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BROSSARD – Le 7 février, après une spectaculaire récolte de quatre points contre les Jets de Winnipeg, Jonathan Drouin était en voie de surpasser facilement tous les points de référence qu’il avait établis depuis le début de sa jeune carrière. Avec 27 matchs devant lui avant la clôture du calendrier, il n’avait besoin que de cinq buts et huit points pour établir de nouveaux sommets personnels dans ces catégories.

 

À ce moment, Drouin est tombé dans une inexplicable panne sèche. Il a été blanchi dans 23 de ces 27 matchs (en plus d’en rater un en raison d’une blessure) et a vu ses responsabilités au sein du groupe péricliter. Son temps d’utilisation est même descendu sous les dix minutes, un soir de mars en Caroline.

 

Au final, le flamboyant numéro 92 a terminé l’année avec 53 points, le même total qu’à sa dernière saison à Tampa Bay. Sans être atroces, ces statistiques ne sont pas proportionnelles à son immense talent. Quiconque le regarde jouer le réalise, ce qui explique le courroux public qu’a suscité sa triste fin de saison.

 

Drouin n’a pas cherché à se défiler pour le tiers de saison où il est disparu du radar et a dit comprendre que la qualité de son rendement soit directement associée à ses statistiques.

 

« L’intensité était là, l’effort était là, mais je pense que des fois la production à Montréal c’est un peu comme ça et ça n’a pas produit. Je suis un peu déçu », a-t-il dit au début d’une mêlée de presse d’une quinzaine de minutes.

 

« J’en ai parlé à Claude, le blâme me revient. Si j’avais bien joué, je pense que je n’aurais pas eu si peu de temps de glace. J’étais capable de comprendre ça. J’aurais peut-être eu plus de misère à 19 ou 20 ans, mais je pense que j’étais capable de comprendre la position dans laquelle l’équipe était. C’est sûr qu’il y a eu des moments de frustration mais c’était facile de les tasser avec où on était dans la course aux séries. »

 

À plusieurs reprises, Drouin a fait référence aux « 20 matchs » pour désigner sa séquence difficile, une façon habile de faire face à la musique tout en rappelant subtilement que les 60 autres n’ont vraiment pas été si terribles.

 

« Des fois, tu penses que tu es prêt, tout va bien. Pour moi, dans les premiers 60 matchs, tout allait bien, ça n’avait pas l’air de s’en aller vers ça. Et des fois, il y a des moments où  ça te frappe. Ça fait partie de la vie aussi. Encore là, je ne suis pas fier de comment ça a fini, je ne suis pas fier des résultats et je suis capable de l’assumer. Je ne cherche pas à blâmer personne pour ce qui m’est arrivé. Je cherche juste des solutions pour sortir de ça. J’ai essayé et sur la feuille de pointage ça ne sortait pas, mais je suis quand même heureux de la façon que ça a fini. »

 

Il est tentant de prendre le ton désinvolte de Drouin pour de la nonchalance ou du désintérêt, mais ce dernier semble avoir un supporteur indéfectible en la personne de Marc Bergevin. Lors de son point de presse de clôture, mardi, le directeur général du Canadien a dit ressentir de la franchise dans le repentir de son ailier étoile.

 

« Il y a une grosse différence entre le Joe qui est arrivé ici il y a deux ans et l’homme qu’il est aujourd’hui. Il a beaucoup progressé. Le fait qu’il réalise et qu’il admette qu’il aurait pu faire mieux, je crois sincèrement qu’il n’aurait pas dit ça il y a trois ou quatre ans. Le moment dans lequel il est tombé en léthargie n’était pas idéal, mais ce n’est pas comme si ça ne l’affectait pas et qu’il n’essayait pas de s’en sortir. Je sais que ça le ronge par en-dedans d’avoir terminé la saison comme il l’a fait. Je crois qu’il a appris de cette séquence et qu’il fera ce qu’il doit faire pour que ça n’arrive plus. »

 

« Le talent est important, mais parfois un joueur a besoin de changer ses habitudes, a poursuivi Bergevin. On a beau lui dire, mais tant qu’il ne le réalisera pas lui-même, il ne changera pas. Si je me fie à la rencontre qu’on a eue aujourd’hui, je crois que Joe a compris. »

 

La clé : la constance

 

Constance. Le mot est revenu dans les paroles de tous les coéquipiers de Drouin qui ont été appelés à commenter la guigne qui l’a affectée dans le dernier droit de la saison.

 

Shea Weber : « Il a quand même égalé ses records personnels, mais je crois qu’il est capable d’en faire encore plus. Il sait qu’il doit être plus constant et contribuer comme il peut le faire à chaque soir. »

 

Carey Price : « Il doit continuer de croire en lui-même. Ça arrive à tout le monde de traverser des périodes plus difficiles. Ses chiffres sont quand même loin d’avoir été mauvais. Il doit simplement essayer de fournir un effort constant. »

 

Bilan : les commentaires de Jonathan Drouin

« C’est difficile pour moi de me comparer à ce genre de joueurs, je n’ai jamais eu leur talent, mais je sais que l’une des choses les plus difficiles à apprendre, c’est la constance, ajoute Brendan Gallagher. Je viens de finir ma septième année dans la ligue et c’est encore la chose sur laquelle je travaille. Joe a été un très bon joueur pour nous pendant la majorité de la saison. Vers la fin, il serait le premier à dire qu’il aurait aimé produire davantage. Mais on voyait quand même qu’il travaillait très fort dans plusieurs de ces matchs. C’est difficile pour lui de ne pas amasser bien des points, mais il peut retenir qu’il y a d’autres manières de contribuer. Il travaillait pour aider. »

 

« La constance, je suis encore en train d’apprendre ça, a convenu Drouin lorsque son tour est venu. Ce n’est pas une année décevante pour moi. Il y a eu un bout plus difficile, mais je suis capable de comprendre mes torts et de faire en sorte de revenir plus fort l’année prochaine. Je suis encore en train d’apprendre des choses. Le jour où je n’apprendrai plus rien, je vais être déçu »

 

« Parfois, ça prend plus de temps, s’encourage Bergevin. Il n’y a pas de durée ferme. Un joueur doit traverser des épreuves pour sortir grandi de l’autre côté du tunnel et je crois que Joe est sur la bonne voie. » ​

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