Personne n’y croyait. Ils ont su confondre les experts. C’est une belle histoire, on en fera surement un film. Cependant, pour le bien de la Ligue Nationale de Hockey, le parcours des Golden Knights doit se conclure incessamment.

Qu’ils aillent fait les séries est en soi merveilleux. Qu’ils terminent au premier rang de leur division est phénoménal. Qu’ils balaient leur adversaire en première ronde était un scénario inimaginable. De se rendre dans le carré d’as de la ligue est irréel. C’est bien beau tout cela, or, à mon sens, l’image de la ligue en prendra un coup plus les succès de l’équipe continueront.

Jamais dans l’histoire du sport professionnel, une équipe d’expansion aura eu un tel succès. Il est implicite de mentionner que les premières années d’une telle concession sont toujours plus difficiles. La preuve, lors du repêchage d’expansion, le directeur général de l’équipe, George McPhee, a sélectionné des joueurs plus facilement échangeables dans l’immédiat (Alexei Emelin) ou encore des joueurs qu’il aurait pu échanger à la date limite des transactions (James Neal) dans le but précis d’accumuler des choix de repêchage lors des encans amateurs. Pourquoi me direz-vous ? Parce que Vegas eux-mêmes ne pensait connaître autant de succès. Ils voulaient être compétitif dans un avenir rapproché. Le plan était transparent. Ils allaient être vendeur à la date limite des transactions et parler parmi les premiers à Dallas les 22 et 23 juin prochain. Là est la preuve que la ligue s’est gourré.

En ce moment, ça semble facile est compétitif dans la Ligue Nationale. Ça semble facile gagner. La LNH s’est fourvoyé en encadrant mal son repêchage d’expansion. Vegas se retrouve donc avec quatre deuxièmes trios et trois deuxièmes paires de défenseurs. Elle dispose en plus d’un coussin important sous le plafond salarial. Vegas fait mal paraître les autres dirigeants de la ligue qui avaient à faire des choix déchirants afin de protéger tel ou tel joueur. Parlez en aux Blue Jackets de Columbus et un certain William Karlsson ou encore aux Wild du Minnesota avec Alex Tuch. Ces équipes étaient prise à la gorge avec les clauses de non-échanges (Ottawa avec Phaneuf) ou encore victime de leur trop bon repêchage et développement (Anaheim avec Shea Theodore). Combien de fois a-t-on dit que la présence à la défensive de Marc Méthot a cruellement manquée au Sens ?

Les hautes sphères de la ligue ont sous-estimé les règles. D’un œil externe, soit ils ont l’air d’avoir voulu privilégier l’équipe du Nevada afin de s’assurer que le marché fonctionne, soit ils ont l’air incompétent.

D’ailleurs, comme la vie est toujours une question d’équilibre, qu’adviendra-t-il lorsque l’équipe connaîtra des difficultés ? Les attentes sont trop élevées en ce moment. Est-ce que les partisans sauront être patient, seront au rendez-vous ? Aimeront-ils autant leur équipe, même dans la défaite lorsque le buzz sera terminé ?

Chose certaine, les règles se devront d’être différentes pour la 32e équipe. Le commissaire ayant déjà mentionné que les règles resteront les mêmes, il sera intéressant de voir si les franchises aux quatre coins de l’Amérique ne feront pas lobby pour que le processus soit différent. De la façon que le tout se déroule dans l’immédiat, il est d’ores et déjà convenu que la prochaine équipe d’expansion compétitionnera pour la Coupe à sa première année. Les futurs partisans vont se dire qu’ils auront la même chose qu’avec les Golden Knights. La gestion des attentes sera trop élevée.

En somme, il est anormal, et dans une certaine mesure injuste, qu’une équipe de première année aille l’avantage sur des équipes qui ont fait des choix éclairés sur du long terme et respecté un plan établi. Que d’autres aillent vendu à leurs partisans que l’équipe allait connaître des années difficiles, or qu’un jour ces insuccès deviendront des succès et que les partisans aillent accepté ce fait, au nom de l’espoir de victoires. Voilà le contraste flagrant avec l’équipe contre laquelle les Knights luttent en finale d’association, les Jets de Winnipeg qui sont le plus bel exemple de ce processus.

La vie est une question de travail et d’effort. De dur labeur et de sacrifice. Ce n’est pas ce que Vegas a connu. On leur a tout donné.