Il n’est pas le seul de sa classe, mais celui qui nous intéresse aujourd’hui a été suspendu ou mis à l’amende 13 fois en sept saisons avec les Bengals de Cincinnati. Maintenant avec les Raiders d’Oakland, une concession réputée pour l’agressivité de ses joueurs au fil des ans, Vontaze Burfict ne jouera plus en 2019. Les autorités de la NFL ont décidé d’agir contre le récidiviste. Burfict est un joueur salaud, qui n’a aucune considération pour l’adversaire. Malgré la gravité de son geste, l’agent de Burfict va tenter d’endormir tout le monde avec de belles paroles au cours des prochaines semaines.

La ligue réagit durement

Le plus récent incident impliquant Burfict est survenu dimanche lors du match face aux Colts, à Indianapolis. Une pénalité de 15 verges a été appelée lorsque Burfict a frappé avec son casque l’ailier rapproché Jack Doyle. Sur la séquence, Burfict a pris un élan et s’est assuré de ne pas manquer le joueur des Colts. Il a aussi été expulsé du match. Selon les officiels sur le terrain, Doyle était en position vulnérable au moment du contact. Le secondeur des Raiders a frappé intentionnellement avec son casque, se projetant comme un missile sur Doyle. C’est pourquoi que la ligue a pris la décision de le suspendre pour le reste de la saison.

Une différence à faire

Je ne veux pas passer pour un apôtre de la non-violence. J’apprécie un match physique, entre deux équipes qui se donnent à 100%. Mais il y a une différence entre jouer physique, et jouer pour blesser.

J’ai grandi en regardant le Steel Curtain des Steelers de Pittsburgh des années 70. J’ai des souvenirs des Raiders de l’époque de John Madden. Il y avait des joueurs qui frappaient de façon brutale à cette époque. Des systèmes défensifs étaient créés pour enrayer les meilleures attaques. Mel Blount, Jack Tatum, Lester Hayes, Lyle Alzado, Ronnie Lott, Lawrence Taylor et Reggie White étaient des joueurs extrêmement physiques, sans pour autant viser automatiquement la tête de leurs adversaires. De nos jours, les joueurs frappent à la tête fréquemment, avec des résultats dramatiques sur la qualité de vie de certains joueurs à la retraite.

Un sport d’une violence inouïe

Le football est un sport d’une violence inouïe. Les contacts peuvent ébranler des athlètes qui ont des statures de géants. Depuis des décennies, les joueurs sortent du terrain en piteux état. Ils reviennent, se blessent à nouveau et reprennent le collier quelques semaines plus tard. Burfict est l’un de ceux qui frappent sans discrimination, en balayant du revers de la main les effets de ses actions. Il possède un historique d’incidents similaires, de suspensions et d’amendes. https://www.si.com/nfl/2019/09/30/vontaze-burfict-suspension-history. Il est bon de souligner cependant qu’il avait déjà un comportement problématique dans les rangs collégiaux. Il n’est pas devenu un joueur vicieux en arrivant dans la NFL. Plusieurs incidents avec Arizona State confirment ce manque de discipline.

À quand des accusations criminelles?

Vontaze Burfict est au centre d’un autre incident. Mais soyons honnête ici. Ce n’est pas la première fois que les athlètes professionnels repoussent les frontières de la légalité des leurs agissements.

Sur la séquence, Doyle aurait pu y rester. Et si vous pensez que j’exagère, la séquence vidéo fait foi de tout. Lors d’un tel contact prémédité, quelques millimètres à gauche, ou à droite, peuvent faire la différence entre une blessure de quelques semaines et être cloué à un fauteuil roulant. Les autorités civiles ne se sont jamais vraiment mêlées de l’aspect physique sur un terrain de football. Faite la même chose lors d’une partie dans un parc municipal, et les forces policières vous mettrons éventuellement les menottes aux poignets.

Le côté malicieux du geste

Le football est un sport tellement violent à la base. Les joueurs peuvent s’infliger de sérieuses blessures tout en respectant les règles. Le geste de Vontaze Burfict était gratuit, tout à fait inutile et empreint de malice. Car en bout de ligne, Burfict savait très bien ce qu’il faisait. Il va clamer au cours des prochaines semaines qu’il ne voulait pas blesser son adversaire. Il pourra bien le dire, mais le geste ne laisse que très peu de place à l’interprétation tellement il est évident. Il utilisera la célèbre expression sportive part of the game pour légitimer son geste, comme si une tentative évidente d’envoyer son adversaire à l’hôpital avait sa place au football professionnel.

Les amateurs comprennent qu’il y a des blessures qui peuvent survenir dans le feu de l’action. Au football, au hockey, au basketball et dans les autres sports de contacts, les blessures sont inévitables. C’est également une réalité que les athlètes acceptent de plein gré. Mais cela ne tient plus lorsque vous faites face à un athlète qui agit pour vous mettre hors de combat de façon volontaire.

Des joueurs comme Burfict auront toujours leurs défenseurs. En mettant de côté la partisannerie, comment peut-on endosser le style d’un tel être? Est-ce que j’exagère? Après avoir été expulsé, Burfict, tout souriant, a quitté le terrain en envoyant des baisers à la foule. Avons-nous besoin d’en ajouter?

Assumer ses gestes

L’ancien joueur des Canucks de Vancouver, Todd Bertuzzi, a toujours prétendu qu’il ne voulait pas blesser Steve Moore, de l’Avalanche du Colorado. Beaucoup d’amateurs lui ont donné le bénéfice du doute au fil des ans pour cette attaque survenue le 8 mars 2004. Mais malgré son plaidoyer d’innocence, Bertuzzi est l’unique responsable de la fin de la carrière de Moore.

Vontaze Burfict n’a pas mis fin à la carrière de Jack Doyle. Mais s’il croyait agir en professionnel en le frappant de la sorte, le problème pourrait être encore plus profond. Pour Burfict, Doyle était l’ennemi qu’il fallait éliminer.