Après avoir été repêché par les Lions de Détroit et de retour de la guerre, Virgil Wagner se présenta à Montréal en 1946, pour la saison initiale des Alouettes. Il s’installa alors dans leur champ arrière. Il ne mit pas de temps à s’illustrer au sein d’une équipe qui partait de loin, allant même jusqu’à se mériter le titre de meilleur pointeur de la ligue, à égalité avec la légende des Argonauts, Joe Krol. À cette époque, peu de statistiques étaient compilées, mais les points comptés en était une. Cette année-là, Wagner compta 65 points, alors que les touchés valaient à ce moment cinq points.

L’année suivante, non seulement il gagna le championnat des pointeurs (seul cette fois), mais il se mérita aussi le Trophée Jeff-Russel, remis à ce moment au meilleur joueur du Big Four (ce qui est aujourd’hui la division est de la LCF).

Il remporta à nouveau le championnat des pointeurs en 1948 et en 1949 et demeure encore aujourd’hui le seul joueur à se mériter ce titre quatre années de suite. Il fut évidemment choisi sur l’équipe d’étoiles lors de ces quatre années.

L’année fut également marquée par la première présence des Alouettes à la finale de la Coupe Grey. Aidé par les deux touchés de Wagner et la présence du quart Frank Filchock, les Zoiseaux se méritèrent un premier titre, 28–15, face aux Stampeders.

Wagner demeura ensuite avec l’équipe, qui connut une période plus creuse au début des années 1950. Par contre, l’arrivée de Sam Etcheverry, Red O’Quinn et Hal Patterson permit à l’équipe de non seulement rebondir, mais de devenir une puissance. En 1954, les Alouettes se rendirent à la finale de la Coupe Grey contre les Eskimos. Faisant figure de favori, Montréal dut s’incliner sur un jeu controversé. Chuck Hunsinger commit un revirement que Jackie Parker (voir texte du 2 mars 2013) retourna sur 90 verges. C’est ainsi que se termina la carrière de joueur Wagner, puisqu’il prit sa retraite. À ce moment, ses 79 touchés représentaient un record de la ligue.

Il alla par la suite travailler pour le gouvernement américain.

Le 10 octobre 1955, les Alouettes retirèrent son numéro 78 en même temps que le 56 de son coéquipier Herb Trawick (voir texte du 29 décembre 2012), un autre membre de l’édition originale des Alouettes. Par contre, ce fait est tombé dans l’oubli lors de la dissolution de l’équipe en 1987. Lorsque le club revint en 1996, on passa outre à la référence du retrait du numéro de Wagner.

Ce n’est qu’en 2012, que l’omission fut corrigée, suite à des démarches entreprises par sa famille auprès de l’équipe. On peut maintenant voir la référence au 78 de Wagner au Stade Percival-Molson. (Maintenant, si seulement les Canadiens pouvaient corriger le même oubli qui a été fait pour le 4 d’Aurèle Joliat… voir texte du 11 décembre 2013) Décédé en 1997, il n’a toutefois pas pu en être témoin lui-même.

Il a par contre pu être de son vivant témoin de son intronisation au Temple de la Renommée du Football Canadien, en 1980.

Sources: “Playing the Field: A Day for Virg and Herb” de Dink Carroll, 11 0ctobre 1955, Montreal Gazette, p.22, “Wagner elected to Hall” 14 juin 1980, Canadian Press, Montreal Gazette, p.88, “Calvillo et Whitaker en osmose” d’Olivier Arbour-Masse, 6 juillet 2012, (radio-canada.ca), cfhof.ca, cflapedia.com, thecanadianencyclopedia.com.