Alors Kawhi Leonard a tourné le dos à l’offre des Raptors. L’attaquant ira poursuivre sa carrière à Los Angeles. Les Clippers montreront d’ailleurs un tout autre visage à compter de cet automne avec le joueur le plus utile de la dernière finale dans leur alignement. Ils ont acquis aussi Paul George, du Thunder d’Oklahoma City. Les Raptors auront eux aussi un autre visage. Mais si les Clippers seront parmi les équipes à surveiller pour atteindre la finale de l’Ouest, la réalité risque d’être bien différente à Toronto.

 

Une utopie

Quel sera l’effet du départ de Leonard vers la Californie? L’effet sera dévastateur pour la franchise torontoise. Une équipe ne peut perdre un tel talent sans s’en ressentir. C’est bien beau le travail d’équipe, mais la présence d’un joueur aussi efficace que Kawhi Leonard est primordiale lorsqu’une équipe veut gagner un championnat. C’est utopique de penser que les Raptors, qui ont remporté 58 matchs en saison régulière en 2018-19, pourront présenter le même rendement sans Leonard. Et pour ceux et celles qui disent que l’équipe a récolté plus de victoires sans ses services la saison précédente oublient qu’il y avait un dénommé DeMar Derozan dans l’alignement. Les Raptors entameront la défense de leur titre en octobre sans ces deux joueurs.

L’importance d’un tel joueur

La présence de Kawhi Leonard est encore plus vitale qu’on pourrait le penser. Il y a certes les points marqués. Il a terminé la saison régulière avec une moyenne de 26,6 points par match, un record personnel. Il est vrai qu’il n’a disputé que 60 parties. Mais le reste de l’équipe s’est regroupé lors de ses absences pour engranger des victoires. Et c’est là qu’il faut faire attention dans notre analyse. C’est une chose d’attendre le retour d’un joueur vedette, mais s’en est une autre de vivre sans ce joueur. C’est la réalité qui attend l’équipe de Nick Nurse dans quelques mois.

 

L’importance de Leonard était palpable de la première à la dernière minute de ses présences sur le terrain. Il n’avait aucunement besoin de toucher au ballon pour se rendre utile. C’est grâce à lui si ses coéquipiers pouvaient bénéficier de plus de latitude. À maintes reprises, Pascal Siakam, qui a connu sa meilleure saison en carrière, avait le champ libre vers le panier. La double couverture sur Leonard lui donnait automatiquement plus d’espace pour manœuvrer. Même chose pour Marc Gasol. Fred VanVleet a lui aussi profité de la présence de Kawhi Leonard pour connaître la meilleure saison de sa jeune carrière. Pour ce qui est de Kyle Lowry, le meneur de jeu n’a jamais distribué le ballon avec autant de succès qu’en 2018-19. Ses 8,7 assistances par match son un sommet personnel.

Que va-t-il arriver?

À quoi ressemblera la saison 2019-20 des Raptors? Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils seront exclus des séries éliminatoires. Il y a quand même des joueurs qui peuvent en donner. Mais le calendrier régulier sera beaucoup plus ardu. Alors que des membres des médias de Toronto ont profité des éliminatoires pour élever Pascal Siakam au rang des meilleurs jeunes joueurs de ligue, la prochaine campagne pourrait être synonyme de réveil pénible. Les défensives adverses auront l’attaquant de 25 ans à l’œil. L’absence de Leonard fera en sorte qu’il pourrait se retrouver à son tour avec deux joueurs à ses trousses. Comment réagira-t-il?

Si les Raptors sont en difficultés en janvier prochain, il y en a qui seront tentés de dire que la direction a ce qu’elle mérite suite à l’aventure Kawhi. Mais la chose que ces personnes oublieront c’est le titre remporté par les Raptors en juin dernier. Le but en 2018-19 était de gagner. Mission  accomplie. Maintenant, la vie se poursuit.