Pourquoi les Packers de Green Bay ne gagnent pas plus souvent avec Aaron Rodgers? Les analystes américains disent que Rodgers a besoin notamment d’un autre entraîneur-chef, d’une meilleure défensive et d’un meilleur personnel de joueurs en attaque. Pourtant, s’il est le même quart-arrière que ses supporteurs ont placé sur piédestal, il devrait gagner malgré les lacunes des Packers. C’est la marque des grands. N’oublions jamais que l’équipe parfaite n’existe pas.

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Les grands athlètes surmontent les obstacles. Ils produisent malgré l’adversité. Alors qu’Aaron Rodgers éprouve toutes sortes de difficultés depuis plusieurs années à mener son équipe à la terre promise, la fascination médiatique à son égard ne cesse de croître.

Proclamé par la sphère médiatique américaine comme étant le meilleur de sa génération à sa position, le quart-arrière des Packers est loin de livrer la marchandise. Il y a deux ans, NESN affichait sur son site web un article https://www.foxsports.com/nfl/story/green-bay-packers-aaron-rodgers-clutch-nfc-championship-stat-012217 qui en dit long sur la carrière d’Aaron Rodgers. L’article indiquait que Rodgers présentait un dossier de 0-35 en carrière alors que son équipe tirait de l’arrière par deux points ou plus au début du 4e quart face à des formations avec un dossier gagnant au moment du match. Depuis, deux autres scénarios identiques s’y sont ajoutés (0-37). Le réseau Fox abordait ce dossier suite à la défaite des Packers contre les Patriots il y a quelques semaines. Et en carrière il est revenu de l’arrière à deux occasions alors que son équipe accusait un retard d’un seul point face à des adversaires similaires. Les Packers présentent un dossier 0-6 sur la route jusqu’ici en 2018. L’équipe n’a gagné qu’un seul de ses dix derniers matchs à l’étranger.

Les excuses sont toutefois nombreuses pour limiter la critique envers celui qui, selon plusieurs analystes et animateurs, est supérieur à Tom Brady. Mais à l’inverse de son rival, Rodgers a été incapable au fil des ans de produire sur une base régulière malgré l’adversité. Les Patriots se sont rendus au Super Bowl alors que Tom Brady était privé de Rob Gronkowski (2015), et Julian Edelman (2017). Le quart-arrière de la Nouvelle-Angleterre a été en mesure également de propulser les Patriots au Super Bowl en 2017, malgré la 30e défensive contre la passe! Prenons maintenant John Elway. L’ancien quart-arrière a été en mesure d’amener les Broncos de Denver trois fois au Super Bowl dans les années 80’, avec une attaque au sol qui laissait à désirer. Peyton Manning a réussi à qualifier les Colts à deux reprises pour le Super Bowl malgré des lacunes en défensive.

Cette année, la défensive des Packers a réussi 36 sacks du quart-arrière (3e dans la ligue), et est 9e contre le jeu aérien. Donc l’excuse des lacunes défensives ne devrait pas être mentionnée. Mais certains commentateurs trouvent le moyen de le faire. On trouve également que Rodgers évolue pour un entraîneur-chef (Mike Mccarthy) qui manque d’imagination. Ses supporteurs affirment aussi qu’il doit composer avec un groupe de receveurs de passes sous la moyenne, et qu’il doit constamment esquiver les ailiers défensifs en raison d’une ligne à l’attaque poreuse. Pourtant, selon le site web de Pro Football Focus, ce n’était pas le cas en début de saison https://www.profootballfocus.com/news/pro-nfl-offensive-line-rankings-all-32-teams-units-entering-2018

Alors, est-ce qu’Aaron Rodgers est surévalué? En terme de capacité athlétiques, absolument pas. Il démontre des qualités hors du commun. Mais son incapacité à faire face à l’adversité est une énorme tache noire à son dossier. Et est-ce possible que ce traitement médiatique à l’endroit de Rodgers vient du fait que de nombreux membres des médias ne peuvent accepter le succès de son plus grand rival, Tom Brady? Il s’agit d’une question fascinante qu’on pourra aborder dans une autre chronique.