Ils sont nombreux les amateurs de sports à souhaiter un retour du baseball majeur à Montréal, et je suis un de ceux-là. Mais voilà,  À chaque fois qu’une nouvelle positive en ce sens apparaît sur RDS.ca ou sur d’autres plateformes sportives, de grands pensants issus de milieux économiques viennent mêler les cartes avec des théories ou des études destructrices, plus ou moins représentatives de notre société et du Québec Inc.

Les derniers «grands pensants» en liste nous viennent des États-Unis (ben oui). En effet, des études réalisées par Roger Noll et Andrew Zimbalist ont été rapportées par LaPresse.ca ces derniers jours. Le but ? C’est de démontrer que l’arrivée d’un club de baseball à Montréal aurait «Zéro impact économique net» ici au Québec. Le journaliste Vincent Brousseau-Pouliot rapporte dans son article que «95 % des spectateurs et des partisans proviennent de la ville hôtesse de l’équipe. Ils dépensent donc leur argent pour encourager une équipe qui consacre environ la moitié de ses revenus à payer ses athlètes». Je suppose que c’est le cas, oui. Les économistes ajoutent ceci : «Des athlètes qui, pour la très grande majorité, ne résident pas dans la ville et qui conserveront la majeure partie de cet argent pour le dépenser ailleurs (dans leur ville de résidence), et plus tard au cours de leur vie. Une partie importante de l’argent dépensé par les partisans de l’équipe sort donc de l’économie de la ville par l’entremise des athlètes.».

Bon… Je suppose que c’est également le cas pour les joueurs du CH, ceux des Alouettes et même de l’Impact de Montréal. Bref, on ne vient pas d’inventer la roue ici. Mais je me pose cette question : pourquoi toujours mettre en évidence des études faites par des américains, aux États-Unis pour nous les foutre en pleine face ici au Québec, à chaque fois que l’on parle d’un retour du Baseball majeur à Montréal ?

Personnellement, je préfère me fier à des gens issus du Québec Inc., qui croient qu’une implantation d’une équipe du Baseball majeur à Montréal apporterait son lot d’impacts positifs pour Montréal certes, mais aussi pour le Québec dans son ensemble.

On parle de centaines d’emplois à temps plein et de milliers d’emplois à temps partiel oui, mais il y a aussi des impacts non économiques mais combien importants pour une société comme la nôtre… La pratique du sport par nos jeunes québécoises et québécois en est un de taille à ne pas négliger. Ça, personne n’en parle chez les économistes américains. Il n’y a que l’argent qui compte. Ce fameux argent qui a servi à implanter les Expos de Montréal en 1969 et qui a servi de prétexte pour nous les retirer en 2004, mettant tout sur le dos des supporteurs qui avaient déserté le stade après que ces mêmes argentiers les aient trahis au fil des ans. Oui, les amateurs avaient le dos large à l’époque.

Les «vrais» sont encore dans la course

Personnellement, je préfère me fier à nos gens d’affaires du Québec qui continuent à se battre pour un retour du baseball. Ne me faites pas accroire que les Stephen Bronfman, Daniel Lamarre (PDG Cirque du Soleil) en plus des représentants de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain et Lucien Bouchard pour ne nommer que ceux-là, ne connaissent pas plus les impacts économiques issus d’une implantation d’une équipe de baseball majeur à Montréal que les économistes des États-Unis et leurs études !

J’ai vraiment confiance à l’équipe en place. Il faut en parler pour que ça se concrétise, mais il faut en parler de façon positive et non en allant chercher des économistes américains qui n’ont rien à cirer des réalités économiques québécoises, pour nous donner en bout de ligne, une évaluation à l’aveugle.

Warren CromartieSource: Presse Canadienne
Légende: Warren Cromartie

Warren Cromartie, un américain, ex-joueur des Expos et grand artisan du Projet Baseball Montréal, organisme dévoué au retour du Baseball dans la métropole, connait très bien les enjeux. Il est bien au fait des réalités en matière de baseball au Québec. Il en a vu des jeunes enfants habillés aux couleurs des Expos lui demander des autographes du temps où il jouait à Montréal. Il a compris que ces enfants n’étaient pas que de simples partisans, ils étaient aussi des joueurs de baseball grâce à l’influence qu’il avait, lui et ses coéquipiers, envers eux.

Aujourd’hui, Cromartie redonne à ces même jeunes, devenus parents, voire grands-parents, pour que la pratique de ce sport se perpétue au Québec. C’est à ça qu’il faut croire, bien plus qu’à l’argent. Dans le dernier cas, je fais vraiment confiance aux Bronfman et cie, qui en ont vu bien d’autres !

Nous en reparlerons certainement en 2020.

Bon baseball à toutes et à tous !