Sommaire du match
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Le 6 novembre dernier, au Madison Square Garden, Shea Weber a été le témoin impuissant de la remontée victorieuse des Rangers aux dépens du Canadien.

 

Venu appuyer ses coéquipiers pour une escale de deux matchs dans la région de New York et surtout franchir une autre étape dans le cadre de sa longue période de remise en forme, le capitaine était loin du vestiaire, de la glace, du banc des joueurs. Il était loin de l’action.

 

Résultat : dans une situation de deux matchs en deux soirs, le Tricolore, qui avait pourtant le plein contrôle de la rencontre, a laissé filer l’avance de 3-1 dont il profitait après deux périodes pour finalement encaisser un revers de 5-3.

 

Samedi soir au Centre Bell, le Canadien a vu les Rangers réduire à deux buts l’avance de 4-0 qu’il s’était forgé en début de période médiane. Lorsque la troisième a commencé, le Canadien a su éviter le piège dans lequel il avait plongé tête première à Manhattan il y a un mois à peine. Non seulement a-t-il pris les moyens pour protéger son avance, mais Tomas Tatar a ajouté un but aux deux de Shea Weber et d’Artturi Lehkonen. La glissade a été évitée. Le Canadien a gagné stoppant ainsi sa séquence de cinq revers consécutifs.

 

L’effet Weber a joué un rôle de premier plan dans cette victoire.

 

L’effet Weber se traduit de bien des façons dans le cadre d’un match. Samedi soir, l’effet Weber s’est bien sûr traduit par les deux buts du capitaine; il s’est traduit par le fait qu’il a mitraillé la cage défendue par Alexandar Georgiev de sept tirs, dont cinq ont atteint la cible. L’effet Weber s’est aussi fait sentir par les quatre mises en échec relevées par les marqueurs officiels. Quatre mises en échec auxquelles on doit ajouter un tas de taloches et de coups de bâton frisant l’illégalité que le capitaine a distribués allégrement dans les coins de patinoire, le long des bandes et surtout autour du filet de Carey Price.

 

Quand Shea Weber décoche des tirs frappés, assène des mises en échec et distribue taloches et doubles-échecs, l’effet Weber saute aux yeux.  Il impressionne. Il mousse ses chances d’obtenir une première étoile. Première étoile que le capitaine a d’ailleurs obtenue pour une deuxième fois en deux matchs depuis son retour au jeu.

 

Une présence rassurante

 

Mais l’effet Weber c’est aussi, c’est surtout, une présence moins évidente quand on suit le match du haut de la galerie de presse, des gradins ou devant la télé.

 

L’effet Weber c’est le regard que le capitaine lance à ses coéquipiers quand l’équipe commence à jouer du moins bon hockey. C’est le calme qu’il affiche lorsque l’adversaire fait fondre une avance qui semblait pourtant bien confortable. Le calme qu’il transmet quand les autres se tournent vers lui à la recherche du renforcement positif dont ils ont besoin.

 

L’effet Weber c’est le message qu’il a livré entre la deuxième et la troisième période samedi. Un message qu’il n’avait pu livrer le 6 novembre dernier à New York avec les résultats qu’on connaît.

 

Qu’a dit Shea Weber au juste?

 

« Il a dit les bonnes choses », a simplement répliqué Tomas Tatar qui n’a pas voulu lever le voile sur le principe voulant que ce qui se dit dans le vestiaire reste dans le vestiaire.

 

Quand j’ai demandé À Carey Price de me donner la version officielle « des bonnes choses » dites par Weber, il a refusé de lever le voile lui aussi. Mais il a accepté volontiers de développer sur l’importance de l’implication de son capitaine.

 

« Shea n’a pas besoin de parler beaucoup ou de parler fort pour être compris. Quand il lance un message, les joueurs comprennent. Shea est un vrai leader. Un capitaine respecté et reconnu depuis longtemps autour de la Ligue. Il ne s’enrage pas. Il est encore moins un "cheeleader". Il rassure les autres. Il rassure quand il parle. Il rassure quand il joue. Il rassure quand il est simplement le pilier de l’équipe », a insisté Carey Price qui a signé sa huitième victoire de la saison samedi.

 

Entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien a lui aussi reconnu l’importance de l’effet Weber dans la victoire de samedi. Un effet sur lequel il n’avait pu compter à New York.

 

« C’est clair que Shea a une grosse influence au sein de notre groupe. Il impose le respect. Quand tu as une équipe jeune, il faut apprendre à gagner. Lors de notre dernier match à New York, on s’est mis à prendre des mauvaises décisions en troisième période. On s’est mis à jouer sur les talons. Ce soir, nous avons indiqué au groupe que même si nous étions en avant par deux buts qu’il fallait que la troisième période soit notre meilleure du match. Il fallait qu’on reste sur la pointe des pieds. C’est ce qu’on a fait. Et c’est évident que la présence de Shea a joué un rôle positif », a conclu Claude Julien.

 

Le sourire de la victoire

 

Shea Weber avait le sourire facile dans le vestiaire après le match. Un sourire associé à ses deux buts?

 

« C’est le sourire de victoire », a précisé le capitaine qui était bien content d’avoir pu contribuer à calmer ses coéquipiers entre la deuxième et la troisième période.

 

« On a très bien amorcé la deuxième, mais on s’est perdu en deuxième portion. L’entracte nous a permis de reprendre notre souffle et surtout de souligner l’importance de reprendre le contrôle du match. Quand les choses se mettent à glisser comme c’est arrivé en fin de deuxième, on le sent sur la glace. On le sent sur le banc. L’entracte est donc arrivé à point. Nous en avions besoin et cela nous a aidés à freiner la glissade amorcée en deuxième. »

 

Satisfait de l’aplomb démontré par son équipe au dernier tiers, Weber était bien sûr heureux d’avoir contribué offensivement avec ses deux buts.

 

Le premier était un but typique de Weber. Un but marqué sur un tir frappé de la pointe. Un tir sur réception qui a déjoué le gardien des Rangers même s’il n’avait pas la puissance habituelle des tirs de Weber. « J’ai profité du fait qu’il y avait beaucoup de circulation devant le but », a indiqué le capitaine.

 

Sur son deuxième, Weber a mystifié tout le monde – il s’est même surpris lui-même – en filant en échappée après avoir été rejoint par Tomas Tatar en zone neutre. Il a déjoué le gardien des Rangers avec un très bon tir des poignets que Georgiev a tenté de capter avec la mitaine. Mais la mitaine a bougé longtemps après que la rondelle soit passée.

 

« Sans savoir le temps exact, je savais qu’il en restait peu. J’ai foncé au centre en criant pour la rondelle. Tomas va sans doute vous dire qu’il avait tout planifié, mais il m’a admis avoir simplement tiré la rondelle du revers au centre en espérant qu’elle rejoigne un coéquipier. Je n’ai pas l’habitude de me retrouver en échappée et j’ai simplement tiré », a expliqué Weber dont le sourire accroché à son visage après ce but a été remarqué aux quatre coins du Centre Bell.

 

« Peut-être que les coaches devraient songer à Shea lors de la prochaine séance de tirs de barrage », a d’ailleurs souligné Tomas Tatar qui, en passant, a reconnu avoir joué de chance sur le deuxième but de son capitaine.

 

Quant au sourire, Weber l’a ainsi expliqué. « J’étais bien sûr content d’avoir marqué. Surtout en fin de période et de la façon dont le jeu s’est déroulé. Ce n’est que mon deuxième match, mais pour le moment je suis très content de la façon dont les choses vont. J’espère que ça va durer », qui a passé tout près de 24 minutes sur la patinoire samedi.

 

Ah oui! Weber a aussi souri lorsqu’on lui a demandé comment il faisait pour s’en tirer aussi souvent sans pénalité alors qu’il frise autant la légalité. Le capitaine n’a pas voulu admettre que certains vétérans, comme lui, profitent d’un brin de complicité de la part des arbitres qui se montrent bien plus sévères, disons à l’endroit de joueurs comme Andrew Shaw. « Vous savez que je peux difficilement répondre à cette question. Je fais, je trouve les arbitres trop sévères à mon endroit… »

 

Dans une première situation de deux matchs en deux jours, il sera intéressant de voir si Claude Julien utilisera autant son capitaine qu’à ses deux premières parties.

 

En bref

 

  • À son premier match à la gauche de Shea Weber, Brett Kulak a offert une performance solide. Bien qu’il n’ait joué que quatre secondes en attaque massive et deux secondes en désavantage numérique, Kulak a été le seul défenseur à accompagner Weber (23:59) audelà de la barrière des 20 minutes d’utilisation avec 20:38. Bien malin celui (ou celle) qui pourra dire avec certitude combien de temps Kulak passera à la gauche de Weber, mais il sa performance de samedi devrait lui permettre d’obtenir au moins un autre match…

 

  • Pour une rare fois cette année, le Canadien a fait preuve d’une grande précision dans ses tirs décochés en direction de la cage des Rangers. De fait, le Tricolore a obtenu deux fois plus de tirs cadrés (42) que de tirs bloqués en défense (11) ou hors cible (10). Jesperi Kotkaniemi (3) et Jonathan Drouin (2) ont obtenu le plus de tirs hors cible de l’équipe. Ils ont malgré tout disputé de bonnes parties tous les deux…

 

  • Derrière le duo KulakWeber, les duos Schlemko-Petry et Reilly-Benn ont connu plusieurs présences difficiles. Surtout en zone défensive. Benn et Schlemko ont particulièrement donné de l’urticaire aux partisans avec des pertes de rondelles coûteuses…

 

  • Bien qu’il n’ait été mis à l’épreuve que 22 fois, Carey Price a réalisé quelques arrêts solides qui ont empêché les Rangers de s’approcher trop près du Canadien. Il s’est particulièrement signalé au terme de longues séquences au cours desquelles le Tricolore a été emprisonné en zone défensive. Price a réservé son meilleur arrêt – c’est très subjectif j’en conviens – aux dépens de Brady Skjei qui a fait dévier une rondelle dans l’enclave alors qu’il était venu appuyer l’attaque…

 

  • Malgré que le Canadien soit dans une situation de deux matchs en deux jours et que les Sharks qui font escale au Centre Bell dimanche soient l’un des anciens clubs d’Antti Niemi, Claude Julien a indiqué samedi soir qu’il jonglait avec l’idée de revenir avec Carey Price dimanche soir…

 

« Tout le monde était content pour Weber »
 
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