Émile Bouchard, Maurice Richard, Jean Béliveau, Henri Richard et Yvan Cournoyer ont tous été dans ses souliers au cours de la glorieuse histoire des Canadiens. En devenant le 31e capitaine de la Sainte-Flanelle – et le plus jeune de l’histoire de l’organisation – Nick Suzuki était bien au fait de l’importante tâche qui se dressait devant lui. Mais même du haut de ses 23 ans, il possède un coffre à outils suffisamment garni de maturité et d’expérience pour affronter ce défi avec brio.

« C’est un honneur et suivre les traces des joueurs qui ont été capitaines avant moi, c’est certainement un grand rôle que je suis prêt à remplir. Je dois mener par l’exemple, être moi-même. On m’a confié le poste de capitaine en raison de ce que j’ai fait, je dois rester moi-même et faire les choses de la bonne manière dans le vestiaire et sur la patinoire », a confié Suzuki de passage à l’Antichambre mardi soir.

Avant d’accepter les responsabilités qui viennent avec le capitanat – une décision que Suzuki qualifie lui-même de facile à prendre –, le nouveau capitaine du Tricolore a tout de même tenu à faire les choses en bonne et due forme. Une discussion avec Shea Weber, une autre avec Martin St-Louis et des appels avec certains amis l’ont convaincu qu’il était véritablement prêt à relever ce nouveau défi.

« J’aurais pu dire à Martin le jour suivant que je voulais être capitaine, mais je voulais prendre le temps de parler avec plusieurs personnes avant. Weber a été le premier à qui j’ai parlé. Je lui ai demandé s’il croyait que j’étais prêt pour le rôle et il m’a rapidement répondu par l’affirmatif. Il est ma référence quand j’ai des questions », a humblement expliqué Suzuki.

Et de son propre aveu, quand c’est le membre du Temple de la renommée Martin St-Louis qui lui propose un titre aussi important, le processus qui s’en suit prend une saveur particulière.

« Il m’a envoyé un message pour me dire qu’il voulait me rencontrer. Nous avons eu une belle discussion au sujet de l’ambiance dans la chambre, au sujet de la réponse des joueurs depuis son arrivée. Il veut prendre le pouls de ses joueurs. Il veut apprendre à nous connaître. Avoir quelqu’un comme lui qui croit que je devrais être capitaine, c’est assez spécial pour moi. »

Avoir un homme comme St-Louis à ses côtés aide certainement à gérer toute la pression qui découlera du nouveau rôle de Suzuki avec le Tricolore. Depuis son arrivée avec les Canadiens, Suzuki a montré qu’il était un élément dont l’équipe ne pouvait pratiquement pas se passer.

« Je mets beaucoup de pression sur mes épaules, autant dans mon rôle offensif que défensif. Je veux être de toutes les situations, c’est la personne que j’ai toujours été. Je veux la confiance de Martin et être le premier centre », a ajouté Suzuki.

« Mon jeu s’est amélioré constamment. Je crois que je me suis amélioré défensivement et sur les mises au jeu. Je me présente chaque match en sachant que je peux affronter tous les joueurs de l’autre équipe. C’est le rôle que je veux. J’ai un rôle important et je veux être productif. »

Cette production future de Suzuki pourrait bien se faire aux côtés non seulement de Cole Caufield, mais aussi d’un certain Juraj Slafkovsky.

« Plusieurs partisans aimeraient nous voir sur un trio ensemble. Il devra mériter sa place dans l’alignement. Il veut s’améliorer et pour avoir joué avec lui, il est déjà excellent, c’est un gros bonhomme. Je crois qu’il complèterait bien un trio avec Cole et moi et s’il obtient sa place, ce serait très plaisant de jouer avec lui. »

Pour des jeunes comme Suzuki, Caufield et Slafkovsky, la présence de bonnes têtes de hockey est primordiale pour les guider vers le succès et maximiser leur développement. Avant d’être à la barre des Canadiens, St-Louis a vécu tous les stades comme joueur. De la Ligue américaine à un rôle de joueur étoile avec le Lightning, St-Louis s’est fait valoir plus souvent qu’à son tour pour obtenir les occasions de se mettre en vitrine. L’appréciation que vouent les joueurs du CH envers leur nouveau chef de navire ne tient certainement pas du hasard.

« Je ne crois pas que Martin a assez de crédit pour son intelligence. C’est comme s’il était sur la patinoire avec nous. Il voit des choses qu’on doit aller voir sur la tablette. Il a une intelligence inégalable et pour un joueur comme moi qui veut lire le jeu, il a tellement de bons conseils », a vanté Suzuki.

Après une saison qu’on peut qualifier de lamentable, le chemin vers la gloire semble s’annoncer encore long pour le Tricolore. Même Geoff Molson a confié au tournoi de golf des Canadiens lundi qu’il croyait que la saison 2022-2023 était la première d’un long processus. Mais pas si vite… avec la direction en place et les mouvements des derniers mois, l’avenir pourrait être rose bien plus tôt qu’anticipé.

 « Je crois que les transactions faites par Kent Hughes ont fait bouger les choses rapidement. Le processus sera beaucoup plus rapide que les gens le pensent. Nous avons beaucoup de personnes intelligentes chez les dirigeants pour prendre les décisions. Notre rôle est de jouer au hockey. »