Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis notre dernière rencontre. Partis jadis de chez-lui sur le Plateau, nous étions allés courir au parc Lafontaine à Montréal par une journée d’été, ensoleillée, chaude et humide.

 Il adorait courir. Il découvrait ce sport et me confiait à l’époque que le fait de s’évader de la sorte lui procurait énormément de bien mentalement et physiquement. Il en ressentait même le besoin d’enfiler régulièrement ses souliers de course à pied. Or, depuis ce temps, la vie de Simon a subi plusieurs transformations.

 Tomber en amour avec une fille qui réside à New York exige de nombreux déplacements. Puis, les contrats sont apparus en masse et dans ce milieu, il devient préférable de ne rien refuser lorsque la manne s’abat.

 

Simon-Olivier, le fameux Joker dans le Bye Bye 2019.

 

Travaillant, consciencieux, il les a tous acceptés. En plus du fameux Bye Bye, Simon en avait plein les bras. Cette période intense l’a mis KO avec des nuits de sommeil de trois à quatre heures. On se doute bien que la course à pied a pris toute une dégringolade dans l’échelle de ses priorités. Il a donc abandonné bien malgré lui.

 Lors de notre entretien, il y a quelques jours, il commençait à remonter la pente. Tout sourire, il semblait heureux de me revoir et surtout, tenait absolument à lire mon livre, 100 marathons plus tard… avec le cancer ! La dédicace devenait alors indispensable. C’est avec un immense plaisir que nous nous sommes revus. Une belle rencontre d’une heure qui nous a permis de faire le point de chaque côté.

 Bien sûr, il a voulu en savoir sur mon cancer mais je vous dirais qu’il m’a questionné davantage sur cette aventure des 100 marathons avec des questions diversifiées, pertinentes, allant de la longueur de mes entraînements à ce que je peux manger la veille et le matin d’un marathon.

 

Il sait que la course à pied l'aide beaucoup dans son travail. Il m'a assuré qu'il recommencerait.

 

Captivé par mes répliques et mes explications, je sentais qu’il ne lui en manque pas beaucoup pour rallumer cette flamme qui s’est éteinte faute de temps.

 La plus grande distance que Simon ait courue jusqu’à présent est 18km. « Au dessus de 15km, je commence à me demander pourquoi je cours ? C’est comme si je ne ressentais pas le besoin d’explorer davantage. »

 Il se dit fasciné par mes marathons et pour lui, déjà en courir un seul dans une vie s’avère un accomplissement digne de mention.

 « Mon équipement n’est pas tellement loin. Lorsque j’aurai fait le plein d’énergie à 100%, je vais recommencer car je suis certain que le goût de m’entraîner reviendra. Je vais t’informer. Cependant, je veux être prêt pour être confortable. »

 

Les nuits de sommeil complètes ont été rares dans son cas au cours des derniers mois.

 

Alors que le téléphone ne cessait de sonner, je me rendais compte de son intensité. « C’est drôle mais je pense que j’aime ça des gars intenses », lui ai-je confié, en lui montrant Maxim sur la page couverture du livre.

 J’aime surtout les qualités humaines de certains êtres humains et Simon-Olivier Fecteau s’ajoute à cette liste déjà bien garnie. Je voue le plus grand respect à ce type de personnes car il devient primordial dans ma vie d’être entouré par elles.

 Disons qu’il s’agit presque d’un besoin essentiel !