Vous vivez avec inquiétude cette crise internationale que nous subissons tous et ne savez que faire de ce tout nouveau temps libre qui vous est soudainement offert ?  

Vous en avez marre d'attendre avec circonspection cette heure des nouvelles qui vous en apprendra encore davantage sur l'unique sujet de l'heure et qui fera époque ?

Vous avez besoin de vous changer les idées,  ne serait-ce que pour continuer de respirer normalement et d'oublier un peu cette menace envahissante qui vous torture quotidiennement et qui vient ruiner toutes les sphères de votre vie normale qui s'écoulait avec tant de fluidité il n'y a pas si longtemps ?

Le virus a frappé.  Et a frappé fort.  A la Babe Ruth !

Alors il vous faut agir.

Le monde du sport se meurt.  Tout est arrêté.  Et en tant qu'observateur de la scène sportive vous vous demandez bien ce que l'avenir vous réserve.  Votre pool a été suspendu et vous ne saurez peut-être jamais comment se serait terminée la saison de hockey que vous suiviez avec tant d'assiduité et avec grande émotion.   

Comme échappatoires, certains trouvent des solutions.  Ils lisent ou acceptent de s'installer devant le téléviseur pour revisionner d'anciens matchs glorieux comme ceux de la Série du Siècle ou comme les anciennes conquêtes de la Coupe Stanley.  D'autres revoient pour la centième fois sur Youtube  le fameux match du Vendredi-Saint qui opposait les éternels rivaux Canadiens-Nordiques. Ceux-là ont toujours besoin de se nourrir à la vitamine Hockey.  Ils n'en peuvent plus d'attendre  et se créent des raisons de demeurer toujours à l'écoute de ce que le virus est venu bafouer :  la dose quotidienne de leur intérêt pour le dieu Hockey.  Je fais partie de ces mordus.

Mon addiction pour le hockey est telle que je me suis tourné vers une passion toujours actuelle mais que j'avais depuis longtemps mise de côté :  mes collections de cartes de hockey.  Depuis l'âge du petit mousse nonchalant que je n'avais pas relu l'endos souvent très instructif de mes anciens porte-bonheur.  Je m'y suis remis après avoir sorti mes albums empoussiérés de cette chambre mystérieuse que je réserve chez moi à mon Temple de la Renommée personnel, ce véritable musée qui contient et étale un peu pêle-mêle tous les artéfacts et souvenirs que j'ai réussi à rassembler pour éviter que ne meure mon enfance toute sportive.  Même ma blonde ne peut y pénétrer sans avoir droit à un regard réprobateur.  Ce lieu est sacré.

Je me suis donc engagé à revoir l'une après l'autre ces cartes sportives de toutes les années qui avaient été produites et diffusées par quelques compagnies au début, comme Parkhurst ou Topps et O Pee Chee, qui se sont depuis lors multipliées.  J'en ai des tonnes et certains guides m'ont appris qu'elles avaient de la valeur.  Pour le moment, leur véritable valeur est pour moi toute autre.  Elles me permettent de loger ces longs temps libres que m'accorde l'isolement actuel auquel je suis confiné.  Elles m'instruisent en même temps.  Je refais mes devoirs d'histoire grâce à elles.  Par exemple je réapprends,  avec toujours le même étonnement d'antan, que Bobby Hull était surnommé '' La Comète Blonde ", que Dave Keon était natif de Noranda dans le nord du Québec et que la carte-recrue de Lanny McDonald datait de 1974-75 et avait été produite tant par O Pee Chee que par Topps mais avec une valeur actuelle supérieure de la O Pee Chee en raison de sa plus grande rareté.  La même année, Borje Salming et Denis Potvin, deux parmi les plus grands défenseurs de tous les temps, apparaissaient également comme recrues-vedettes.  

Des apprentissages à s'en gaver !  Un loisir qui sait me combler !  Quelle encyclopédie je pourrais faire à partir des seules informations fournies par ces précieux petits bouts de carton que j'ai eu la prudence innocente d'avoir conservés.  Pourtant bien d'autres qui collectionnaient avec la même fougue que moi à l'époque en ont fait des claquets à bicyclettes ou des aide-allumeurs de feux de camp.   Quel dommage !  Quelle perte impardonnable !  Quel gaspille !

Aujourd'hui j'ai donc pris la décision de ne pas mourir à petits feux des attaques sournoises de l'ennemi en forme de couronne.  Mes albums étalés sur ma table de cuisine sont devenus ma planche de salut.  Si, par hasard ou par lointaine induction, il vous arrivait aussi d'avoir eu ce flair de conserver précieusement ces petites perles de savoir alors n'hésitez pas et faites comme moi....remettez-vous à l'ouvrage du bon élève qui sait revoir ses leçons.  Peut-être, de cette manière, retrouverez-vous en même temps une façon bien à vous de combattre le virus.  Je vous le recommande fortement.