Il y a parfois des mots, des phrases qui retiennent votre attention car ils sont vrais, authentiques et reflètent tellement la vie.

 Je n’avais d’ailleurs jamais vu ou lu des réflexions sur la course à pied publiées sur les réseaux sociaux qui ont suscité autant de réactions.

 Tout récemment, cette intervention de Pierre Lemaire m’a subjugué. Saisi, je me disais qu’il fallait nécessairement que je communique avec la personne dans le but de partager son rayonnement. Or, cette fois-ci, je ne pouvais le rencontrer, fidèle à mes habitudes,  puisqu’il réside à Colmar en France et est natif de Nancy. Je lui ai alors écrit. Je me suis présenté et je lui ai dit que j’aimerais étaler ces analyses au travers un texte. J’espérais vraiment qu’il considère cette proposition.

 

Pierre Lemaire, un adepte de la course à pied qui a dit les vraies affaires.

 

Trente minutes plus tard, le contact était établi à ma grande stupéfaction et mon immense plaisir.  « Aucun souci, faits toi plaisir », m’a-t-il répondu.

 Alors, je vous offre cette intervention, qui à mon avis, traduit admirablement bien l’ensemble des pensées parmi les adeptes de course à pied.

 « Vous aussi vous connaissez sans doute cela... avoir à vous justifier sur pourquoi vous courez autant, ou sur pourquoi vous courez tout court...

 

Ce fameux matin embrumé.

 

Et bien, j’ai mis les choses au clair hier. Alors oui, j’ai 20ans, je suis étudiant, je ne sors pas en boîte et je ne bois pas/peu d’alcool. On me rabâche souvent que je dois profiter de ma jeunesse, de mes années d’études... Mais pour ces personnes, « profiter » quoi ? Aller en soirée tous les jeudi soirs, se bourrer dès que l’occasion se présente ? Pour moi ce n’est pas ça !!!! Pour moi c’est courir, seul, pendant des heures, parfois sous la pluie, dans le froid, dans la neige, parfois de nuit, mais heureusement, souvent sous le soleil... Mais pourquoi me direz-vous ?

Êtes vous déjà parti seul, avec votre sac à dos, sans forcément savoir où vous alliez, partir sous le soleil et après 2 heures, se retrouver sous la nuit ? Partir alors qu’il pleut des cordes ? Alors qu’il fait -10degrés ? Ou au contraire, 30degrés ?

Faite- le, ne serait-ce qu’une fois !!! Sortez de votre zone de confort !!!
C’est certain, ce n’est pas facile tous les jours et cela demande des sacrifices !!! Il y a des sorties mémorables, d’autres que l’on préfère oublier. Il y a des sorties de pur plaisir, d’autres de pure souffrance. Il y a des sourires, des larmes, des performances, des chutes, des records, des blessures, mais tout cela fait partie du job, et tout cela fait la beauté du Trail

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Il a vraiment compris l'essence même de notre vie sur terre.

 

On me demande souvent « pourquoi tu cours autant ?
Tout simplement parce que j’aime ça. Tout simplement parce que même si je me mets dans le rouge lors d’une sortie, ça me fait du bien ensuite. Tout simplement parce que j’en ai besoin. Le Trail et la course à pied en général sont devenus pour moi plus qu’une passion, plus qu’un sport, mais un mode de vie. »

 Hey ! Vous ne trouvez pas qu’il vise droit sur la cible ?

 Puis, je me suis mis à feuilleter sa page. Voilà ce que j’ai déniché : « Pour ma Saint-Valentin à moi, j’ai eu droit ce matin à la plus belle des surprises. Alors que je ne m’y attendais pas du tout, mes petites chéries m’ont rejoint au dodo pour un réveil en amoureux. J’ai vraiment beaucoup de chance de les avoir. »

 

Son cadeau.... pour la Saint-Valentin !

 

Pour accompagner ce texte, il fallait le voir, couché dans son lit, avec deux paires de souliers de course à ses côtés !

 Un peu plus loin, une autre petite coquille a retenu mon attention : « J’étais parti courir pour me libérer de ces pensées embrumées et j’me suis retrouvé la tête dans les nuages. Ça fait du bien malgré tout. » Et sur la photo rattachée à cette pensée, on le voit, les bras en croix, regardant droit devant, un paysage brumeux.

 Kinder comme on le surnomme, a suscité de nombreux commentaires par ces prises de conscience et l’impact en général fut incroyable. Quand on considère son jeune âge, on se demande comment il a pu faire pour raisonner de cette façon.

 

Quand on me demande pourquoi, je ne sais pas trop quoi répondre. J'ai juste envie de dire parce qu'il y a 100 ans, c'est moi qui serait parti, parce qu'il y a 100 ans, j'aurais donné ma vie.

 

Pierre a vraiment réalisé les bienfaits physiques et psychologiques que procure la course à pied. À 20 ans, il arrive à porter des analyses aussi justes que profondes. Imaginez lorsqu’il atteindra la quarantaine ou la cinquantaine. À mon avis, il dispose d’un avenir florissant.

 S’il peut réfléchir de la sorte actuellement envers la course à pied, imaginez comment il pourra le faire dans la vie de tous les jours.