J’ai malheureusement un amour pour les Tigers de Détroit. Je suis conscient que je ne devrais pas m’attacher à une équipe qui n’a pas gagné la Série mondiale depuis 1984. Par contre, n’oublions pas que les félins de la ville des automobiles ont remporté le championnat de la Ligue américaine en 2012 et la division en 2014.

Dans un article datant du 12 mars 2019, Cody Stavenhagen de The Athletic, nous apprenait que Ron Gardenhire, le gérant des Tigers de Détroit, n’allait pas dévoiler son alignement avant la fin de la du camp printanier. Trois matches séparent maintenant la Ligue des pamplemousses.

Où en sommes-nous chez les Tigers?

Et bien, après une première victoire de 2-0 contre les Blue Jays de Toronto signé Jordan Zimmerman, ils ont échappé les deux autres affrontements. Rien ne nous laisse croire qu’aujourd’hui (31 mars), pour la dernière confrontation entre ces deux équipes, les choses vont se replacer. Autre fait triste pour Détroit, Matt Boyd, le lanceur partant du deuxième match semblait en contrôle en accordant cinq coups sûrs en autant de manches. De plus, le gaucher de l’état de Washington a réussi à renvoyer 10 frappeurs sur des prises. Que sait-il passé pour que le résultat au tableau affiche 6-0 à la fin de la 9e manche? Matt Shoemaker a anéanti l’attaque des Tigers en lançant 7 manches tout en concédant seulement 2 coups sûrs. La relève de Javy Guerra a cloué le bec des gros chats. Aucun coup sûr et deux retraits au bâton. Hier, le 30 mars, l’attaque des Tigers a été blanchie pour une deuxième journée consécutive.

Ouf. Et nous parlons des Blue Jays, une équipe en reconstruction. Que va-t-il se passer lorsque la troupe de Ron Gardenhire va se mesurer aux Red Sox, Astros, Yankees, Phillies, Braves, etc. Ça risque d’être gênant.

Ce n’est peut-être pas pour rien que la plupart des analystes placent les représentants de la ville du rock dans le troisième sous-sol à côté des sacs de chaux. Qu’à cela ne tienne! J’ose espérer qu’ils seront en mesure de garder, au moins, leur troisième place dans la Centrale. La question demeure, avec un départ boiteux d’une victoire et deux défaites contre Toronto, comment diable vont-ils y arriver?

Miguel Cabrera. Peut-il à lui seul désarmer la défensive adverse ? Bien sûr que non. Il peut, s’il fait attention à son bras gauche, peut-être envoyer une vingtaine de balles de l’autre de la clôture. Qui sait, peut-être que le Vénézuélien qui aura 36 ans en avril va vouloir rattraper la saison de misère de l’an passé, lui qui a seulement joué 38 parties et frappé 3 circuits. On souhaite que les cinq années de contrat deviennent rentables pour le nouveau gérant Ron Gardenhire. On espère qu’il cogne au moins pour .320.

JaCoby Jones. Bon, malheureusement pour lui, une entorse à l’épaule gauche le force à s’absenter de la compétition. On souhaite un prompt rétablissement! Malgré tout, lorsqu’il reviendra sur les pelouses de la MLB, s’il y a quelqu’un dans l’alignement qui doit avoir hâte de voir ses statistiques, c’est bien Jones. Tout d’abord, il risque de vouloir baisser son taux de retraits sur prises. L’an dernier, on parlait de 30,4 %. D’un autre côté, l’Américain de 26 ans reste capable de frapper et il assure au champ centre.

Toutefois, derrière, ça pousse. Le jeune Daz Cameron a connu un camp d’entraînement pour le moins satisfaisant pour la direction des Tigers. Pensez à son circuit solo contre les Yankees ou son plongeon pour attraper la balle de Mickey Moniak. Évidemment, ce n’est pas assez pour soutirer le poste à Jones, mais dans tous les cas, la bataille s’annonce intrigante à ce poste. Peut-être que le jeune de 22 ans va vouloir quitter l’Ohio pour le Michigan rapidement? En attendant, c’est Mikie Mahtook et Niko Goodrum qui ont patrouillé dans le champ centre.

Nicholas Castellanos peut également contribuer à l’attaque. L’an dernier, le Floridien de 27 ans a claqué 23 circuits en 620 présences au bâton pour 89 points produits. Tout comme Jones, il devra réduire ses allers simples vers l’abri des joueurs avec 151 retraits sur prises. On lui souhaite une moyenne au bâton d’au moins .300.

On ne fait pas une équipe de baseball avec trois joueurs. Il demeure sans doute plusieurs pièces au casse-tête que les Tigers devront trouver pour obtenir un fini impeccable, mais la confiance doit régner pour les prochaines années. Plusieurs jeunes restent dans les parages. On pense à Grayson Greiner, Jeimer Candelario, Christin Stewart et bien sûr Daz Cameron. Est-ce que ces joueurs vont tous devenir de prochaines vedettes de la MLB ? Bien sûr que non! Mais si Détroit peut se stabiliser et espérer atteindre les séries dans les prochaines années. Ce sera toujours bien ça de gagné!

Bien que la rotation de lanceurs ne sera pas dans les meilleures de la ligne et qu’aujourd’hui, le baseball reste un sport qui se porte vers l’attaque, les partants risquent d’en voir de toute sorte de couleur. N’en demeure pas moins qu’il y a quelques bons bras au sein de l’organisation. Matt Boyd, malgré une première présence douteuse, peut espérer d’aller chercher une moyenne de points mérités autour de 4,50, Spencer Turnbull, en 15 manches en camp printanier a obtenu une moyenne de 1,80. Ce n’est rien 15 manches, mais il faut bien s’accrocher à quelque chose! Probablement qu’après la saison, on risque plutôt de voir quelque chose près du 5,50. En espérant que Jordan Zimmermann sorte une bonne saison, lui qui aura 33 ans en mai. La relève demeure chancelante et les Tigers n’ont tout de même pas un Andrew Miller, un Dellin Betances ou un Craig Kimbrel comme closer. La bonne nouvelle, c’est que Kimbrel n’a pas encore d’équipe, ne serait-ce pas formidable de le voir penché à 90 degrés sur le monticule en attendant les instructions de Grayson Greiner. Ça mettrait sans doute de la vie au Comerica Park. Enfin, nous pouvons bien rêver! Chose certaine, l’attaque devra produire pour compenser les points alloués.

Avec tout ça, une petite troisième place dans la Centrale, pas plus, pas moins apparaîtrait comme une réussite pour l’équipe qui est, à l’imagine de sa ville hôte, en reconstruction. Oui, il y aurait une sensation de stagnation, mais dans celle-ci, le prédateur se prépare.