Vingt quatre heure à peine après leur décevante défaite en finale de conférence aux mains des Broncos de Denver, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont frappé fort en congédiant leur entraîneur de la ligne à l’attaque des deux dernières années Dave DeGuglielmo. A peine deux jours plus tard, les Patriots ont annoncé le congédiement de leur responsable du conditionnement physique Harold Nash.

Après un début de saison prometteur, les Patriots se sont effondrés en fin de saison (fiche de 3 victoires et 5 défaites à leurs 8 derniers matchs séries éliminatoires incluses).  En congédiant DeGuglielmo et Nash, Belichick identifie clairement les blessures et les ennuis éprouvés par la ligne à l'attaque comme les deux éléments qui ont causé la chute de son équipe.

Mentionnons que DeGuglielmo avait été nommé à son poste avant le début de la saison 2014 en remplacement de Dante Scarnecchia (une légende dans l’univers des Patriots, il était à l’emploi de l’équipe depuis plus de 30 ans). Scarnecchia occupait le poste d’entraîneur de la ligne à l’attaque depuis 1999. Nash, de son côté, occupait la fonction d’entraîneur du conditionnement physique depuis 2010 (il était à l’emploi de l’équipe depuis 2005).

La décision de congédier Deguglielmo est particulièrement surprenante car il n’est pas dans les habitudes des Patriots de congédier leurs entraîneurs de position. Néanmoins, et même s’il s’avère toujours regrettable de voir un individu perdre son emploi, cette décision s’avérait nécessaire dans ces circonstances.

En deux saisons à peine, la ligne à l’attaque, autrefois considérée comme un point fort, est devenue le maillon faible de l’équipe.

Depuis l’arrivée en poste de DeGuglielmo, au début de la saison 2014, le rendement de la ligne à l’attaque des Patriots n’a cessé de se dégrader.

Dès le début de la saison 2014, la ligne à l’attaque a montré de sérieux ratés. La situation s’est cependant replacée en fin de saison et la ligne offensive a fait un travail adéquat lors de la conquête du Super Bowl 49, mais la situation est demeurée fragile jusqu’à la fin.

En 2015, la situation s’est rapidement détériorée. Au sol, les Patriots ont maintenu une moyenne d’à peine 3.7 verges par courses pour l’ensemble de la saison (une moyenne inférieure à 4.0 verges par courses doit être considérée comme faible). Cette moyenne a chuté à 2.6 verges par courses durant les séries éliminatoires. Le jeu au sol était inefficace à un point tel que les Patriots l’ont simplement abandonné en séries (ils n’ont couru que 31 fois sur un total de 129 jeux offensifs ce qui illustre le manque de confiance des entraîneurs dans cette facette du jeu).

Dans les situations de passes, la ligne à l’attaque n’a pas mieux performé concédant 38 sacs du quart durant la saison, ce qui est trop.

Les nombreuses blessures expliquent une partie du problème, mais ça ne justifie pas tout. Le manque de communication et les erreurs d’exécutions étaient visibles et nombreuses. À titre d’exemple, il n’était pas rare de voir un joueur de ligne défensive se présenter dans le champ arrière des Patriots sans même avoir été bloqué, ce qui est inacceptable.

Ce n’est pas le talent qui est en question ici, mais bien le manque de cohésion et les problèmes d’exécution. Il était de plus en plus clair que DeGuglielmo n’était malheureusement pas l’homme de la situation.

La pauvre performance de la ligne offensive des Patriots en finale de conférence n’a sans doute pas aidé la cause de DeGuglielmo, mais la décision de le congédier avait probablement déjà été prise avant le début des séries.

En finale de conférence, contre les Broncos de Denver, Tom brady s’est fait frapper à 23 reprises, une statistique qui rappelle les performances de la ligne offensive des Texans de Houston au temps de David Carr!!! Ceux qui allèguent que Brady n’aime pas se faire frapper auront noté qu’il a démontré beaucoup de cran dans la défaite en orchestrant une ultime remontée malgré tout.

Bien sûr, il serait injuste de faire porter l’odieux de la défaite uniquement sur la contre-performance de la ligne à l’attaque. Certaines décisions de Belichick ont contribué largement à cet échec. Mais il n’en demeure pas moins que la domination du front défensif des Broncos était évidente.

Cette contre-performance en finale de conférence a probablement précipité la chute de DeGuglielmo, mais, à mon avis, ses jours étaient déjà comptés avant même le début des séries.

C’est probablement lors de la 17e et dernière semaine de la saison que DeGuglielmo a obtenu son ultime chance de sauver son emploi. En première demie de l’affrontement contre les Dolphins, les Patriots ont appelé 21 jeux de course contre seulement 5 jeux de passes. Le message était assez clair : Belichick a donné 21 opportunités à sa ligne à l’attaque d’ouvrir des corridors de courses, mais ce n’est jamais arrivé. Pas une seule fois, la ligne à l’attaque n’a été en mesure d’ouvrir une brèche. Pour l’ensemble du match, les Patriots n’ont gagné que 70 verges pour une moyenne de 2.6 verges par courses.

On peut facilement imaginer que, même si Belichcik n’était pas heureux de la situation, une organisation sérieuse ne congédiera pas un entraîneur juste avant le début des séries. Par contre on peut aisément présumer que la décision de Belichick était déjà prise à ce moment.

Des critiques pour Belichick

Certains journalistes, Skyp Bayless du réseau ESPN en tête, ont reproché à Bill Belichik d’avoir congédié Deguglielmo afin de lui faire porter l’odieux de la défaite contre les Broncos et de détourner l’attention des mauvaises décisions que lui-même a pris pendant le match.

Avec respect, je ne souscris pas à cette théorie.

S’il y a une chose qu’on peut dire de Bill Belichik, c’est qu’il n’est pas le genre d’individu à se soucier de l’opinion des médias. Dans ce contexte, il m’apparaît peu vraissemblable que Belichik aurait congédié son entraîneur de la ligne à l’attaque dans une opération de relation publique visant à sauvegarder son image.

Perspectives d’avenir pour les Patriots

Plusieurs partisans et même certains experts sous-estiment grandement l’importance des lignes de mêlées dans le football des séries. Il s’agit d’une grave erreur.

En ce sens, l’édition 2015 des Patriots n’avait pas les attributs d’une équipe championne parce que la ligne à l’attaque, même si elle compte sur un bon niveau de talent, éprouvait trop de problèmes.

La bonne nouvelle par contre c’est que si la ligne à l’attaque retrouve un niveau de jeu adéquat, les Patriots possèdent les attributs d’une équipe capable de compétitionner pour le Super Bowl. La défense, menée par les deux jeunes secondeurs étoiles Jamie Collins et Dont'a Hightower est solide, Tom Brady fait toujours parti de l’élite de la ligue, la tertiaire a effacé les doutes qu’on avait à son sujet et les joueurs d’habilités, menés par Rob Gronkowski et Julian Edelman sont solides.

Reste à retrouver une ligne à l’attaque capable de protéger le quart arrière et d’ouvrir des corridors de course pour les porteurs de ballon.

Le fait que DeGuglielmo était un « produit » local a joué en sa faveur lors de son embauche.

Je trouvais intéressant de faire ce commentaire car il n’y a pas qu’à Montréal ou on a tendance à favoriser les individus qui proviennent du milieu.

DeGuglielmo est natif de Cambridge au Massachusetts. Il a grandi en admirant les Patriots et est un fan de longue date de l’équipe. Robert Kraft (propriétaire de l’équipe) a mentionné, lors de son embauche, que cet élément avait joué en sa faveur.

Il est normal pour une organisation de porter une attention particulière au talent local. Par contre, il faut toujours garder en mémoire qu’une organisation qui veut gagner des championnats doit d’abord et avant tout rechercher les meilleurs candidats. Alors jusqu’à quel point doit-on tenir compte du facteur « local » dans le processus d’embauche d’un candidat?

Vous voyez bien qu’il n’y a pas qu’à Montréal ou on se pose ce genre de questions.

Les Patriots congédient aussi leur responsable du conditionnement physique

Harold Nash, responsable du conditionnement physique, occupait cette fonction avec les Patriots depuis 2010. Il était à l’emploi de l’équipe depuis 2005.

Les Patriots ont connu une avalanche de blessures sans précédant cette saison. Pour vous donner un aperçu, seulement deux joueurs (Tom Brady et Malcom Butler) ont pu occuper leur poste de partant du début à la fin de la saison. Ça illustre assez bien les ennuis des Patriots au niveau des blessures. Même dans un sport ou les blessures sont nombreuses comme au football, ça représente une situation anormale.

Sans servir d’excuse pour les ennuis de l’équipe en fin de saison, il était important que Belichick prenne les mesures pour ne plus que ce type de situation se reproduise dans l’avenir.

Comme d’habitude, tous vos commentaires sont les bienvenus sur cette page.