Xact a créé la barre E-Beet, qui comble particulièrement le manque de fer que nous perdons lors des compétitions.

 

L'effort est souvent considérable pour Alister.

 

Le couple n’a pas d’enfant et a pris les moyens pour ne pas en avoir. « Nos enfants, ce sont nos deux chiens et mes meilleurs moments dans la vie, c’est lorsque je vais courir dans le bois avec eux ! »

 Même s’il offre des résultats impressionnants, il doit mettre son rêve olympique et ses performances internationales de côté. « J’accepte que je ne pourrai plus me retrouver sur le podium. Toutefois, je veux explorer. Je regarde les performances de David Le Porho qui à 40 ans parvient encore à établir des marques personnelles. Mais en réalité, je sais que les jeunes se retrouvent sur mes talons. Je veux qu’ils s’améliorent et qu’ils se contentent d’essayer de me battre sans y parvenir », lance-t-il en riant.

 Depuis 2012, Alister adopte le mode végétalien et vegan. « Je veux démontrer qu’il devient possible d’adhérer cette formule et de performer. Mon rôle d’ambassadeur, je le prends très au sérieux et je t’assure que le jour où je deviendrai moins performant, j’accentuerai mon attention vers cette façon de se nourrir. À partir du moment où je me suis interrogé à savoir d’où provenait la viande et que j’ai lu des articles sur les méthodes de surproduction, j’ai compris qu’il fallait que j’agisse. Je n’ai jamais fait de mal à personne et je refuse d’accepter celui que les humains font aux animaux. Jadis, j’étais naïf. J’ai maintenant ouvert les yeux. »

 Source: Mélanie Gemme

Il fallait l’entendre parler de cet aspect et comprendre que le sujet représente une source de préoccupation vitale pour lui, beaucoup plus que la course à pied ou que ses implications dans ses deux compagnies.

 « Je rêve du jour où nous pourrons enlever la viande de nos assiettes. Avec une telle philosophie, je crois que nous obtiendrons un monde meilleur ».

 Avant d’amorcer l’entrevue, j’ai dit à Alister que je désirais connaître le personnage plutôt que de m’attarder à ses prouesses athlétiques. Disons que j’ai été bien servi !

Une rivalité amicale mais combien serrée entre Alister et Alvaro Cueto Munoz.