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En lançant aux journalistes qui l’entouraient : « ce n’est pas le résultat qu’on souhaitait, mais c’est le résultat qu’on méritait », Brendan Gallagher a parfaitement analysé la défaite de 4-1 que lui et ses coéquipiers venaient d’encaisser aux mains des Blues à St Louis.

 

Quand une équipe perd la grande majorité des batailles le long des rampes et devant les filets, la grande majorité des duels pour les rondelles libres et des affrontements aux cercles des mises en jeu, elle mérite effectivement de perdre.

 

Quand une équipe se contente d’un but, chanceux est-il important ici d’ajouter, en six attaques massives, elle mérite plus encore de perdre.

 

Quand cette même équipe incapable de trouver le fond du filet en supériorité numérique se permet en plus de laisser l’adversaire lui en poivrer un au visage alors qu’il se défend pourtant à quatre contre cinq, eh bien là cette équipe ne mérite plus seulement de perdre, elle fait exprès pour perdre.

 

Parlant de l’attaque massive, on sait tous que celle du Canadien val mal. Très mal en fait. On sait qu’avec les 19 petits buts qu’elle a obtenus en 149 tentatives, elle croupit au tout dernier rang de la LNH avec une moyenne d’efficacité bien inefficace de 12,8 %.

 

Ce que je ne savais pas et que j’ai découvert en défilant les statistiques sur le site hockey-reference.com en troisième période, c’est qu’au rythme actuel, le Canadien s’achemine vers le pire résultat des 55 dernières années en attaque massive. Remarquez que ça pourrait être pire, mais comme le site se limite à offrir les pourcentages d’efficacité jusqu’en 1963-1964 seulement, je n’ai pu remonter plus loin dans l’histoire autrefois glorieuse du Tricolore.

 

Mais bon! Disons que l’échantillon offert est suffisant pour établir à quel point la situation est grave.

 

Depuis la reprise des activités de la LNH après la saison annulée en 2004-2005, le Canadien a connu sa pire saison en attaque massive en 2011-2012 avec une efficacité de 14,29 %. Et c’est la seule fois depuis 2005 que le Canadien a glissé sous la barre des 15 % d’efficacité. Une barrière sous laquelle il a glissé trois autres fois soit en 1998-1999 (14,53 %), 2001-2002 (14,95 %) et 2002-2003 qui est, pour le moment, la pire saison des 55 dernières années avec une efficacité de 13,97 %.

 

Depuis la saison 62-63, le Canadien a connu 23 saisons avec des efficacités oscillant entre 15 % et 20 % et 27 avec des efficacités supérieures à 20 %.

 

C’est en 1977-1978 que le Canadien a été le plus redoutable en attaque massive avec une efficacité de 31,9 %. Mais bon! En 1977-1978, le Canadien était redoutable sur tous les fronts, alors que Guy Lafleur et sa bande trônaient au sommet de la LNH comme le confirment leurs quatre conquêtes de la coupe Stanley entre 1976 et 1979.

 

Manque d’effectifs ou de combativité?

 

ContentId(3.1304484):L'histoire du match : Canadiens-Blues (LNH)
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Pourquoi l’attaque massive va si mal?

 

Avec le boulet de Shea Weber, avec le talent des Drouin, Domi et Tatar sans oublier le jeune Kotkaniemi qui en dépit ses 18 ans est loin d’être le maillon faible des deux unités d’attaque massive, avec la combativité de Gallagher ou de Byron, avec l’efficacité du Canadien qui marque – ou marquait en début de saison malgré l’anémie de l’attaque massive – à cinq contre cinq, il est difficile d’expliquer pareille paralysie une fois à cinq contre quatre.

 

Oui Andrew Shaw, qui apporte un bon mélange de fougue et de capacité à marquer, manque à l’appel. Une absence qui oblige – remarquez qu’il pourrait trouver d’autres solutions – l’état-major à faire appel à Joel Armia qui a un fort gabarit et qui est droitier. Deux qualités qui militent en sa faveur. Deux qualités qu’on peut facilement remettre en cause puisque Armia est loin de se servir de son physique imposant – imaginez s’il avait la fougue de Gallagher, de Shaw ou de Byron – et qu’il est toujours en quête de son premier but en attaque massive dans la LNH.

 

En dépit l’absence de Shaw et l’utilisation d’Armia, le Canadien a des effectifs suffisants pour marquer plus souvent qu’il ne le fait depuis le début de l’année.

 

Doit-un remettre en question le travail de Kirk Muller qui est le chef d’orchestre d’un groupe de musiciens qui joue faux? Doit-on remettre en question le travail de Claude Julien et Dominique Ducharme qui doivent certainement tenter d’aider Muller à mettre le groupe au diapason?

 

Sans doute un brin ou deux.

 

Mais Claude Julien a donné une bonne idée de son diagnostic après le revers aux mains des Blues. Un diagnostic qui vise bien plus les musiciens que le chef d’orchestre.

 

Le Canadien dominé à St. Louis

« L’exécution n’est pas à point et nos unités ne jouent pas avec la vitesse qu’on voudrait voir sur la patinoire. Quand tu joues à demi-vitesse ou aux trois-quarts contre des joueurs qui compensent le fait d’être à court d’un homme en travaillant plus fort que nous, ce n’est pas assez. Et ça donne les résultats qu’on a présentement », que l’entraîneur-chef du Canadien a lancé bien candidement.

 

Le message est passé.

 

Sera-t-il compris? Les prochains matchs nous l’indiqueront. Une chose est certaine : en plus de lancer des messages clairs, nets et précis, Claude Julien et ses adjoints devraient commencer à songer à des solutions de rechange.

 

Pourquoi pas un Chaput ou un Deslauriers devant le filet pour aller compliquer le travail des défenseurs et gardiens adverses?

 

Je sais, ils n’ont pas d’affaires là à titre de joueurs de quatrième trio. Je veux bien. Mais jeudi à St Louis, c’est le quatrième trio qui a provoqué le plus de choses sur la patinoire pour le Canadien. Le manque de mains et de chance aussi peut-être un peu de Deslauriers lui a coûté un but. Peut-être deux.

 

S’il ne marque pas assez à cinq contre cinq pourquoi alors lui donner du temps en attaque à cinq?

 

La réponse simple est : parce que pour le moment, il ne peut pas faire pire que les autres. La réponse plus proche de la réalité que je rechercherais en effectuant un tel changement au sein de la formation est : simplement pour fouetter l’orgueil des gars qui seraient remplacés par Deslauriers ou d’autres.

 

Les succès en attaque massive ne sont pas essentiels pour se rendre en séries. Les Golden Knights (16e à 19,4 %),les Predators (26e à 15,1 %) et les Blue Jackets (29e à 14,2 %) le démontrent actuellement.

 

Ils ne sont pas non plus un gage d’une présence assurée en séries comme en témoignent les efficacités de Panthers de la Floride (4e avec 27 %), des Sénateurs d’Ottawa (11e avec 21,4 %) et les Rangers de New York (15e avec 19,7 %).

 

« On n'était pas prêts à jouer »

Mais disons qu’avec les résultats qu’il obtient depuis le début de la saison et avec un Carey Price qui, sans être au sommet de son art, joue du hockey solide susceptible d’aider une équipe à accéder aux séries, le Canadien mousserait grandement ses chances de se hisser en séries si son attaque massive haussait son efficacité quelque part autour de 17,5 %.

 

Une attaque massive plus productive aiderait le Canadien à connaître une séquence victorieuse. Ce dont il aura besoin pour rivaliser avec ses adversaires. « Gagner un match et en perdre un ensuite ne sera pas suffisant d’ici à la fin de la saison pour devancer nos rivaux », a d’ailleurs fait remarquer Brendan Gallagher après le match.

 

Jusqu’ici cette année, le Canadien n’a jamais perdu plus de deux fois de suite en temps réglementaire. Il a connu trois séquences du genre. Inversement, il n’a jamais signé plus de trois gains conséquences. Ce qu’il a fait trois fois seulement.

 

En bref

 

  • Avec Jonathan Drouin (2), Tomas Tatar (2), Brendan Gallagher (2) et Max Domi (0) qui n’ont marqué que six buts à leurs 10 derniers matchs malgré un total combiné de 102 tirs, le Canadien devrait se compter chanceux d’avoir six victoires et quatre revers à sa fiche et non le contraire...

 

  • Ryan O’Reilly a disputé 29 des 59 mises en jeu déposées au cours de l’affrontement entre le Canadien et les Blues jeudi. Il a gagné 22 de ces 29 mises en jeu pour une efficacité de 79 %. C’est très fort, mais O’Reilly a déjà fait mieux. L’an dernier à Buffalo, il a connu sa soirée la plus occupée en carrière avec 39 mises en jeu disputées et 29 gagnées...

 

  • Phillip Danault a terminé la soirée avec huit mises en jeu gagnées sur les 19 disputées (42 %) alors que Max Domi (3 en 12) et Jesperi Kotkaniemi (3 en 13) ont eu plus que leur part de difficultés...

 

  • Patrice Bergeron 31 mises en jeu gagnées sur les 38 disputées détient le record de la LNH pour le plus grand nombre de mises en jeu remportées au cours d’une partie...

 

  • Shea Weber, comme l’ensemble de ses coéquipiers, a connu une soirée difficile à St Louis. Peut-être parce qu’il peine à manger en raison de la blessure au visage subie lundi soir, Weber semblait lent sur la patinoire jeudi. Des quatre tirs qu’il a décochés, aucun n’a atteint la cible et il a terminé sa soirée de travail avec un différentiel de moins-2...

 

  • Victor Mete est toujours en quête d’un premier but dans la LNH. Il est passé à un cheveu de l’obtenir jeudi à St Louis alors qu’il a été volé après une très belle passe acheminée par Max Domi sur l’une des rares occasions de marquer du CH à cinq contre cinq...

 

  • Limité à quatre buts depuis le début de la saison et incapable de trouver le fond du filet à ses 12 derniers matchs malgré 22 tirs, Jesperi Kotkaniemi est toujours en quête d’un premier but hors du Centre Bell cette saison...

 

  • Le Canadien est toujours au plus fort de la course aux séries, mais les Islanders et les Sabres qui le devancent d’un point ont trois et deux matchs en mains. Bien qu’ils soient encore relativement loin avec leurs 43 et 41 points, les Hurricanes de la Caroline et les Panthers de la Floride ont deux et quatre matchs en mains sur le Canadien...