Avec l’annonce du plus récent contrat au gardien auxiliaire Antti Niemi, la situation devant le filet du Tricolore s’éclaircit. Price, si ses genoux le veulent, sera le gardien partant lors du premier duel de la saison régulière. Il aura certes une tonne de pression sur ses épaules, non seulement en lien avec son faramineux contrat de huit saisons qui débute, mais aussi en lien avec ses performances décevantes de l’année dernière. Quant à Niemi, le Finlandais de 35 ans le secondera. Il a su retrouver sa touche magique avec Stéphane Waite à ses côtés. Enfin, même s’il a récemment signé un contrat à un volet seulement, Charlie Lindgren débutera l’année à Laval à titre de gardien numéro un du Rocket, le troisième dans la hiérarchie du CH. La raison est fort simple : il est exempté de devoir passer par le ballotage en cas de rétrogradation. Le rôle de numéro 2 appartient donc à Niemi, à lui de montrer qu’il peut le conserver.

La seule question qui reste à se poser maintenant est : quelles utilisations seront faites des trois gardiens au cours de la saison 2018-2019 ?

Révolue est l’époque où des gardiens tel Martin Brodeur gardaient le filet pour plus de 70 rencontres de saison régulière en plus des séries. Les gardiens numéro 1 tendent, année après année, à garder les buts durant moins de parties afin d’être prêt pour le début de la vraie saison, le bal printanier. À titre d’exemple, prenons le cas du gardien du Lightning de Tampa Bay, Andrei Vasilevskiy, qui a mentionné, vers la fin de la dernière campagne, ressentir de la fatigue chronique.

Revenons à Price. Il aura 31 ans au début de la prochaine saison. Il a un historique de blessures accablant, notamment aux genoux, partie du corps névralgique pour un gardien de but. Lors de la saison morte d’il y a un an, son entraineur des gardiens, Stéphane Waite, encore lui, mentionnait qu’il était dans l’intention du club de diminuer sa charge de travail. De plus, dans l’éventualité où le CH se rende en série, il sera la pierre d’assise sur laquelle le club et surtout ses coéquipiers s’appuieront pour les mener vers la gloire. Avec tous ces faits réunis, ne serait-il pas pertinent que Carey Price soit devant le filet des Canadiens pour un généreux maximum de 55 parties ?

Les 27 autres parties seraient partagées entre Niemi et Lindgren. Niemi pourrait être d’office pour 22 parties, ce qui est tout à fait raisonnable pour un auxiliaire. Enfin, sur les 82 parties du calendrier régulier, 5 d’entre elles pourraient être l’occasion idéale d’analyser la progression de Charlie Lindgren en lui confiant le filet. Évidemment, ce scénario fait abstraction des blessures qui surviennent à chaque année.

En plus de cela, je pousserais l’analyse encore plus loin. Certains jours de matchs, si j’étais Claude Julien, je n’habillerais tout simplement pas Carey Price. Je lui ferais regarder la partie du haut des gradins ou encore dans le confort de son salon, entouré des membres de sa famille, pour m’assurer qu’en cas de contre-performance ou de blessure à Niemi, le numéro 31 n’ait pas à remplacer ce dernier. Ainsi, je m’assurerais que Price soit reposé au maximum pour les moments importants. Lindgren pourrait seconder Niemi et remplir le rôle de second violon et vice versa. Le jeune espoir des Canadiens issu des rangs collégiaux Américains pourrait donc apprendre en étant dans l’environnement du grand club et ce serait, en outre, une opportunité en or pour « donner de la glace à Laval » au quatrième gardien dans la hiérarchie de l’organisation, supposons que ce soit McNiven. Quel beau scénario afin d’avoir du temps de glace de qualité et se développer convenablement !

En somme, avec un Carey Price bien reposé et une maximisation du temps de jeu pour les autres gardiens du Bleu Blanc Rouge, la Sainte-Flanelle pourrait respecter son mantra qui est, comme le cite si bien Marc Bergevin, qu’avec un Carey en pleine possession de ses moyens, tout est possible !