Cet ancien du Lightning était un personnage énigmatique qui, selon les experts, aurait pu en donner beaucoup plus durant sa carrière dans la LNH...

Les joueurs de hockey professionnel aiment bien faire la fête. Normal, puisque leur métier ( car bien qu’en pensent les puristes, c’est bel et bien un métier! ) en est souvent un accompagné d’une bonne dose de pression.

Les voyages, les attentes de l’équipe, la vie de famille, les blessures…sont tous des facteurs qui peuvent avoir une influence marquée sur le bonheur d’un joueur professionnel. Sans compter les potentiels traumatismes liés à l’enfance, au passé, etc…

Pour d’autres, le problème est très différent. Grandir dans un pays avec des conditions difficiles est une rude épreuve à traverser dans une vie, et ce, pour toutes sortes de raisons familiales et politiques, mais aussi parfois pour des raisons sportives.

Après l’arrivée massive de russes dans la LNH, on pouvait d’ores et déjà voir de ces joueurs faire la fête encore et encore, et se désintéresser graduellement de leur carrière de hockeyeur.

On peut penser à Sandis Ozolinsh (bien que Letton, Ozolinsh a vécu le régime soviétique…), ou encore à l’ancien ailier des Flames, German Titov. Selon ce qu’en dit Theoren Fleury dans son livre ‘’Playing With Fire’’, Titov avait été dans l’armée en URSS et avait la bouteille facile…

Mais aujourd’hui, c’est un Tchécoslovaque qui est à l’honneur. Ancien des Wings et des Oilers, cet ailier droit était reconnu comme un marqueur de 30 buts et plus à ses meilleures années. Les Oilers étaient allés le chercher à la fin des années ’80 (avec Joe Murphy et Adam Graves…pas mal!) pour ajouter du punch à une attaque déjà bien fournie avec les Jari Kurri, Mark Messier, Glenn Anderson, Esa Tikkanen et Craig Simpson, pour ne nommer que ceux-là…



_Ce joueur, qui a commencé sa carrière dans la LNH en 1985 avec Détroit, portait justement le numéro 85 pour représenter l‘année de son arrivée en Amérique du Nord._

À 20 ans, Petr Klima devient le premier joueur Tchèque à faire défection pour joindre directement une équipe américaine de la LNH. Il semblait aimer avoir du plaisir et a vite développé un lourd penchant pour la bouteille.

On le reconnaissait aussi comme peu travaillant, malgré 32, 30, et 37 buts à ses trois premières saisons dans la LNH. Durant ses premières années, l’ailier Tchèque aimait beaucoup faire la fête avec un certain Bob Probert.

Il a manqué de ponctualité à quelques reprises, a eu des démêlées avec la justice et il s’est mis dans l’embarras face à l’organisation des Red Wings…

‘’ Bob et moi avions des problèmes d’alcool et de drogue. Nous n’arrêtions pas de faire la fête. ‘’ avait-il dit à un journaliste d’Edmonton en 2010.

Il a été arrêté à deux reprises pour conduite en état d’ébriété dans la région de Détroit en 1988, et les Wings l’ont retourné réfléchir dans la Ligue Américaine pendant quelques matchs. Lorsqu’il est revenu, il s’est excusé à ses coéquipiers pour avoir erré et il fut accepté à nouveau. Il s’est quelque peu replacé, contrairement à Probert, qui a continué de s’enliser.

Malgré tout, les Wings échangent Joe Murphy, Jeff Sharples, Adam Graves et Klima aux Oilers contre Jimmy Caron et Kevin McClelland en Mars 1989. L’ailier Tchèque est chanceux, puisqu’il gagnera la Coupe Stanley en 1990 avec des Oilers surprenants…

Il n’a pas eu d’autres problèmes avec la justice par la suite et tout semble indiquer qu’il se serait repris en main. Il a joué pour Pittsburgh, Los Angeles, Tampa Bay, et effectué de courts retours à Edmonton et Détroit avant de se retirer de la LNH à l’issue de la saison 1998–99.

Il a par contre continué d’être joueur réputé comme étant paresseux, comme le mentionnait en 1997 le journaliste du Edmonton Sun, Terry Jones…

‘’ Petr Klima a 32 ans. Cela fait douze ans qu’il est dans la LNH et je ne l’ai jamais vu suer! ‘’

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LA FINALE DE 1990

Une petite anecdote sur la réputation de Klima pour vous laisser…

Le Tchèque était plus ou moins utilisé en séries cette année-là avec Edmonton, puisque le style très physique des séries semblait le dépasser. Lors du match numéro un de la série finale à Boston, le match s’est rendu en deuxième prolongation…

À un certain moment, Glen Sather a regardé les joueurs sur son banc…ils étaient tous fatigués. Mais jusque là, il avait résisté à l’envie d’utiliser le paresseux et peu fiable défensivement Klima. Mais voilà, avec toute son équipe à bout de souffle, Sather se résigne à envoyer le numéro 85 dans la mêlée. Bien lui en fasse, puisque le jeune Tchèque aux jambes fraîches est venu compter le but gagnant pour lancer son équipe en avant 1–0 dans la série.

Les Oilers l’ont finalement emporté en cinq petits matchs, leur seule Coupe sans Wayne Gretzky à ce jour…un match passé au bout du banc ne se sera jamais aussi bien terminé!



_Klima avec ses fils jumeaux, Kevin et Kelly._

Aujourd’hui âgé de 47 ans, Petr Klima habite toujours la région de Détroit. Ses deux fils jumeaux jouent au hockey…pour l’équipe des Red Wings au niveau Pee-Wee.

Malgré quelques ratés, l’ancien numéro 85 des Wings aura connu une carrière enviable dans la LNH, et il est un père fier de ses enfants. Au moins, cette histoire ne se sera pas mal terminé au bout du compte…

Bonne journée, lecteurs du GC!

_*Vous pouvez cliquer les liens ci-dessous pour lire les précédents billets de ma chronique…*_

Craig MacTavish

Rob Ramage