Le Canadien a bien mal amorcé la deuxième portion de son voyage des Fêtes. Il faut dire que de la façon dont il a commencé la partie, le Canadien ne méritait pas vraiment de battre les Hurricanes de la Caroline qui l’ont finalement emporté 3-1.

 

Après trois jours de congé, les joueurs du Tricolore ont convergé vers la Caroline en matinée mercredi. Certains sont partis de Montréal. D’autres de la Floride où ils ont passé quelques jours en famille. D’autres étaient allés rejoindre leurs parents ou amis ailleurs au Canada ou aux États-Unis.

 

« On joue sur les talons »

Résultat, Claude Julien n’a pu diriger d’entraînement matinal et cela a paru au cours d’une première période atroce de son équipe qui, en prime, a été frappée par une vague de grippe...

 

Rien ne fonctionnait. Rien de rien : Max Pacioretty et Alex Galchenyuk ont raté – il faut donner le crédit au gardien Cam Ward – les deux seules occasions dignes de ce nom du Tricolore au cours du premier tiers. À l’autre bout de la patinoire, Carey Price, abandonné par le reste de l’équipe, a fait ce qu’il a pu pour garder son club dans le coup en stoppant 15 des 16 tirs des Hurricanes, dont plusieurs étaient de très bonne qualité.

 

Défensivement, le Canadien n’a pas été meilleur. On a vu des joueurs d’impact comme Jonathan Drouin et Max Pacioretty bousiller des couvertures défensives, on a vu des défenseurs rater des relances qui semblaient pourtant faciles à compléter. Dans la catégorie des catastrophes, Karl Alzner a eu la très mauvaise idée de sortir une rondelle mollement par le centre. Ces deux mauvaises idées ont directement mené au but de Teuvo Teravainen à qui Justin Faulk a refilé une passe parfaite après avoir reçu la passe plus parfaite encore d’Alzner.

 

Ce jeu a miné les chances du Canadien.

 

Oui, le club est bien revenu en deuxième période. Il a même dominé les Canes. Mais en troisième, une autre des grandes lacunes du Canadien a miné ses chances de victoire alors que les spécialistes du désavantage numérique ont mal appuyé Carey Price. Très mal même. Joe Morrow et Jordie Benn avaient les mains pleines autour de Carey Price. Loin de les aider, Max Pacioretty et Phillip Danault ont mal couvert la menace et les Canes en ont profité pour tirer trois fois de suite. Après deux arrêts, Price n’a pu résister.

 

Ce but des Canes était le sixième accordé par le Canadien lors de ses 12 dernières tentatives d’écouler une pénalité mineure. Six buts en 12 désavantages. C’est périlleux comme tendance. Avec une telle statistique, on comprend d’ailleurs très facilement que le Canadien soit vulnérable comme il l’est.

 

Surtout qu’il n’arrive toujours pas à marquer à un rythme soutenu.

 

Et le Canadien n’affrontait que les Hurricanes mercredi. Contre le puissant Lightning de Tampa Bay que le Canadien croisera jeudi dans le cadre d’une séquence de deux matchs en deux soirs – l’entraînement matinal, si Claude Julien en impose un, ne pourra donc être très soutenu afin de ne pas miner l’énergie en vue du match – les spécialistes du désavantage numérique devront être bien meilleurs s’ils veulent donner une chance à leur équipe de gagner.

 

À moins que Carey Price soit parfait et/ou que le Canadien n’offre aucune attaque massive au Lightning. Ce qui serait une bien bonne idée.

 

Sans savoir si l’état-major a déjà indiqué à Price qu’il serait dans la mêlée deux fois en deux soirs, j’ai déjà offert le poste de gardien partant à Price à Tampa Bay.

 

Pourquoi?

 

Parce que face au meilleur club de la Ligue nationale, alors qu’il doit prendre tous les moyens pour conserver des chances d’accéder aux séries, le Canadien n’a pas d’autre choix que d’y aller avec son meilleur gardien, qui est du coup son meilleur joueur, encore jeudi et ensuite samedi et ensuite tous les soirs d’ici la confirmation d’une place ou d’une exclusion.

 

Le contraire serait incompréhensible.

 

Mais bon…

 

Observations en marge d’un match difficile à la veille d’un autre qui le sera davantage...

  1. Est-il temps de retourner Drouin à l’aile?
  2. Pacioretty s’enlise
  3. Hudon : une expérience à prolonger
  4. Quand Morrow joue 20 minutes…
  5. Portrait des séries

Chiffre du match : 800 – Jordan Staal ne marquera pas la LNH au niveau de son frère aîné Eric. Jamais. Mais celui qui a été sélectionné au 2e rang de la cuvée 2006 par les Penguins de Pittsburgh a atteint le plateau des 800 matchs en carrière mercredi. Il a souligné cette étape en récoltant une passe qui gonfle à 458 points (197 buts) sa récolte offensive en carrière. Staal est un bon joueur. C’est indéniable. Mais les Penguins auraient bien mieux fait de lui préférer Jonathan Toews qui est sorti tout juste derrière lui. En plus de ses trois coupes Stanley, Toews revendique 644 points (281 buts) en 752 matchs. Nicklas Backstrom (4e sélection), Phil Kessel (5e sélection), Claude Giroux (22e sélection), Milan Lucic (50e sélection) et Brad Marchand (71e sélection) auraient tous représenté des choix plus judicieux que Staal. Mais bon! Le repêchage est une science inexacte que le temps tend à rendre plus inexacte encore...

 

Est-il temps de retourner Drouin à l’aile?

 

Il était aussi clair que normal qu’il faudrait afficher de la patience, et peut-être beaucoup de patience, à l’égard de Jonathan Drouin en raison de son transfert au centre avec le Canadien.

 

Combien de temps encore faudra-t-il être patient?

 

La question vaut la peine d’être posée parce que loin de s’améliorer, les choses s’enveniment pour Drouin qui a été blanchi dans un troisième match de suite en Caroline mercredi. Il a été blanchi six fois en sept matchs depuis son retour à la suite d’une blessure dont le Canadien a caché la nature et le virus qui l’ont contraint à rater quatre parties.

 

Drouin n’affiche que 5 buts et 18 points en 32 matchs. Un dossier timide qui est noirci par un différentiel de moins-15. Le pire de tous les attaquants du Tricolore.

 

Drouin n’a rien perdu de son talent.

 

C’est d’ailleurs pour cette raison que j’aimerais voir le Canadien le libérer de son rôle de centre. J’ai l’impression que les responsabilités défensives associées à ce rôle, responsabilités que le principal intéressé n’arrive pas à remplir, minent la qualité d’ensemble de son jeu. Mine son talent.

 

Que Drouin se rende coupable de mauvaises décisions défensives passe toujours. On s’y attendait. Mais depuis quelques matchs, le poids de ces erreurs semble le ralentir offensivement. On ne le voit plus aussi à l’aise avec la rondelle. Aussi créatif. En Caroline mercredi, on aurait juré que la quête des bons jeux à effectuer en défense le tenaillait tellement qu’il multipliait les mauvaises décisions parce qu’il pensait trop au lieu de simplement laisser libre cours à son talent.

 

D’où ma prétention selon laquelle un retour à l’aile pourrait le replacer dans un environnement plus gagnant. S’il se laissait aller à faire ce qu’il sait faire de mieux, transporter la rondelle et la bien distribuer, peut-être que les dividendes seraient au rendez-vous.

 

On n’est sûr de rien. Je sais.

 

Mais de la façon dont ça va en ce moment avec Drouin au centre et Pacioretty sur sa gauche – et même Paul Byron semble avoir perdu de son efficacité en raison du fait que le premier trio patine dans la vase – je ferais d’une pierre deux coups : je séparerais Pacioretty et Drouin en j’enverrais Drouin à l’aile.

 

« Ce n'est pas de cette façon qu'on leur demande de jouer »

Qui remplacerait Drouin au centre?

 

Je lancerai plus loin le nom de Charles Hudon tout en expliquant pourquoi je lui offrirais cette fleur.

 

Mais je lance tout de suite le nom d’Alex Galchenyuk. D’ailleurs, Claude Julien l’a fait dans la portion anglophone de son point de presse après la défaite encaissée en Caroline.

 

Galchenyuk a bien joué hier. Il a écopé deux pénalités. La première était bien plus mauvaise que la deuxième qui a mené au but gagnant. Galchenyuk a aussi été coupable d’un affreux revirement en fin de match alors que son équipe tentait de niveler les chances.

 

Mais en Caroline mercredi, Galchenyuk a été impliqué.

 

Je persiste à croire qu’il est et sera toujours meilleur à l’aile qu’au centre, mais dans les circonstances actuelles, le Canadien doit secouer la léthargie offensive qui mine ses meilleurs éléments offensifs.

 

Un électrochoc est nécessaire. Et ça presse. Car encore quelques défaites associées à des victoires de clubs contre qui il se bat et le Canadien devra s’en remettre à de simples probabilités mathématiques en matière de chances d’accéder aux séries.

 

Si ce n’est pas déjà le cas.

 

Pacioretty s’enlise

 

Rien ne va plus pour Max Pacioretty. Le capitaine n’a pas marqué à ses 10 derniers matchs. Il n’affiche qu’un but à ses 19 derniers matchs.

 

Pas de doute, il est plongé dans la pire léthargie de sa carrière dans la LNH. De sa carrière point!

 

Non seulement le capitaine ne marque pas, mais il multiplie les mauvaises décisions sur la patinoire. Il veut sans doute tellement se racheter d’une quelconque façon qu’il se cale en multipliant les bourdes.

 

Après la défaite mercredi, Pacioretty a pris une part du blâme en convenant qu’il n’affichait pas assez de conviction offensive et que cette lacune le gardait, lui et ses compagnons de jeu, trop souvent en position de défense plutôt qu’en position d’attaque.

 

Quand on a demandé au capitaine si c’était le système qui provoquait cette situation ou sa façon de mettre le système en application, Pacioretty a refusé de répondre parce qu’il ne savait pas vraiment comment répondre.

 

J’ai trouvé ça intéressant.

 

S’il se sentait seul responsable, il me semble qu’il aurait été facile de l’admettre.

 

Peu importe que le capitaine ou le système soit le plus coupable, il est clair que Pacioretty doit retrouver Phillip Danault. Ça aidera le capitaine et ça aidera également Danault qui semble aussi perdu que Pacioretty depuis qu’ils ont à nouveau été séparés.

 

Un retour à la base serait peut-être salutaire…

 

Hudon : une expérience à prolonger

 

Laissé de côté lors du retour au jeu d’Artturi Lehkonen, il était clair que Charles Hudon ne serait pas gardé longtemps à l’écart du jeu.

 

Il a fallu un match ordinaire du quatrième trio – les trois gars n’ont pas si mal joué à Edmonton, bien qu’ils aient été blanchis de la feuille de pointage – pour que Hudon vienne remplacer Byron Froese au centre du 4e trio.

 

Cette première expérience au centre pour Hudon qui jouait à cette position dans les rangs juniors et un peu aussi dans la Ligue américaine a été intéressante. Vraiment. Hudon a obtenu quatre tirs, dont deux ont donné des occasions de marquer. Il a volé deux rondelles aux Canes, il a multiplié de bonnes passes à ses compagnons de jeu qui ont eux aussi été très bons en défense, volant cinq rondelles à leurs adversaires.

 

De fait, l’expérience a été si intéressante que je me demande si, en raison de tous les ennuis du Canadien au centre, si Hudon ne pourrait pas profiter d’un prolongement de cette expérience. Peut-être que l’expérience pourrait être bonifiée en offrant à Hudon (comme centre) des ailiers plus menaçants que Carr et Deslauriers.

 

Je rêve peut-être en couleurs, mais pourquoi ne pas donner à Hudon la chance de jouer avec Galchenyuk, Pacioretty ou même Drouin si on le ramenait à l’aile où il serait nettement plus à l’aise?

 

Au point où le Canadien se trouve, il me semble que toutes les expériences devraient être tentées...

 

Quand Morrow joue 20 minutes…

 

La perte de Shea Weber fait très mal au Canadien. À la ligne bleue bien sûr, mais aussi en attaque massive tout comme en désavantage numérique, on savait que Weber serait très difficile à remplacer.

 

En fait, on peut se le dire bien candidement, c’est carrément impossible avec les effectifs à la disposition du Canadien.

 

Oui, Jeff Petry a fait des petits miracles à quelques occasions. Mais parce que le vétéran est humain et qu’en plus il était amoindri par un rhume mercredi, Petry n’a pu faire de miracles en Caroline. Vrai qu’il a passé plus de 25 minutes sur la patinoire, mais la qualité de ces minutes était aussi faible que lui. Et ce n’est pas un reproche à l’endroit de Petry. De fait, je suis convaincu qu’il n’aurait pas joué autant si le reste de la brigade n’avait pas été aussi mauvaise.

 

Alzner et Benn ont fait plus de passes aux Hurricanes qu’à leurs coéquipiers. J’exagère un peu… mais à peine.

 

Brett Lernout a été meilleur que samedi à Edmonton – c’était impossible d’être pire, voire aussi mauvais – et Jakub Jerabek m’a semblé le meilleur défenseur du groupe même s’il a été le moins utilisé. Peut-être que j’ai été trop ébloui par la passe qu’il a offerte à Charles Hudon et qui s’est traduite par une très belle occasion de marquer dont le Québécois n’a pu profiter, mais j’aime le jeu de Jerabek. À tort ou à raison? Je ne sais plus.

 

Ce que je sais toutefois, c’est que si le Canadien est obligé de faire jouer Joe Morrow plus de 20 minutes, c’est qu’il est vraiment mal pris.

 

Morrow a fait plusieurs gaffes encore hier. On s’habitue vous direz. Mais je ne peux comprendre qu’il soit plus utilisé que Jerabek. Bon! En plus des erreurs habituelles, il est vrai que Morrow a réalisé deux bons jeux en défensive. Il a racheté une de ses propres erreurs en soutirant la rondelle à Jeff Skinner au terme d’un beau repli et il a volé un but à Justin Williams en assénant une solide mise en échec au vétéran qui s’apprêtait à tirer dans une cage déserte.

 

Mais pour le reste, Morrow n’a pas d’affaire sur la glace pendant 20 minutes. Du moins pas à mes yeux. Il faut qu’Alzner et Benn soient vraiment ordinaires et que Petry soit vraiment enrhumé pour en arriver là.

 

Le Canadien n’a vraiment pas mieux que Morrow à Laval?

 

Portrait des séries

 

Pendant que le Canadien continue de perdre, les Bruins continuent de gagner. De difficile, la quête de Montréal de rejoindre Boston ou Toronto au troisième rang de la division Atlantique est maintenant périlleuse.

 

Les Bruins sont deuxièmes en fait avec une récolte de 45 points en 35 matchs. Toronto affiche le même nombre de points, mais les Leafs ont disputé deux matchs de plus.

 

Le Canadien accuse donc un recul de neuf points derrière Toronto avec le même nombre de matchs de joués et Boston qui a deux matchs en mains.

 

Les trois duels Canadien-Bruins en janvier ramèneront Montréal dans la course aux séries ou minera les chances du Tricolore d’y accéder à titre de l’un des trois clubs de tête dans la division.

 

Il reste toujours les deux clubs repêchés vers qui les plus optimistes se tourneront.

 

Vrai que cette avenue pourrait sauver le Canadien. Mais attention, les Rangers et les Islanders ont des avances de huit points avec le même nombre de matchs joués.

 

Un recul de huit points ça se comble facilement. J’en conviens. L’ennui, et il est de taille, c’est qu’avant de rejoindre et de dépasser les Rangers ou les Islanders, le Canadien (36 points en 37 matchs) doit d’abord rejoindre et dépasser trois autres équipes – Philadelphie : 38 points en 36 matchs, Pittsburgh : 41 points en 38 matchs, Caroline : 41 points en 36 matchs, tout en se méfiant des Panthers de la Floride – l’adversaire du Canadien samedi – qui sont à un point du Tricolore avec un match en mains.

 

Quand je vous dis que les deux chemins susceptibles de mener le Canadien en séries sont tous les deux sinueux, abruptes et minés, c’est ça que je veux dire…

 

Une défaite qui fait très mal
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