BROSSARD – Le Canadien a continué de marteler le même clou en offrant aux joueurs un chandail orné d’un slogan « Attitude is everything » pour le lancement du camp de développement.
 
Chaque personne peut avoir son opinion sur cette stratégie puisque le Canadien s’expose de nouveau à des critiques, mais les dirigeants souhaitent vraiment inculquer ce message à leurs espoirs. Ils ont ainsi demandé à l’entraîneur adjoint, Kirk Muller, de prononcer un discours allant notamment dans ce sens.

« Le message a été clair avec Marc (Bergevin) et Geoff (Molson) en fin de saison. On veut que les jeunes aujourd’hui, même s’ils n’ont que 17-18 ans, arrivent avec une attitude positive. Kirk a très bien lancé le message, il a joué de cette manière et il est encore ici avec l’organisation. C’est de montrer la culture du Canadien qui est une dynastie, la plus grande organisation. Il y a beaucoup d’Européens qui connaissent un peu moins le hockey nord-américain », a raconté Francis Bouillon qui agit en tant qu’entraîneur au développement des joueurs pour le Tricolore.  
 
« On essaie de leur montrer le plus tôt possible ce que le Canadien veut en tant que joueur de hockey », a ajouté Bouillon en précisant qu’un montage vidéo a notamment exposé des images de Maurice Richard, Jean Béliveau et Brendan Gallagher  pour appuyer ce discours.
 
Rob Ramage, le patron de Bouillon, a abondé dans le même sens.
 
« Kirk a eu un bon discours, il a parlé de l’histoire et de la culture qu’on veut développer dans cette équipe. De cette manière, ils sont prêts quand ils arrivent à Montréal. Ça commence maintenant de devenir un Canadien de Montréal », a insisté le directeur du développement des joueurs.
 
Ramage et Bouillon ont rencontré les médias en cette journée de test médicaux au camp de développement. À l’époque de Ramage, une carrière de 1979 à 1994 dans la LNH, ces étapes n’avaient pas été créées.  
 
« On ne mettait pas les patins avant le mois d’août. Mais à voir les gars se défoncer sur le vélo pour le test VO2, je suis content que ça n’existait pas », a-t-il rigolé. 

Les espoirs du Canadien à Brossard

Cette touche d’humour est justement importante aux yeux de Ramage. Il souhaite que le plaisir demeure au rendez-vous dans l’exigeant parcours d’un joueur de hockey vers le niveau professionnel. Il remarque que la grande différence, par rapport à son époque, est le dévouement, mais il ajoute un bémol.
 
« Ils sont sérieux à propos de leur carrière. Mais, ça fait aussi partie de notre travail, car parfois, ils sont trop sérieux. Tu ne peux pas être concentré sur le hockey 24h par jour », a-t-il précisé.

C’était donc conséquent de faire découvrir la ville de Montréal aux espoirs qui sont arrivés en premier à Brossard. En effet, le Canadien a fait visiter le Centre Bell aux joueurs européens qui sont débarqués au Québec tout de suite après le repêchage du week-end dernier à Dallas et ils ont également pu déguster un repas dans le Vieux-Montréal.
 
Les plus observateurs auront remarqué que le CH a devancé la tenue de son camp de développement cette année, le premier sous la férule officielle de Ramage qui a succédé à Martin Lapointe.
 
« Pour les joueurs européens, c’était particulièrement difficile. Ils devaient retourner à la maison et revenir ensuite. Ainsi, ils sont venus directement de Dallas. C’est aussi un peu plus court comme camp, on a condensé le tout », a expliqué Ramage qui a participé à sept matchs éliminatoires avec Montréal en 1993.
 
Petite précision à ce propos, neuf des onze joueurs repêchés participeront à cette initiation. L’intrigant Alexander Romanov - en raison d’une obligation avec son équipe en KHL – et Brett Stapley ne seront pas du lot.
 
Ce camp de développement ne se lance pas dans les grandes évaluations sur la patinoire, cette étape viendra plus tard. Pour le moment, l’idée est de récolter des données physiques, médicales et sportives sur ces espoirs.
 
Lorsque les joueurs reviennent pour une deuxième année, ça permet d’établir des comparaisons intéressantes comme l’évolution présentée par Ryan Poehling, le premier choix du Canadien en 2017.
 
« Il était un enfant quand il est venu pour la première fois. Maintenant, c’est un jeune homme au niveau physique et aussi de la personnalité. C’est plaisant à voir », a noté Ramage qui est déjà frappé par la somme d’énergie qui anime le nouvel entraîneur du Rocket de Laval, Joël Bouchard.
 
Ramage et Bouillon semblent bien heureux dans leur rôle respectif. Disons que pour donner l’exemple de l’attitude, c’est difficile de se tromper avec un guerrier comme Bouillon.
 
« Oui, j’aime ça. C’est une belle continuité de carrière. Maintenant, tu partages ton expérience, ce n’est plus toi qui agit sur la patinoire. Les gars ont une belle écoute, ça ne fait pas longtemps que j’ai arrêté de jouer », a conclu Bouillon qui connaît Bouchard depuis le Midget AAA au début des années 1990.