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VANCOUVER – Malgré les tonnes de prédictions en prévision du repêchage, personne n’avait prévu un scénario selon lequel le Canadien pourrait repêcher le spectaculaire buteur Cole Caufield avec la 15e sélection. Marc Bergevin en avait un immense sourire accroché au visage tellement il n’y croyait pas.

 

La grande majorité des suppositions indiquait que le Canadien allait repêcher un défenseur gaucher avec ce choix de première ronde. Mais l’état-major montréalais s’est empressé d’effacer ce plan en voyant que Caufield était encore disponible au moment de s’avancer sur la scène.

 

Parce que même si Caufield est petit (cinq pieds sept pouces) et qu’il avait encore plus petit à côté de Shea Weber, on parle ici d’un redoutable marqueur. Il a tout simplement pulvérisé le record de buts du programme américain qui appartenait à Phil Kessel. Le compteur s’est arrêté à 126 buts en 123 matchs.

 

Bergevin a d’ailleurs eu une réponse savoureuse à ce sujet.

 

« Des stats, c’est des stats, mais il en a marqué des buts ! », a lancé Bergevin en censurant le juron qu’il avait le goût d’insérer dans cette phrase.

 

À vrai dire, la disponibilité de Caufield au 15e échelon apparaît comme un cadeau tombé du ciel pour le Canadien, une équipe à la recherche d’un buteur de sa trempe. Il n’est pas impossible que la suite des choses prouve le contraire, mais Bergevin et son entourage ne pouvaient que se réjouir.

 

« C’est un cliché de dire qu’on était surpris, mais on était fiers d’aller chercher un joueur qui va procurer beaucoup à notre organisation. Marquer des buts, ça devient de plus en difficile dans la LNH. Il a réussi à compter des buts à tous les niveaux, je ne vois pas pourquoi ce serait différent dans la LNH.

 

« Tu peux parler à son agent Pat Brisson, il me disait qu’on ne pourrait pas l’avoir à moins de grimper dans le top-10 », a exposé Bergevin qui a refusé une offre de céder son 15e choix.

 

« J’étais plus que surpris qu’il était encore à notre portée », a ajouté le DG par la suite.

 

L’autre facteur qui a facilité la vie du Canadien, c’est que les Flyers de Philadelphie ont repêché, avec le choix précédent, le défenseur gaucher Cameron York qui était dans la mire de Trevor Timmins.

 

On a voulu savoir si le CH avait tout de même songé à sélectionner un défenseur gaucher. 

 

Un coup de circuit du Tricolore?

« Non, quand Philadelphie a pris York, on savait que c’était lui notre choix », a tranché Bergevin.

 

Mais que serait-il arrivé si York et Caufield avaient été disponibles. Est-ce que l’équipe aurait composé avec ce dilemme? Bergevin a tout simplement été incapable de répondre et sa réaction était révélatrice.

 

« On l’aimait aussi », a-t-il fini par dire.

 

L’an dernier, lors du Combine à Buffalo, Bergevin avait tenu à partager un souper avec Jesperi Kotkaniemi afin de mieux le connaître. Cette année, il a répété cette stratégie avec Caufield.

 

« On a fini par repêcher les deux joueurs avec lesquels j’ai soupé à Buffalo », n’a pu que constater Bergevin en riant.

 

« C’était une long shot qu’on puisse aller le chercher. Il adore le hockey, c’est sa vie. C’est un jeune qui nous disait qu’il a toujours été petit et qu’il s’est battu toute sa vie. Ce n’est pas nouveau pour lui. C’est un genre de Brendan Gallagher, il arrive souriant et il aime jouer au hockey, c’est sa vie », a décrit le directeur général.

 

Peut-il imiter Alex DeBrincat ?

 

Le repêchage représente une grande joie pour les espoirs, mais on aurait dit que Caufield était encore plus heureux que les autres. Son sourire contagieux y est pour beaucoup.

 

Le droitier au fabuleux lancer a vécu d’autres moments inoubliables dans les coulisses du Rogers Arena. Il était extrêmement ému quand il a sauté dans les bras de son entraîneur du programme américain, John Wroblewski, qui était venu le rejoindre dans la zone des entrevues.

 

Ce n’était pas tout, il a partagé un superbe moment avec Brendan Gallagher qui a joué au journaliste avec lui. Gallagher n’a pu s’empêcher de le taquiner en précisant qu’il était plus petit que lui.

 

« C'est cliché, mais on était surpris qu'il soit disponible »

« C’est incroyable comme sensation, je peine vraiment à trouver les mots », a admis Caufield encore sous l’émotion.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se morfond plus en raison de l’attente qui s’était prolongée.  

 

« Ça ne n’importe plus, je suis bien content du résultat. C’est un fit parfait », a-t-il jugé.

 

Dans un monde idéal, Caufield se développera tel un Alex DeBrincat qui avait échappé au Canadien quand Bergevin avait échangé deux choix de deuxième ronde dans la transaction d’Andrew Shaw.

 

« Je joue de la même façon que DeBrincat, ce que je procure à une équipe, c’est de l’attaque et ma plus grande force demeure mon lancer. Je suis également un grand compétiteur et je déteste perdre », a rappelé Caufield qui reçoit souvent des conseils de son inspiration.

 

Une autre chose plaisante avec Caufield, c’est qu’il désire se tailler une place dans la LNH aussitôt que possible. Le projet de jouer quatre années avec l’équipe de l’Université du Wisconsin ne l’intéresse point. Tout dépendra, une fois de plus, de sa capacité à jouer contre des joueurs plus costauds.  

 

« Les gens ne vont pas arrêter de m’en parler, mais je n’ai qu’à continuer de prouver que je peux exceller malgré tout. Je l’ai fait durant toute ma vie. Ça ne m’a pas ralenti jusqu’à maintenant et je ne crois pas que ça arriver plus tard », a répondu Caufield.

 

« Hughes n'aurait pas eu toutes ses passes sans moi non plus »

Bergevin et Timmins ont aussi été charmés par la confiance de leur nouveau protégé. N’allez pas lui dire qu’il a connu du succès uniquement grâce à Jack Hughes. Il est convaincu qu’il peut rendre n’importe quel partenaire meilleur.

 

Selon une histoire que ses parents aiment bien raconter, il pleurait quand il avait deux ans et qu’il voyait son grand frère jouer au hockey. Éventuellement, il aura la chance de jouer au Centre Bell et son entraîneur entrevoit un feu d’artifice.

 

« Il va électriser la foule et le Centre Bell quand il va toucher la rondelle et compter des buts. Il va également se nourrir de cette énergie », a prédit Wroblewski.

 

Ce serait malhonnête de ne pas préciser que certains recruteurs de la LNH ne le considéraient pas comme un choix légitime de première ronde. Ils sont encore nombreux à douter de ses capacités et il est impatient de les faire mal paraître.

 

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