Sa réputation n’est plus à faire dans le monde des communications au Québec.

 Christian Gauthier court depuis son enfance. Muni de bases humaines des plus solides, difficile à ébranler et surtout, il garde ses idées. Convaincu, il fonce droit devant.

 Tout commence avec le club des Milles à l’école, un groupe basé sur la confiance et l’honnêteté. Il se souvient de son chandail qu’on lui avait remis après ses 50 premiers milles ! Franco-Ontarien, originaire d’Orléans dans la région d’Ottawa, il vit au Québec depuis 26 ans.

 Il se dirigeait allégrement vers la profession d’enseignant en éducation physique mais tout a basculé en 1988. La radio le fascinait. Après un cours spécialisé dans le milieu, ce fut le départ pour une carrière florissante. En 1989, il a travaillé pour Laurier Roy, l’oncle de Gildor à CFCL. Puis, de 1990 à 1992, il se retrouve à CKCH à Hull. Par la suite, il passera le reste de sa carrière à CKAC avant d’acheter l'entreprise Agence de Communication Lanaudière inc..

 

Christian anime régulièrement les galas de boxe.

 

Durant plusieurs années, il a animé l’émission des Amateurs de sports en compagnie de Michel Bergeron et œuvré pour LCN à la télé. On le retrouve comme annonceur dans trois Jeux olympiques et pour les sept dernières coupe Grey et cela, peu importe la ville où la finale se déroule. Il revient d’un voyage en Russie l'été dernier où on a fait appel à sa voix lors de la Coupe du monde de soccer. Sans oublier son animation pour de nombreux combats de boxe.

 « Je suis un gars qui fait confiance à la vie. Je ne mourrai pas en me disant : J’aurais donc du !

 Il aime retourner à Orléans pour voir ses parents mais également courir. Il fait le tour de son patelin dont une visite au cimetière. Fascinant, il a travaillé durant six ans pour une entreprise funéraire à Montréal qui fournissait les services dans ce milieu. « Durant un cours à l’université, il y avait une dépouille sur une table, alors que l’on voyait les organes. Plusieurs démontraient de l’inconfort. Moi, ça ne me dérangeait aucunement. J’aime les cimetières, regarder les pierres tombales. Tu sais, le tiret que l’on retrouve après les dates de naissance, cela représente notre vie et on ignore quand une date remplacera ce tiret. J’ai réalisé rapidement l’importance de vivre. »

 

À l'été 2018,  Christian a eu le privilège de travailler lors de la Coupe du monde de soccer en Russie.

 

À raison de cinq à six fois par semaine, il enfile ses souliers de course pour des distances variant entre 7 et 10 kilomètres. « J’y recherche l’équilibre et les courses organisées ne m’intéressent pas. Je me retrouve avec des gens durant toute la journée. J’ai besoin de ce moment isolé. Tu ne demandes pas à un facteur de prendre une marche après une journée de travail ! »

 Christian sait très bien que ce qu’il détient aujourd’hui, il ne l’aura peut-être pas demain. Sa philosophie se détache de l’ensemble des adeptes. « Je cours pour entendre le silence, les oiseaux, le craquement de la neige sous mes pieds, sans apparence, ni gadget. Dans mon esprit, il n’y a jamais : Il faut que je le fasse mais plutôt,  j’ai envie de le faire. Je ne détiens aucune technique. J’écoute mon corps. Je m’évade et je me détends. »

 Après 36 ans de course à pied, il devient irritable quand il doit traverser une séquence sans courir. Âgé de 53 ans, il n’a jamais fumé, aucune blessure et maladie, une caractéristique qu’il a probablement héritée de son père Rolland, 81 ans, qui fut pompier à Ottawa pendant 40 ans et qui d’après plusieurs, disposait du talent nécessaire pour évoluer dans la LNH.  Puis, il a sorti ce commentaire qui est venu me chercher. « La plupart du temps quand je cours, je me surprends à remercier Dieu, la vie, le cosmos, l’univers, appelle ça comme tu veux. Je rends grâce. J’ai l’usage de mes deux jambes, un cœur en santé, une dynamique. La santé, voilà une richesse extraordinaire qu’il faut absolument reconnaître. »

 

La course à pied permet à Christian une évasion dont il a vraiment besoin.

 

Courir dans la solitude chasse la pression que lui occasionne son métier. Même si j’ai tenté à maintes reprises de l’inviter à courir une distance à l’intérieur d’un événement, il a refusé immédiatement. « Je n’ai rien à prouver à personne. Je ne me suis jamais préoccupé ou envié les autres. Jeune, j’avais le goût d’écouter de la musique country alors que la plupart aimait le rock et je le faisais », explique le père de Vickie, 26 ans et Rose, 19 ans.

 Il se dit maniaque de musique. Lors de son passage dans le milieu funéraire, il fut appelé à assister à de nombreuses funérailles où il a découvert ce qu’il qualifie de belle musique. Par conséquent, on le retrouve avec la chorale Vox Luminosa à titre de président du conseil d’administration, une troupe qui fait de la musique sacrée et classique.

 Le décès de sa grand-mère qu’il considérait comme une 2e mère, lui a permis de comprendre qu’il pouvait traverser des épreuves dans la vie. « Je sais que là où elle est rendue, elle est bien. Si jamais un jour, j’ai à faire un deuil de la course à pied, ce qui serait épouvantable pour moi, je saurai m’adapter. »

 

Christian possède une grande gratitude envers la vie.

 

Christian a lu le livre d’Eben Alexander où il est question du passage de ce dernier dans l’au-delà avant de revenir sur terre. « Ce livre a changé ma vie. Si la mort est vraiment ce qu’il raconte, ça ne me fait pas peur. »

 Je lui ai dit combien j’appréciais l’entendre parler de son côté humain, de sa gratitude envers la vie. « Les gens restent gênés de dévoiler cette facette en eux et je ne comprends pas pourquoi. »

 Est-ce que je vous ai dit qu’au salon funéraire, il conduisait le corbillard !