Le mois d’avril est une période de grands mystères. Pourra-t-on apercevoir Marc-André Fleury remporter l’Urne de Lord Stanley contre le bébé-braillard qu’est Sidney Crosby, à Pittsburgh et lors d’un sixième match pis toute? Ne pariez pas votre dernière chemise propre là-dessus, mais avouez que ça ferait de la maudite bonne télévision. Aussi dans le mix de questions : qui remportera la loterie Rasmus Dahlin? Pas les Oilers, toujours?

Du coup, Bergevin sacrifiera-t-il Alex Galchenyuk afin de mettre la main sur un jeune défenseur de premier plan? Le Canadien repêchera-t-il un centre grand format, style Brady Tkachuk? Et, surtout, est-ce vrai que Gary Bettman s’est procuré un nouveau bidet à l’effigie des défunts Nordiques de Québec, sur Amazon? Bon, ok, votre humble clavier Gonzo a bel et bien inventé de toutes pièces ce dernier questionnement de type piège-à-clics. Ou pas..?

Non. Vraiment, rien de tout cela importe pour le partisan en bleu-blanc-dépression. Parce que la vraie question, voire celle qui brûle les lèvres autant qu’après un bon coup de poing de Ryan Reaves sur la bouche, est la suivante : la signature de John Tavares avec le Canadien est-il le plan machiavéliquement-brillant qui se cache sous le tapis? Autrement dit, Bergevin et Molson ont-ils maraudé le clan Tavares depuis l’entre-saison dernier? Shea Weber a-t-il été mandaté lors de cette opération? Ah ça, pour l’instant, seul Maurice Richard le sait, pis John Kordic s’en doute.

Quoi que… Si j’avais à miser mon dernier dollar Canadian Pif Paf sur ce dénouement, je pencherais volontiers en faveur de cette juteuse conspiration. Oui, je crois dur comme la coquille de Zdeno Chara que John Tavares signera à Montréal.

Oh oh. Du calme. Je vous explique :

Tournez la présente saison comme vous voulez, mais sachez que le plan Molson-Bergevin était de signer le prolifique patineur, et ce, depuis le jour un de l’entre-saison dernier. Bien sûr que Carey Price et Shea Weber sont au courant; Weber est d’ailleurs la carte cachée de toute cette opération. Le Che (Shea), comandante incontesté de Team Canada; tout le monde veut jouer avec lui, même Sidney Crosby paie la note du déjeuner lorsque qu’il est à la table. Il y a donc eu maraudage, et le clan Tavares sait d’ores et déjà que le Canadien sortira le chéquier cet été afin de s’offrir ses services de mercenaire de luxe, GFE pis toute. Tsé, l’organisation n’aurait jamais pris le risque de sacrifier une saison si elle n’était pas certaine de son coup. Du moins pas dans le contexte.

Rappelez-vous, malgré un manque d’attaque historique, le Tricolore est tout de même passé bien prêt d’éliminer les Rangers l’an dernier. N’eut été de cette léthargie du capitaine, qui sait jusqu’où nous aurions pu aller? Marc Bergevin avait un club qui était bien près de pouvoir aspirer à de grandes choses; les fans étaient confiants, la Molson allait être bonne cet été! Et pis pourtant, l’homme aux costumes pourpres, le grand-manitou-qui-manie-tout, laisse alors partir Radulov et Markov, sans rien opérer comme manœuvre afin d’améliorer l’équipe. Le DG possédait énormément de place sur sa masse salariale, mais, rien n’y fit, l’échiquier du club allait rester aussi dégarni que le crâne de son entraineur chef. On va se le dire, dans un marché comme celui de Montréal, ce parcours est complètement insensé. Tellement absurde que, en y pensant bien, c’est carrément impossible.

C’est précisément cet incroyable plan qui fait si mal paraître la direction du CH devant les médias. Cette théorie explique aussi le fait qu’il n’y ait pas eu de réelle reconstruction. Bon, Plekanec a finalement quitté – deux mois de stages sur une quatrième ligne à Toronto, un après-midi avec Isabelle Boutin, le temps de magasiner de nouveaux col-roulés et de se faire métamorphoser la pilosité faciale – mais aucun Pacioretty ne fut échangé, pas de Galchenyuk non plus. Comment expliquer que Marc Bergevin soit encore en poste, ou sinon qu’on ne semble pas faire grand cas du fait que les billets pour un match du CH sont maintenant encore moins désirables qu’un stage en savoir vivre avec Gilbert Rozon?

On sait bien au 7e étage, qu’avec le beau temps qui s’amène, les hirondelles reviendront au nid. Pas vu, pas pris. Faut bien se donner de petits défis dans la vie, ça tient alerte, et rester alerte c’est important, surtout avec une en carence au centre.

La signature de John Tavares avec le Canadien est-il le plan machiavéliquement-brillant qui se cache sous le tapis? Autrement dit, Bergevin et Molson ont-ils maraudé le clan Tavares depuis l’entre-saison dernier? Shea Weber a-t-il été mandaté lors de cette opération?

Ah, prémonition, prémonition. On se transporte maintenant à cet été rempli de promesses; nous revoilà au tournois de golf annuel du CH, la communion intime avec la nature, l’extase des sens, un sentiment grisant de liberté, la pelouse d’un verdâtre invitant, l’osmose, quoi. Planté là, fier tel un fanion au milieu du vert, Marc Bergevin se tient droit comme une tige d’acier, le sourire étincelant et l’éclat merveilleux du soleil qui se reflètent sur ses grosses lunettes de plateausard en vadrouille. «On a une meilleure attaque que l’an dernier», lance-t-il. Sauf que plus personne ne rit jaune cette fois, plus personne sauf trois gamins, en train de courir et de s’arroser allègrement à grand coups de pistolets à eau dans la poire, trois grands gamins : Price, Weber, et Tavares – fraîchement signé! Montréal est de retour du bon côté de sa bipolarité, la vente de chaises pliantes atteint des sommets inégalés, et les compagnies d’antidépresseurs mettent la clé dans la porte….

C’était pourtant écrit dans le ciel, et ça ne prenait pas la tête à Dave Morissette pour la voir venir, celle-là. Même Jean-Maurice n’a pas eu besoin de se la faire susurrer à l’oreille par le Shaman indien du Journal le Metro. Une saison de sacrifices afin de mettre la main sur John Tavares. C’était pénible, certes, mais ça en valait la rondelle. Non? On l’espère de tout cœur, simonac!

Sinon, vrai que « SEPPUKU » est défini dans mon gros dictionnaire en cuirette comme étant une description d’un « suicide cérémonial, consistant à s’éventrer l’abdomen au moyen d’une dague ou d’un couteau, initialement opéré au Japon par des membres de la classe guerrière, spécialement lorsqu’il y avait de la disgrâce dans l’air, ou sentence de mort ». Tsé, c’est exactement le mot que je cherchais en observant le dernier match de la saison du Canadien, contre les Leafs. L’organisation venait d’en prendre plein son matricule et, surtout, elle venait de faire honte à toute la province au grand complet…. pour une dernière fois.

Cette saison de misère fut un choc terrible pour toutes les cellules de mon corps. Mon cœur s’est rétréci autant que ma patiente et la quantité d’air dans mes poumons se faisait plus rare que le contenu d’une bonbonne d’oxygène abandonnée au sommet de l’Everest, les soirs de match. Et lorsque Price a finalement engendré cette fameuse bourde monumentale, à l’effet d’un coup de dague dans un cœur à priori meurtri, contre les dits Leafs, je suis tombé au sol telle une moitié de melon d’eau. Ce fut comme si Stéphane Richer venait de me frapper derrière la tête avec un bâton de baseball – y’é encore capable, vous saurez. Bref, j’ai momentanément perdu connaissance. J’étais tellement engourdi par la honte que je me suis senti tel un foutu poisson-lune japonais en chaleur – et c’est à ce moment bien précis que j’ai pensé au mot Seppuku. C’était dès lors, à mon avis, la seule façon de me sentir mieux. J’ai alors pris mon katana de Samurai.

Puis? Le téléphone a sonné. C’était le rédacteur en chef de LPR. Il appelait pour me dire qu’il croyait lui aussi dur comme la tronche de Steve Bégin que le plan du CH est de signer Tavares, et que c’est assurément plus plausible qu’on le croit. Diantre! J’ai alors empoigné ma O’keefe tablette, pris une gorgée, troqué mon katana pour un clavier poussiéreux et je me suis senti beaucoup mieux. Mahalo.

 

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