La montée en succès a été fulgurante pour Dominique Ducharme à la barre des Canadiens. Moins de cinq mois après avoir été nommé entraîneur-chef par intérim en 2021, Ducharme a mené le navire du CH jusqu’en finale de la Coupe Stanley, avant de subir une défaite contre le Lightning. La descente aux enfers s’est toutefois produite aussi rapidement. À peine 12 mois après avoir pris les commandes de l’équipe – et sept mois après qu’on ait retiré le terme « intérim » de son titre –, Ducharme a été congédié et s’est rapidement retrouvé sans emploi.

À l’aube de la saison 2021-2022, l’été avait été court après un long parcours éliminatoire et les joueurs ont attaqué le camp d’entraînement avec un manque d’énergie flagrant. L’équipe a perdu les cinq premiers matchs de sa campagne et a été limité à seulement deux victoires dans ses dix premiers matchs.

« Nos joueurs mentalement, je les sentais cuits avant que ça commence et je crois que ça a paru. Pas sur une journée, mais sur une semaine, sur dix jours ou sur un mois », a expliqué Ducharme mercredi soir, de passage à l’Antichambre.

« J’avais eu une rencontre avec notre groupe de leadership avant que le camp commence pour leur dire que ça allait être un défi avec l’été que nous avions connu. Ce que je sentais durant le camp d’entraînement, c’est qu’une journée était bonne pour un seul des deux groupes de joueurs. Les rôles s’inversaient de jour en jour. Pendant les matchs hors-concours, on avait de la misère à être réguliers. Même si c’est normal de ne pas être à son meilleur pendant un camp, c’était difficile d’avoir deux bonnes journées consécutives. On a entrepris la saison comme ça. »

Avant le 9 février 2022, jamais Ducharme n’avait été congédié. Il avait toujours quitté ses fonctions par lui-même pour s’attaquer à de nouveaux défis et bâtir son chemin jusqu’à la LNH. Même si le coup encaissé a laissé un goût amer, Ducharme avoue qu’il se doutait que les carottes étaient cuites quand Marc Bergevin a été relevé de ses fonctions.

« Quand il y a un changement au deuxième étage, ce n’est jamais une bonne nouvelle pour un entraîneur. Dans la situation dans laquelle nous étions, c’était un début de saison qui était difficile. Je m’y attendais une fois que Marc est parti. C’est lui qui m’avait donné cette confiance. Je devenais dans une situation vulnérable », a confié Ducharme.

Si le passage de Ducharme comme entraîneur-chef des Canadiens a été court, il aura également été particulièrement riche en émotions et en expériences. Tout n’a pas été parfait, mais Ducharme retient tout de même de bons moments.

« Notre course en séries restera gravée en moi. Le match du 24 juin, qui nous a amené en finale avec le but de Lehky, je pense que les gens vont s’en souvenir. C’est quelque chose que je vais chérir. »

Pendant la dernière saison de misère, les critiques ont été vives à l’endroit de Ducharme plus souvent qu’autrement. Un des sujets chauds de son passage à Montréal aura été le rendement en-deçà des attentes de Cole Caufield.

« On en entend toujours parler. On sait de quoi les gens parlent. Quand on regarde Cole, j’aurais souhaité qu’il en marque 40. Il a eu un début difficile et j’avais souvent des discussions avec lui. Je prenais l’exemple de Jack Hughes, qui avait eu des hauts et des bas à ses débuts dans la LNH. Je lui disais que ça prenait un seul but pour repartir la machine, mais malheureusement, il l’a scoré juste après que je sois parti », a souri Ducharme.

« À chaque saison, on fait [une introspection]. Quand je suis allé en finale, on regarde avec un pas de recul pour voir ce qu’on a fait et ce qu’on aurait pu faire. Que ce soit positif ou négatif, comme entraîneur, on retourne toujours en arrière pour voir des façons de s’améliorer. »

La suite est toujours vague pour Ducharme

La prochaine étape pour Dominique Ducharme sera maintenant de se trouver un nouveau défi qui lui permettra de refaire ses classes. Ducharme ne ferme pas la porte à un retour dans la LHJMQ, comme l’a fait Alain Vigneault auparavant, mais il a d’autres idées en tête.

Le plus beau moment de la carrière de Dominique Ducharme

« Il ne faut jamais dire jamais, mais j’ai d’autres avenues que je crois pouvoir prendre. Il y a la Ligue américaine, un poste d’adjoint ou même l’Europe. Il y a beaucoup de possibilités. Ce n’est pas la première fois qu’un entraîneur vit cela. Bruce Cassidy, Mike Sullivan et Michel Therrien sont aussi passés par là. Pour un joueur, il n’y a rien de facile pour atteindre la LNH et pour un entraîneur, c’est la même chose. J’ai toujours traversé les obstacles qui se dressaient devant moi, peu importe le niveau. L’important, c’est de croire en soi et de continuer d’avancer », lance sagement Ducharme au sujet d’un futur encore flou.