BUFFALO – À six pieds sept pouces et 230 livres, le joueur invité John Parker-Jones piquait la curiosité à son arrivée, jeudi, au tournoi des recrues à Buffalo. Dimanche, il n'était plus qu'une attraction ayant conclu cette audition en se payant un superbe but.

 

Retournons à vendredi matin lorsque le gentil géant venait d’apprendre qu’il allait jouer son premier match à cet événement.

 

Une fabuleuse fébrilité parcourait l’immense charpente de Parker-Jones en répondant aux questions du RDS.ca après l’entraînement matinal. Ça faisait longtemps qu’on avait assisté à une réaction aussi emballante d’un hockeyeur de cet âge (22 ans).

 

« C’est fou! Je ne savais pas si j’allais obtenir une telle occasion un jour, je me disais peut-être en finissant mon parcours à l’Université Windsor. C’est merveilleux, je souris sans cesse. J’essaie de tout absorber, c’est vraiment fabuleux », avait confié Parker-Jones en tremblant de joie.

 

« J’ai su, cet été, que je participerais à ce tournoi. Mais là, de savoir que je vais jouer un match, ça me semble encore surréaliste », avait-il ajouté à ce moment.

 

En soirée, le grand attaquant avait, somme toute, exposé une prestation très honnête ponctuée de quelques mises en échec et une implication dans le jeu défensif.

 

Au lendemain de cette rencontre, Parker-Jones a profité d’un entraînement de groupe et les dirigeants lui ont accordé un autre essai, dimanche. Maintenant que la nervosité était chassée, il a trouvé le moyen d’étonner bien des observateurs.

 

Ils étaient peu nombreux à s’attendre à ce que le représentant du niveau universitaire canadien marque un but de toute beauté en échappée en plus de malmener quelques opposants avec ses épaules.

 

« Je me sentais plus confortable. Au premier match, j’étais très nerveux. Je voulais m’ajuster au système. Je suis juste heureux, j’ai tout donné et j’attendrai des nouvelles », a commenté Parker-Jones après la rencontre alors qu’il espère une invitation au camp d’entraînement.

 

« Il a bien fait, il a frappé un poteau et il a compté un but. Il a joué physique aussi, c’est intéressant pour un joueur invité comme lui d’avoir du succès », a constaté l’entraîneur Jean-François Houle.

 

Parmi les rares qui croyaient en ses chances d’impressionner à Buffalo, il y avait son entraîneur à Windsor, Kevin Hamlin, qui s’était déplacé pour le voir en action dans la « cour des grands ».

 

« Je n’étais pas surpris qu’il soit invité, je trouve que son meilleur hockey se dessine à l’horizon et j’entrevois de belles choses pour lui. Bien sûr, ça ne s’achète pas d’avoir un tel physique, mais il patine plus tôt bien pour un athlète de sa stature. En fait, je crois qu’il va surprendre bien des gens », avait-il prédit la semaine dernière au téléphone.

 

« Outre son jeu physique, il retrace très habilement les rondelles libres autour du filet. Bien sûr, il affrontera des adversaires plus coriaces. Sauf que, pour un défenseur, c’est loin d’être évident de le contrer en raison de sa grande portée », a décrit Hamlin.

 

Sa longue portée lui a justement permis de provoquer le revirement qu’il a transformé en échappée en gagnant la course pour la rondelle. Parions que le gardien Kevin Mandolese a ensuite été surpris par sa feinte pour le but du revers.

 

Parker-Jones ne fabule pas, il comprend qu’il ne gravira pas les échelons du hockey professionnel en marquant des buts en échappée. D’abord et avant tout, il devra transposer sa supériorité physique dans ce calibre.

 

« Je dois être fidèle à mon jeu. Après tout, personne n’aime les gros bonhommes qui ne jouent pas un style physique. N’est-ce pas ? C’est l’une de mes forces et je ne passerai pas inaperçu dans mon premier match », avait-il promis.

 

L’ancien des Petes de Peterborough s’en faisait un devoir pour une raison fort noble.

 

« Je comprends ce que ça veut dire, je me considère privilégié et chanceux. Plusieurs bons joueurs évoluent dans le circuit universitaire canadien, celui envers lequel on manque le plus de respect. Il y a du grand talent dans cette ligue », a noté Parker-Jones.  

 

« C’était génial comme expérience. Il n’y a pas plusieurs joueurs qui reçoivent une pareille chance. Quand je patinais, je pensais à d’autres coéquipiers qui n’ont jamais reçu une invitation de la sorte », a-t-il ajouté.  

 

En voulant en savoir plus sur lui, Parker-Jones nous a expliqué pourquoi il est souvent présenté comme un défenseur (dont sur sa fiche hockeydb). Durant la plupart de son parcours, il a joué comme attaquant. À sa deuxième saison avec Peterborough, l’équipe manquait de défenseurs et il a accepté de dépanner.

 

« Je me suis bien débrouillé donc j’étais devenu un défenseur en revenant le lendemain, a-t-il expliqué en souriant. Je me suis promené un peu surtout à ma dernière saison, j’apprenais à la dernière minute où j’allais jouer. »

 

Il préfère toutefois le rôle d’attaquant étant donné que les erreurs sont moins coûteuses. Il peut donc jouer de manière plus agressive comme attaquant.

 

« Et si mon match fonctionne moins bien, je peux me reprendre en bardassant un adversaire », a précisé l’Ontarien au passage.

 

Mais ce qu’il adore surtout, c’est de « jouer avec des plus petits, je peux les mettre en valeur en leur créant de l’espace. Ça me convient très bien », a conclu Parker-Jones qui a adoré le jeu de Xavier Simoneau (cinq pieds six pouces) qui lui concède un pied de grandeur.

« J'étais très nerveux, mais j'ai tout laissé sur la glace », John Parker-Jones
« Simoneau fait bien paraître tous les joueurs »