Le repêchage – à commencer par la loterie Rasmus Dahlin dont le tirage aura lieu le 28 avril à Toronto – les transactions et les embauches sur le marché des joueurs autonomes nous donneront une idée des améliorations que le Canadien apportera au niveau de la patinoire.

 

Mais bon. Ça prendra du temps.

 

D’ici là, la haute direction ne peut rester les bras croisés. Elle doit même profiter des prochaines semaines pour restructurer, renforcer, améliorer, secouer les opérations hockey.

 

Au grand dam d’une majorité de partisans, Geoff Molson a renouvelé une fois encore sa confiance en Marc Bergevin. Rendu là, on doit parler de profession de foi.

 

Le propriétaire a aussi répété ne pas avoir l’intention de se doter d’un président des opérations hockey, ou d’un président tout court pour prendre une distance nécessaire entre son bureau et celui de ses bras droits responsables du hockey et des affaires.

 

Ça demeure une erreur à mes yeux. Une erreur, parce qu’en voyant Geoff Molson et Marc Bergevin aussi complices sur la tribune du centre d’entraînement de Brossard lundi, il est permis de se demander si le propriétaire n’est pas bien trop impliqué pour imposer son autorité.

 

À en juger par la complicité qui unit les deux hommes, les erreurs de Bergevin sont cautionnées par Molson qui est impliqué dans toutes les décisions. Ça veut donc dire que les erreurs de Marc Bergevin deviennent aussi celles de Geoff Molson.

 

Quand viendra le temps de changer de directeur général, parce que oui ça arrivera un jour, comment diable le propriétaire pourra-t-il maintenir son autorité tout en haut de la pyramide et convaincre ses partenaires qu’il est toujours l’homme de la situation alors qu’il partagera le poids des échecs du complice qu’il viendra de congédier?

 

Ça n’a pas de sens. Autant sur le plan du hockey, que des affaires. Mais comme c’est Geoff Molson qui est le grand boss, la décision finale lui revient. À moins que ses partenaires n’arrivent à le faire changer d’idée. Ou à lui imposer un tel changement.

 

Carrière, Dudley bientôt mis de côté?

 

Marc Bergevin jouera donc son avenir avec le Canadien et sa réputation à titre de directeur général au cours des prochains mois. Il en est très conscient. Ça devrait l’inciter, voire le convaincre, de faire du ménage au sein de sa garde rapprochée. Selon ce que je comprends, il y aura du changement. Ou des changements.

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Les jours de Rick Dudley comme principal lieutenant de Marc Bergevin devraient être comptés. Dudley est un mercenaire du recrutement. Un gars dévoué. Il est en plus le mentor de Bergevin depuis des années. Mais il serait temps de faire appel à des yeux nouveaux. À des analyses plus actuelles. Et non, je ne fais pas ici référence aux statistiques avancées.

 

Marc Bergevin refuse d’accoler le qualificatif de « vieille école » aux manières de faire, de regarder et d’analyser de ses hommes de hockey. Mais c’est le cas.

 

Bouchard et Ducharme à Laval

 

Comme Rick Dudley, Larry Carrière qui dirige le Rocket à Laval, devrait être remercié, ou réaffecté.

 

Je remplacerais sur-le-champ Larry Carrière à la tête du Rocket par Joël Bouchard. Ancien défenseur de la LNH, ancien membre de l’organisation du Canadien puisqu’il a conclu sa carrière avec les Bulldogs à Hamilton (2007-2008) où on lui avait demandé de remplir un rôle de parrain, Bouchard est copropriétaire, directeur général et entraîneur-chef de son club junior à Blainville-Boisbriand. Il ne sera pas facile de le sortir de cette organisation qu’il a bâtie de ses mains. Mais voilà : selon des informations dignes de foi, l’Armada en arrache sur le plan financier alors qu’il se fait « voler » des clients potentiels par le Rocket. Si le Rocket fait déjà mal à l’Armada sur le plan des affaires avec des performances médiocres sur la patinoire alors que l’Armada est toujours l’un des clubs phares de la LHJMQ, qu’est-ce que ce sera lorsque le Rocket gagnera et remplira les gradins de la Place Bell?

 

Joël BouchardVoilà un argument pour courtiser Bouchard. Au lieu d’être victime de l’ascension du Rocket, pourquoi ne pas devenir celui qui orchestre cette prise de contrôle du Rocket sur la couronne nord?

 

Surtout qu’à titre de l’un des meilleurs hommes de hockey de la LHJMQ à ne pas être à l’emploi d’un club de la LNH, ce job ne serait qu’un parfait tremplin pour propulser Bouchard dans la LNH où il saura sans l’ombre d’un doute s’imposer davantage comme homme de hockey qu’il ne l’a fait comme défenseur.

 

Bouchard connaît les jeunes espoirs du Québec et des Maritimes mieux que la très grande majorité des dépisteurs amateurs des 31 clubs de la LNH.

 

Il a démontré sa vision plus globale en matière d’analyse du talent et de gestion des meilleurs joueurs d’âge junior en orchestrant le travail d’Équipe-Canada junior qui a gagné l’or lors du dernier Championnat du monde.

 

Le Canadien n’a pas le droit d’échapper un gars comme lui. Et c’est pour cette raison que je lui offrirais illico de remplacer Larry Carrière et d’étendre son expérience au développement des jeunes joueurs de l’organisation.

 

En plus Bouchard pourrait certainement aider la cause de Trevor Timmins et de ses recruteurs amateurs qui cette année, plus que jamais, n’ont pas le droit à l’erreur. Avec un choix de première ronde qui sera dans le pire des scénarios la septième sélection, avec quatre choix de deuxième ronde, trois de quatrième et dix sélections au total – si Marc Bergevin ne les échange pas afin d’obtenir du renfort immédiat – Timmins et son équipe jouent leur avenir à Montréal ce printemps.

 

Au nom de Joël Bouchard, j’ajoute tout de suite ici le nom de Dominique Ducharme à qui je donnerais le job d’entraîneur-chef du Rocket. Une coupe Memorial et une médaille d’or au Championnat du monde de hockey junior ont déjà propulsé des coachs juniors jusqu’à la LNH. Avec ses exploits en poche, Ducharme doit monter en grade. Et lui non plus, le Canadien n’a pas le droit de l’échapper.

 

Julien doit sélectionner ses adjoints

 

Quoi faire avec Sylvain Lefebvre? L’amener avec le Canadien!

 

Comment les dirigeants expliquent la saison?

Ne poussez pas de grands cris trop vite. Je sais que Lefebvre a collectionné les défaites avec bien plus de succès que les victoires depuis qu’il est entraîneur-chef du club-école. Et il est peut-être là le problème. Dans le petit monde du hockey, on reconnaît que Lefebvre n’est peut-être pas à son mieux dans un rôle d’entraîneur-chef. Mais on assure qu’il excelle à titre d’adjoint responsable des défenseurs. Il est calme. Il a connu une belle carrière. Il sait bien épauler les arrières dont il a la responsabilité. Il l’a d’ailleurs prouvé en remplissant ce rôle avec succès au Colorado entre 2009 et 2012.

 

Pour que Sylvain Lefebvre débarque derrière le banc du Canadien, deux étapes très importantes doivent d’abord être franchies : qu’une place se libère et qu’il soit le choix de Claude Julien.

 

Au terme de sa première saison complète avec le Canadien, une saison atroce de surcroît, l’occasion est parfaite pour permettre à Claude Julien de renouveler son équipe. Les adjoints qui étaient en place lors de son arrivée ont certainement des qualités. Mais après une saison et demie, il serait plus que temps que le coach compte sur «son» équipe d’adjoints.

 

Marc Bergevin procédera à une analyse complète de sa structure hockey au cours des prochains jours. Il discutera aussi avec Claude Julien des changements nécessaires à apporter au sein de son groupe de coachs.

Les meilleurs moments du bilan des dirigeants

 

D’ici à ce que les nouvelles tombent, Jean-Jacques Daigneault et Daniel Lacroix semblent les plus susceptibles d’écoper.

 

Daigneault a connu une belle carrière dans la LNH. Il a certainement de belles qualités comme adjoint responsable des défenseurs. Mais bien que les insuccès du Canadien ne soient pas uniquement de sa faute, il est temps de faire un changement.

 

Quant à Lacroix, cela fait deux ou trois ans qu’on anticipe son départ une fois la saison du Canadien terminée. Mais il revient l’automne suivant.

 

Kirk Muller? Ce gars-là a beaucoup à offrir au Canadien. Jacques Martin qui l’avait gardé comme adjoint à son arrivée à Montréal lui a d’ailleurs donné des tas de responsabilités une fois l’équipe en séries. De l’extérieur, on le sent aujourd’hui détaché. Ça doit changer. Il a trop de compétences et d’influences positives à partager avec les joueurs pour simplement donner l’impression qu’il collecte un chèque de paye.

 

Comme Muller, Daigneault et Lacroix, ont également des qualités. C’est clair. Daigneault, comme Rick Dudley, est aussi un ami intime de Marc Bergevin. Mais le directeur général ne doit pas laisser cette amitié voiler son jugement.

« Oui, jai été trop optimiste! »

 

« Je peux t’assurer que ça n’arrivera pas. J’ai des gars de confiance autour de moi. Des gars que je respecte, en qui j’ai toujours eu confiance et qui sont, oui, mes amis sans être des "yes men". D’ailleurs c’est tout le contraire. Nous avons des discussions animées lorsque vient le temps de prendre des décisions. Toutes mes décisions sont prises pour améliorer l’équipe. Alors si je me rends compte que je dois effectuer des changements au sein de la structure qui m’entoure pour le bien de l’équipe, je le ferai », m’a indiqué Marc Bergevin au terme de son point de presse de lundi.

 

En attendant les améliorations sur le plan hockey, j’ai bien hâte de voir quelle ampleur donnera Marc Bergevin aux promesses de changements qui ont été faites lundi.

 

S’il refuse de secouer ses structures, il sera bien difficile pour lui de réorienter le tir et d’enfin frapper la cible dans sa quête d’améliorer son équipe. Au lieu d’avancer le Canadien tournera en rond et s’en remettre une fois encore à Carey Price pour donner l’impression que cette petite équipe peut se battre pour une place en séries.

 

Et dans un an, on pourra conclure que l’écran de fumée érigé par les excuses, les doléances et les promesses de changements lancées en cascade lundi par Geoff Molson et Marc Bergevin n’aura finalement été que ça : un écran de fumée.