Même s’il y a belle lurette, disons que son investissement dans la course à pied lui rapporte toujours aujourd’hui. Jean Joly, oui Jean Joly mais pas celui que vous croyez, fut un excellent coureur dans les années 80 avec dix marathons à son actif, trois participations à l’illustre marathon de Boston et des performances impressionnantes à son dossier.

 Qu’est-ce qui nous motivait à le rencontrer ? Le fameux Vignoble du marathonien, oui, il existe vraiment et j’ai pu me rendre compte de son immensité et surtout de la qualité du produit. Considérant que nous traversons actuellement la période des Fêtes, pourquoi ne pas alléger l’atmosphère avec un p’tit verre ?

 Âgé de 69 ans, Jean ne fait vraiment pas son âge. Le vignoble, il l’a acheté le 26 décembre 1989. Il célébrera donc un 30e anniversaire cette année. Son épouse désirait un chalet dans le but de se reposer ! Lorsqu’ils ont découvert l’endroit, 800 pommiers s’y trouvaient.

 

Ex-adepte de course à pied et marathonien, Jean Joly est le propriétaire du Vignoble du marathonien.

 

Ingénieur de formation, Jean a œuvré durant 32 ans à Hydro Québec. Il adorait le vin. Il en fabriquait même à la maison. Un jour, il s’est réveillé pour constater qu’il se faisait arnaquer sur la qualité des raisins qui provenaient de la Californie.

 Toutefois, il traversera sa période de course à pied avant d’acheter son futur vignoble. À partir de 1982, il amorce un entraînement dans le but de courir un marathon. Sous la tutelle de Jean-Yves Cloutier avec les Vainqueurs, il progresse rapidement. Il court le marathon de Montréal à sept reprises où il obtient son meilleur temps à vie, 2h55. Il parvient également à se rendre à Boston durant trois années consécutives, de 1987 à 1989, récoltant des temps de 2h58 à deux reprises et 3h11.

 La question lui est posée régulièrement, pratiquement par tous les clients. Pourquoi ce nom de Vignoble du marathonien ? « C’est une question symbolique. Je me suis aperçu que pour avoir du succès dans le milieu des vins, il fallait de l’endurance, de la persévérance, de la volonté et un brin de folie. Voilà exactement les mêmes critères que pour réussir à courir un marathon », me confiait-il dans la cuisine de la résidence familiale.

 

Membre des Vainqueurs à l'époque,  Jean Joly a participé au marathon de Boston à trois reprises.

 

Grâce à la venue de deux connaisseurs d’origine française, Jean Joly et les membres de sa famille ont immédiatement adopté la bonne tangente.  La réussite est actuellement évidente. « Nous avons décroché jusqu’à présent un total de 147 prix Or et je ne calcule même pas les mentions d’argent au fil de toutes ces années. D’ailleurs, nous venons tout juste de recevoir le 1er prix pour le meilleur vin dessert à l’échelle canadienne », explique avec fierté le père de quatre enfants, trois garçons et une fille.

 Représentent-ils la relève du vignoble ? À cette question, Jean fronce les sourcils et grimace légèrement. « Au moment où on se parle, j’ai deux ingénieurs, un informaticien et une comptable, tous diplômés de l’université. Tu conviendras avec moi que les chances sont très minces. Il y a peut-être mon gendre qui provient de la Suisse qui démontre un certain intérêt mais encore là, je le laisse dans sa réflexion. »

 Jean Joly s’implique énormément. Il occupe la présidence du conseil des vins d’appellation du Québec depuis quelques années car il n’accepte pas la tricherie dans ce milieu, même si elle peut-être encore présente malgré une surveillance accrue et des critères de qualité qui se resserrent de plus en plus.

 

Pour un friand de course à pied, une visite s'impose à Havelock.

 

Ce dernier se dit des plus satisfaits de la reconnaissance que les vignerons reçoivent de la part du gouvernement du Québec, ce qui n’était vraiment pas le cas lorsqu’il a décidé de se lancer dans cette grande aventure. Son implication et surtout son souci de produire un vin de qualité l’ont poussé à donner de son temps auprès des intervenants.

 Alors qu’il faisait un beau -17 Celsius à l’extérieur au moment de notre entretien à Havelock, il fut question du réchauffement de la planète, un phénomène qui favorise les producteurs de vin. « Assurément, existe cet aspect négatif au réchauffement de la planète mais pour nous, le fait que la température augmente, c’est excellent pour la production, la preuve qu’il y a toujours un côté positif pour compenser le négatif ».

 Lorsque je suis arrivé au vignoble, plusieurs minutes avant le rendez-vous, j’ai pu constater M. Joly à l’œuvre malgré le vent et le froid sibérien. « Je ne cours plus aujourd’hui à cause de deux hernies discales mais je peux t’assurer que je dois marcher régulièrement à chaque jour », et cela même s’il pèse quarante livres de plus que du temps où il chaussait ses espadrilles !

 

Santé à toutes les coureuses et à tous les coureurs ! Que la prochaine année soit remplie de bonheur et d’agrément dans le merveilleux monde de la course à pied. Bonne et heureuse Année 2020 !

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