Anémique une fois encore en attaque, le Canadien vient de disputer une 19e partie au cours de laquelle il s’est contenté de marquer un but ou moins. Eh oui! C’est le pire total de la LNH.

 

Incapable de profiter des trop rares bonnes occasions qu’il a créées, le Canadien s’est fait blanchir pour une septième fois déjà cette saison. C’est beaucoup, mais le CH peut dire merci aux Sénateurs d’Ottawa qui les devancent dans cette course à la médiocrité avec huit blanchissages à leurs dépens.

 

On se console comme on peut.

 

« Ce n'est pas le manque d'effort »

Tout plein de raisons expliquent pourquoi le Canadien s’est fait blanchir par les Hurricanes de la Caroline. Des Hurricanes qui sont pourtant 21es en défense dans la LNH avec une moyenne de 2,98 buts accordés par match.

 

Par où commencer?

 

Par le commencement. Par les mises en jeu. Le Canadien a gagné 10 des 48 mises en jeu disputées entre les deux clubs jeudi. S’il n’en a gagnées que 10, c’est donc dire qu’il en a perdues 38! Quand tu perds 38 mises en jeu, tu passes la majeure partie du match à tenter d’aller la récupérer au lieu d’orchestrer des sorties de zone, des poussées vers le filet adverse.

 

Quand tu n’as pas la rondelle, ça part mal. En fait, ça part en retard…

 

Pis encore, quand tu récupères la rondelle en retard et qu’en plus tu n’arrives pas à « coller » deux passes de suite, tu redonnes à répétition la rondelle à des adversaires qui n’ont qu’à dire merci.

 

Déjà qu’ils sont mauvais avec la rondelle en zone défensive, les défenseurs du Canadien ont brillé de tous leurs feux dans leur incapacité d’orchestrer des relances dignes de ce nom.

 

En quête de la rondelle après les mises en jeu, en quête de relances susceptibles de les aider à foncer vers l’adversaire avec vitesse et conviction, les attaquants du Tricolore ne se sont pas installés souvent en zone des Hurricanes jeudi. Et quand ils l’ont fait, ils se sont très rarement rendus dans l’enclave parce que les défenseurs des Canes protégeaient avec brio la zone payante. Pacioretty en avantage numérique, Deslauriers après une belle passe de Galchenyuk en période médiane et Petry en fin de match ont obtenu des occasions de l’enclave.

 

Cam Ward s’est imposé.

 

Ses coéquipiers l’ont aussi aidé en bloquant 13 tirs. Sans oublier la contribution du Canadien qui a raté la cible 15 fois…

 

Conclusion : quand tu passes plus de temps à patiner après la rondelle qu’à patiner en contrôle du disque, quand tu n’es pas capable de sortir du coin avec la rondelle et que tu n’es pas en mesure de compléter deux passes consécutives, quand tu n’es pas capable de te rendre dans l’enclave et que tes meilleures occasions se soldent par des tirs bloqués en défense ou des tirs hors cible, non seulement tu perds, mais tu te fais blanchir.

 

Le pire dans tout ça est qu’on ne peut pas vraiment reprocher aux joueurs du Tricolore un manque d’effort. Ça vous donne une idée du manque à gagner du Canadien au chapitre du talent.

Les défaites du Canadien, il faudra donc s’y faire. C’était sa 25e en temps réglementaire (31e au total) en 51 matchs. Et il y en aura d’autres. Beaucoup d’autres d’ici la fin de la saison.

 

Tant qu’à perdre, aussi bien le faire en tirant des leçons de ces parties. En multipliant les expériences. En évaluant tous les joueurs en place et ceux en qui on a encore confiance avec le club-école afin de brosser un tableau complet des forces et des faiblesses des membres de l’organisation. Afin d’identifier ceux dont on serait mieux de se débarrasser et ceux qui méritent une chance, ou une autre chance.

 

C’est pour cette raison que j’aimerais voir Charles Hudon au centre d'Alex Galchenyuk et de Jonathan Drouin. Que j’aimerais voir Scherbak, Juulsen, McCarron – pour un dernier tour de piste – à Montréal plus qu’à Laval.

 

Le Canadien ne gagnerait pas plus. Je le sais. Mais les défaites auraient des conséquences positives ne serait-ce qu’au niveau des analyses au lieu de simplement attiser la frustration des joueurs, de mousser la désillusion et la colère des partisans.

 

Mais bon…

 

Mes observations :

  1. Physique le CH? Pas vraiment!
  2. Des passes dans les patins, dans les vitres…
  3. Drouin : un autre manque de conviction
  4. Dundon courtise Raleigh

 

Chiffre du match : 31 – Max Pacioretty est le meilleur marqueur du Canadien avec ses 31 points cette saison. C’est peu. Très peu. De fait, c’est le plus faible total des 31 premiers marqueurs de leur équipe jusqu’ici cette saison. Deux défenseurs, Brent Burns – 42 points avec les Sharks de San Jose – et P.K. Subban – 38 points avec les Predators de Nashville – devancent le capitaine du Canadien…

 

Physique le CH? Pas vraiment!

 

Si vous n’avez pas vu le match et que vous jetez un coup d’œil aux statistiques de la rencontre, vous serez convaincu que le Canadien, à défaut d’avoir marqué, a joué des épaules et des hanches en raison des 54 mises en échec qu’il a assénées alors qu’il en a encaissées 21.

 

C’est un mirage.

 

Oui le Canadien a distribué plus de mises en échec qu’il en a essuyées. Mais c’est bien plus parce qu’il n’a pas eu la rondelle de la soirée en sa possession qu’en raison de l’agressivité déployée sur la glace.

 

De fait, même s’il compte 33 mises en échec de plus que les Canes, le Canadien s’est plus souvent fait sortir du jeu par ses adversaires qu’il a sorti ses adversaires du jeu. Quand on vous dit que les chiffres ne disent pas toujours la vérité, toute la vérité, juste la vérité…

 

Des passes dans les patins, dans les vitres…

 

Jordie Benn était de retour au jeu après un match de réflexion sur la galerie de presse. Lamentable mardi, à St Louis, David Schlemko l’a remplacé au purgatoire. Ça n’a rien changé. Benn n’a pas été meilleur jeudi que Schlemko mardi. De fait, Benn n’a pas été meilleur que jeudi dernier contre les mêmes Hurricanes. Lent, très lent, il a multiplié les mauvais jeux, les mauvaises passes, les mauvaises couvertures défensives.

 

Les autres n’ont pas été meilleurs. Jakub Jerabek a perdu des rondelles et des batailles.

 

Après avoir servi d’écran sur le premier but des Blues, mardi, à St Louis, Karl Alzner a récidivé jeudi en Caroline en étant incapable de déplacer Joakim Nordstrom qui était campé devant Carey Price. Le gardien du Canadien n’a donc pas vu la rondelle partir de la pointe après une autre mise en jeu perdue par Montréal, ce qui est loin de l’avoir aidé surtout qu’elle a ensuite dévié sur Daniel Carr qui était lui aussi dans la ligne de tir.

 

La très grande majorité des passes tentées par les défenseurs du Canadien ont raté la cible. Elles ont plus souvent atteint les patins au lieu d’atteindre les lames des bâtons de leurs coéquipiers. Elles ont plus souvent frappé les bandes et les baies vitrées que les joueurs qui auraient pu être visés. Résultat : les joueurs des Hurricanes ont récupéré en zone neutre autant de rondelles – peut-être plus – que les joueurs du Canadien.

 

Drouin : un autre manque de conviction

 

À l’image de ses coéquipiers, Jonathan Drouin a connu une soirée difficile en Caroline.

 

Il s’est fait manger aux cercles de mises en jeu (2 en 7 : 22 % d’efficacité). Il s’est blessé en première période en effectuant le grand écart lors d’une chute en entrée de zone des Canes. Drouin a aussi joué de malchance lorsqu’il a vu un juge de ligne bousiller une de ses rares poussées offensives alors que la rondelle s’est prise dans les patins de l’officiel à la ligne bleue des Canes. Comme il l’avait fait à St Louis mardi après qu’un tir qu’il venait de tenter ait été bloqué en défensive, Drouin a cessé de jouer après l’intervention involontaire du juge de lignes. Pourquoi arrêter de jouer?

 

Plus tard en troisième, Drouin a été l’un des témoins privilégiés du but d’assurance des Canes. Que ce soit à cause d’une mauvaise décision en zone neutre de Jakub Jerabek ou d’un manque d’anticipation défensive de Drouin, les deux joueurs – on peut ajouter Nicolas Deslauriers dans l’équation – ont été incapables de contrer Brock McGinn qui était fin seul dans l’enclave où l’a rejoint Justin Williams avec une belle passe. Pris au dépourvu sur ce but, Drouin affiche maintenant un différentiel de moins-24.

 

Dundon courtise Raleigh

 

Nouveau copropriétaire et futur propriétaire des Hurricanes, Tom Dundon courtise les amateurs de hockey de la région de Raleigh. Débarqué en Caroline, Dundon s’assure de maximiser ses chances de faire bonne première impression.

 

Il s’implique directement dans la campagne visant à ramener les amateurs au PNC Arena. Des amateurs qui ont été laissés pour compte pendant plusieurs années par un club qui ne gagnait pas souvent sur la glace et un propriétaire (Peter Karmanos fils) qui était loin de les aider à garder confiance en leur équipe.

 

Dans le cadre de leur plus longue séquence à domicile de la saison – les Canes disputaient hier le 2e d’une série de 8 matchs de suite à la maison où ils joueront 11 de leurs 12 prochaines parties – les Canes veulent attirer leur attention.

 

Leurs trois victoires de suite et leurs chances de grimper au classement et d’être au plus fort de la course aux séries sont les meilleurs éléments de mises en marché qui soient.

 

Mais Tom Dundon s’est assuré d’offrir aux amateurs présents au PNC Arena mardi, de quitter leurs sièges dans les hauteurs de l’amphithéâtre pour se rendre dans les sections inférieures. Jeudi, le nouveau proprio a moussé la vente de chandails arborant les différents logos des Hurricanes depuis qu’ils sont débarqués en Caroline sans oublier le toujours populaire chandail de leur ancien club : les Whalers de Hartford. On a d’ailleurs entendu des mesures de «Brass Bonanza» le thème associé aux Whalers pendant toutes leurs années passées au Connecticut.

 

Sur un des tableaux accrochés dans le vestiaire de son équipe, Tom Dundon a avisé ses joueurs qu’ils devaient s’attendre à être entourés de joueurs lors de leur retour au vestiaire en fin de match. Car dans un souci de rapprocher les amateurs de son équipe, Dundon offrira la possibilité aux amateurs de se rendre aux abords du tunnel emprunté par son équipe pour se rendre à la patinoire ou retraiter au vestiaire en début et fin de période.

 

Tom Dundon et les Canes devront travailler fort pour faire renaître la passion du hockey qui avait balayé le triangle de la Caroline lors de la conquête de la coupe Stanley en 2006. Mais si, en plus d’une équipe intéressante, les amateurs sont amadoués par un propriétaire plus intéressé et impliqué dans les succès de son organisation, les Hurricanes pourraient redevenir populaires en Caroline.

 

On verra…

 

Mais pour le moment, il est certainement plus attrayant d’aller encourager les Hurricanes au PNC Arena que le Canadien au Centre Bell.

 

Remarquez que le Tricolore ne peut pas mieux tomber avec ses deux matchs du week-end famille samedi contre Anaheim et dimanche contre Ottawa. Car les milliers de jeunes qui débarqueront au Centre Bell seront enjoués et impressionnés d’être sur place, peu importe le prix des billets payés par leurs parents, le prix du pop corn et des souvenirs, et les résultats sur la glace…


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ContentId(3.1262231):Canadiens : le manque d'attaque encore évident (LNH)
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