‘’ Prends un tir! Allez! Prends-le ton tir! ‘’ criais-je constamment à Scott Gomez lorsqu’il jouait pour le Canadien. Dans une moindre mesure, je passe mon temps à le faire quand David Desharnais regarde partout, sauf vers le filet adverse. Wayne Gretzky a déjà dit : ‘’ On ne marque pas sur 100% des lancers qu’on décide de ne pas prendre. ‘’ .

De nos jours, il y a un joueur comme Alexander Ovechkin qui décoche en moyenne plus de 400 lancers par saison. Jarome Iginla en est un autre qui a accumulé beaucoup de lancers durant sa carrière. Évidemment, ils ont compris que pour marquer des buts, il faut envoyer des rondelles vers le gardien adverse.

Dans l’histoire de la LNH, vingt joueurs ont enregistré plus de quatre mille lancers au but. Parmi ces joueurs, quatre sont encore actifs, soit Jarome Iginla (4613 tirs, 10ème rang), Alex Ovechkin (4249 tirs, 17ème rang), Marian Hossa (4079 tirs, 19ème rang) et Jaromir Jagr (5448 tirs, 2ème rang). Ces quatre joueurs ont compté au moins 500 buts chacun dans la LNH. Si ces patineurs ont marqué autant, ce n’est certainement pas de la chance!

Quatre mille lancers, c’est bien. Mais cinq mille, c’est mieux! Depuis les débuts de la LNH il y a bientôt cent ans, sept joueurs (dont Jagr) ont réussi à dépasser la marque des 5000 lancers. Parmi ces sept patineurs, on retrouve deux défenseurs et cinq attaquants.

7 – BRENDAN SHANAHAN (5086 lancers, 656 buts, taux de succès de 12,89%)

Avec 5086 tirs, l’ancien des Devils, des Blues, des Whalers et des Red Wings pointe en septième place de tous les temps. L’ancien choix de premier tour des Devils (1987, 2ème au total) a compté pas moins de 656 buts en carrière. Il a dépassé la marque des cinquante buts à deux reprises et les quarante, six fois.  Solide gaillard de 6’3 pieds et 220 livres, l’Ontarien aujourd’hui âgé de 47 ans a marqué plus de vingt buts par année à chaque saison qu’il a disputé, hormis la première et la dernière.

Régulier et efficace en tout temps, le tireur droitier a remporté trois coupes Stanley avec les Red Wings de Détroit. Il est aujourd’hui président des Maple Leafs de Toronto, après avoir agi comme préfet de discipline pour la LNH il y a quelques années. Avec leur belle jeunesse, parions que les Leafs contribueront à perpétuer l’enviable réputation de gagnant que ‘’Shanny’’ s’est forgé au cours des années.

6 – WAYNE GRETZKY (5089 lancers, 894 buts, taux de succès de 17,57%)

Une rareté dans la carrière de La Merveille : une catégorie dans laquelle il ne détient pas un record de la LNH! L’ancien numéro 99 des Rangers n’a aucunement besoin de présentations. Il avouait ne pas posséder un tir terrifiant, et c’est bien vrai. Jamais il n’aurait défoncé quoi que ce soit avec son tir! Par contre, il avait un tir tellement précis que si on lui en donnait la chance, il en profitait. Et il l’a fait 894 fois!

Il a dépassé la marque des 90 buts une fois, celle des 80 à deux reprises et celle des 70, quatre fois. La Merveille était plus un fabricant de jeu qu’un buteur, mais il comprenait le jeu mieux que quiconque. Oui, il a beaucoup marqué, mais il savait aussi qu’un tir au lieu de rien, ça valait en fait mieux…que rien!

5 – MIKE GARTNER (5090 tirs, 708 buts, taux de succès de 13,91%)

Rapide patineur garni d’une belle moustache digne des meilleures des années ’80, l’ancien des Capitals et des North Stars détient une marque de la LNH assez impressionnante, soit celle d’avoir marqué vingt buts ou mieux dans dix-sept saisons consécutives.  Il revendique une saison de cinquante buts (pile!) et il est l’un des plus redoutables compteurs de l’histoire de la ligue.

Malheureusement pour lui, il n’a jamais gagné une Coupe Stanley, ni même atteint la finale. Il n’a pas non plus remporté d’honneurs individuels durant sa longue carrière dans la meilleure ligue du monde. Pourtant, il demeure, à ce jour, l’un des buteurs les plus réguliers à avoir patiné dans la LNH. Peut-être ne le reconnait-on pas comme un gagnant en raison de son manque de coupes, mais il faut en être un pour exceller aussi longtemps à un niveau si élevé.

4 – AL MACINNIS (5157 tirs, 340 buts, taux de succès de 6,6%)

Les plus vieux (les trente ans et plus, du moins) se rappellent d’Al MacInnis pour son foudroyant lancer. L’un des meilleurs défenseurs offensifs de sa génération, le Néo-Écossais faisait peur à tout le monde avec son tir venant du plus profond des enfers. Parlez-en à Rich Parent, ancien gardien chez les Blues, qui a subi une fracture du scrotum (pas des blagues!) après avoir reçu un tir de l’ancien des Flames….dans les parties intimes.

Bon, il portait une coquille, mais elle a fendu sous l’impact de ce tir de classe mondiale (universelle, plutôt?!?)! Rassurez-vous, Parent a fait deux beaux enfants quand même. Blague à part, MacInnis a remporté une Coupe Stanley, en 1989, avec les Flames. Qui plus est, il revendique un trophée Norris et le trophée Conn Smythe l’année de sa victoire en finale, contre Montréal (mon petit cœur d’enfant de huit ans en saigne encore!).

Avec sept saisons de vingt buts et une saison de plus de cent points au compteur, l'ancien numéro 2 des Flames et des Blues restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l'ont vu s'élancer de la ligne bleue!

3 – MARCEL DIONNE (5366 tirs, 731 buts, taux de succès de 13,62%)

Dommage pour Marcel Dionne, mais au-delà de ses incroyables exploits sur la glace, on a souvent tendance à sa rappeler, d’abord et avant tout, que l’ancien des Kings et des Red Wings n’a jamais soulevé la Coupe Stanley. Injuste, juste un tout petit peu, n’est-ce pas? Pourtant, on ne marque pas cinquante buts ou mieux à six reprises sans être un joueur exceptionnel!

L’ancien attaquant natif de Drummondville peut aussi se targuer d’avoir dépassé huit fois la marque des cent points. Pour marquer tous ces buts et faire tous ces points, il faut savoir lire le jeu et choisir le bon moment pour tester le portier adverse, ce que Marcel Dionne savait faire à merveille. Charlie Simmer et Dave Taylor, anciens compagnons de trio de Dionne, pourraient vous en dire long sur ses qualités, et ce qu'il a apporté à leur carrière!

2 – JAROMIR JAGR (5448 tirs, 750 buts, taux de succès de 13,77%, toujours actif)

Repêché en 1990, le grand Tchèque est une légende vivante dans la LNH. Âgé de 44 ans, il a mené les pointeurs des Panthers la saison dernière. Il a eu de merveilleux modèles de talent et de leadership alors qu’il a commencé sa carrière en compagnie des Mario Lemieux, Bryan Trottier et Ron Francis! Il y a pire comme modèles pour s’inspirer!

Il est présentement troisième dans l’histoire pour les buts ET les points, avec 750 et 1872, respectivement. Il ne lui manque que dix points pour dépasser Mark Messier au deuxième rang de tous les temps. Par contre, il lui sera un peu plus difficile de marquer les 52 buts manquants pour dépasser Gordie Howe (801 buts), au deuxième rang derrière Wayne Gretzky et ses 894 buts.

Combien de saisons la vieille carcasse du grand Jaromir pourra-t-elle tenir encore? Une chose est sûre, il ne jouera pas (et ne tirera pas) assez pour se rendre au premier rang pour les tirs, détenu par un ancien défenseur qui a rendu tout le Québec fier durant vingt-deux ans!

1 – RAYMOND BOURQUE (6206 tirs, 410 buts, taux de succès de 6,61%)

Il a gagné le Calder en 1979-80, le trophée Norris à cinq reprises et la Coupe Stanley pour terminer sa carrière, en 2001. Il a marqué vingt buts ou plus à neuf reprises, un chiffre très élevé pour un défenseur, même dans un temps où l’offensive était à l’honneur dans la LNH. Même à sa dernière saison, il a réussi 59 points tout en  montrant un différentiel de +25, tout ça à l’âge de 40 ans!

L’ancien numéro 77 des Bruins ne détient pas seulement le record du plus de tirs en carrière, il détient également le record du plus de tirs dans un match, avec 21, le 21 Mars 1991 contre les Nordiques de Québec. Sur ces 21 lancers, il n’a marqué qu’une seule fois contre Ron Tugnutt, qui était en feu, alors qu’il a arrêté 70 des 73 lancers dirigés vers lui, dans un match nul de 3-3.

Bourque mène aussi la colonne des points dans l’histoire de la LNH pour un défenseur, avec 1579 (bon pour le onzième rang, toutes positions confondues), en plus de mener la colonne des buts avec 410 en carrière. Il a joué 1612 parties, accumulant près d’un point par match sur une carrière de vingt-deux saisons!

Voilà qui termine le Top 7 de ce classement inédit des tirs au but en carrière. Cependant, Bourque devra avoir à l’œil Alexander Ovechkin qui, à 31 ans seulement, totalise déjà près de 4300 tirs. Au rythme qu’il décoche, il pourrait bien dépasser Bourque d’ici cinq à six ans! Et à l’image des sept joueurs énumérés dans cet article, il sera (il l’est déjà) un des grands marqueurs de l’histoire de la meilleure ligue de hockey au monde.

La morale de l’histoire? Les grands joueurs comprennent que pour provoquer des choses, il faut tirer le plus possible. Et ce n’est pas moi qui le dit, puisque les statistiques parlent d’elles-mêmes!

Bonne journée, mon Grand (Club) !

Sources : wikipedia.org, hockeydb.com, hockey-reference.com, nhl.com