Bonne nouvelle pour le Canadien, Antti Niemi a été le meilleur joueur de son équipe, samedi soir, à Edmonton, alors qu’il a stoppé 32 des 35 tirs qu’il a affrontés.

Moins bonne nouvelle pour le Canadien, Antti Niemi a été le meilleur joueur de son équipe, samedi soir, à Edmonton.

 

Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu’en dépit ses 32 arrêts, Niemi a été victime d’un revers de 4-1 aux mains des Oilers qui ont haché finement le Canadien qui n’était pas l’ombre du club qui a battu les Flames à Calgary vendredi.

 

Il est très injuste d’écrire que Niemi a perdu ce match. Car bien que le revers s’ajoute à sa fiche personnelle, Niemi est le seul joueur du Tricolore qui a fait quelque chose pour résister aux Oilers. De fait, n’eût été arrêts nombreux et difficiles multipliés par Niemi en première moitié de partie, le score final aurait été beaucoup plus élevé à la faveur des Oilers. Et du coup, ce score final aurait beaucoup mieux reflété l’allure réelle du match.

 

Je veux bien croire que le Canadien était dans une situation de deux matchs en moins de 24 heures, que les joueurs composaient avec le spectre d’un voyage de nuit avant de rejoindre leur famille à l’aube d’un réveillon de Noël qui ne sera pas des plus festifs.

 

Mais quand même.

 

Avec la victoire déjà confirmée des Bruins de Boston qui ont battu les Red Wings de Detroit 3-1 samedi après-midi pour reprendre une avance de sept points devant le Tricolore au troisième rang de la division atlantique, le Canadien ne pouvait se permettre de prendre une soirée de congé comme il l’a fait hier.

 

Perdre passe encore. Mais refuser de se battre comme ce fut le cas samedi, ça ne peut pas passer. Ça non.

 

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Le Canadien a été atroce en première moitié de match. Vraiment. Trop lent, pas assez impliqué, il s’est fait dominer dans toutes les facettes du jeu par des Oilers qui ont repris un peu d’aplomb depuis le début du mois de décembre – ils affichent maintenant 7 victoires et trois revers – mais qui ne croyaient jamais pouvoir profiter d’autant de raccourcis menant directement à Niemi.

 

Le gardien finlandais a fait ce qu’il a pu. Plus même. Mais derrière des défenseurs qui ne le défendaient pas, derrière des attaquants qui n’ont pas vraiment attaqué de la soirée, Niemi ne pouvait pas faire de miracle. Même Carey Price, qui a suivi cette catastrophe de partie du bout du banc, n’aurait pas été en mesure de sauver son équipe du revers pleinement mérité qu’elle a encaissé.

 

Oui le Canadien a été un brin meilleur en deuxième moitié de partie. Mais avec un recul de 0-3 à combler, quelles étaient les chances du Tricolore de revenir dans la partie? Statistiquement, elles étaient nulles compte tenu du fait que le Canadien affichait avant d’affronter les Oilers une moyenne de 2,7 buts marqués par rencontre. Une moyenne qui a perdu une poussière ou deux samedi.

 

Mes observations reliées à cette 16e défaite en temps réglementaire du Canadien cette année, sa neuvième encaissée sur la route (7-9-1)

 

  1. Où étaient les meilleurs joueurs du Canadien?
  2. Petry a bien essayé
  3. Lernout rate l’occasion de faire bonne première impression
  4. Portrait des séries

 

Chiffre du match : 576 – Comme la majorité de ses coéquipiers, Karl Alzner a connu une soirée difficile à Edmonton samedi. Le vétéran défenseur a toutefois disputé un 576e match consécutif. Alzner occupe le 5e rang dans la LNH pour les joueurs actifs derrière Phil Kessel qui disputait hier son 647e match de suite. Avec son match d’hier, Alzner a rejoint Billy Harris au 13e rang des plus longues séquences de matchs consécutifs dans la l’histoire de la LNH. Doug Jarvis, un ancien du Canadien qui est aujourd’hui l’un des adjoints de Travis Green à Vancouver, détient le record avec 964 matchs de suite disputés dans la LNH…

 

Où étaient les meilleurs joueurs du Canadien?

 

Connor McDavid a fait samedi ce que ses coéquipiers et les fans des Oilers attendent du meilleur joueur de leur équipe : il a donné le ton. Avec sa vitesse – plusieurs joueurs des Oilers l’ont imité – McDavid a mystifié la défensive du Canadien qui s’est retrouvée bien trop souvent sur les talons pour espérer rivaliser avec des adversaires trop rapides.

 

Le CH termine son voyage dans l'Ouest sur une mauvaise note

Il a marqué un but et ajouté une passe. Ça lui donne 14 buts et 43 points jusqu’ici cette saison. Il a aussi bloqué un tir qui a forcé son retrait du match pour aller subir une radiographie. Fort heureusement, l’examen a été négatif et McDavid devrait être en mesure d’assumer son rôle de capitaine et de leader une fois le court congé des Fêtes passé.

 

Et dire que certains considèrent qu’il connaît une saison timide.

 

McDavid revendique déjà plus de double des points affichés par le meilleur marqueur du Canadien jusqu’ici cette année. Car oui, Phillip Danault affiche 21 points. Eh oui, il occupe le premier rang des marqueurs.

 

Ce n’est pas Danault qui est en faute ici. Mais bien Max Pacioretty, Jonathan Drouin ou Alex Galchenyuk qui devraient être loin devant Danault. Très loin.

 

Mais ceux qui devraient être les leaders offensifs du Canadien ont une fois encore été éclipsés samedi soir. On ne les a pas vus du tout. Ou pas assez.

 

Drouin et Pacioretty ont pourtant obtenu beaucoup de temps d’utilisation. Ils n’ont pas su en profiter. Pacioretty a bien décoché huit tirs en direction du filet des Oilers, mais un seul de ces tirs a atteint la cible. Et je ne suis pas convaincu qu’on puisse vraiment associer ce tir à une très bonne occasion de marquer.

 

Incapable de marquer à ses neuf derniers matchs, limité à un petit but à ses 18 dernières parties, Pacioretty ne peut se permettre un match aussi discret, voire amorphe, que celui de samedi à Edmonton.

 

«On n’a pas généré autant de bonnes occasions de marquer qu’Edmonton, mais on a obtenu assez de chances pour marquer plus d’un but. C’est sûr qu’on a besoin de la production de notre premier trio. Quand ça va entrer, ça va nous aider. Mais quand on regarde le voyage jusqu’ici, Max s’est fait voler un but à Vancouver, il en a marqué un qui a été refusé à Calgary. C’est dans ces circonstances que nos joueurs doivent demeurer forts mentalement», a commenté Claude Julien après la partie.

 

«Je dois rester au-dessus de la mêlée», a réagi le capitaine lorsqu’on lui a parlé des tuiles avec lesquelles il doit composer depuis un certain temps. Depuis le début de la saison en fait.

 

«Nous avons obtenu des chances, mais nous devons prendre les moyens pour appuyer davantage nos poussées offensives. On doit trouver les moyens de marquer», a ajouté Pacioretty.

 

Pacioretty et Drouin ont encore une fois obtenu du temps d’utilisation généreux à Edmonton. Alex Galchenyuk, qui était sur une séquence de 12 points récoltés à ses 12 derniers matchs, a connu un match plus tranquille samedi. Il a été blanchi de la feuille de pointage pour la cinquième fois à ses 13 dernières parties. Il n’a touché la cible qu’une fois et a terminé sa soirée de travail avec un différentiel de moins-1. Cela dit, il n’a passé que 12 :04 sur la patinoire. Artturi Lehkonen (11 :29) est le seul attaquant à avoir moins joué que Galchenyuk

 

Peu importe les moyens qu’ils prendront, Drouin, Pacioretty et Galchenyuk doivent trouver une façon d’être plus productifs. Bon! Ils ne pourront rattraper Connor McDavid et les autres super-vedettes offensives de la LNH.

 

Mais il est impératif qu’ils soient plus productifs que Phillip Danault, Paul Byron ou Brandon Gallagher.

 

Du moins il me semble…

 

Petry a bien essayé

 

Jeff Petry a salué son retour à Edmonton en obtenant neuf tirs sur le filet défendu par Cam Talbot. Vous avez bien lu. Neuf tirs! Deux autres de ses frappes ont été bloquées.

 

Petry a fait ce qu’il a pu offensivement. Il a bien essayé. À sa façon. Mais dans l’ensemble, le Canadien a été déclassé défensivement par des Oilers qui se sont amusés autour d’Antti Niemi.

 

Pas vraiment de la faute de Petry, mais après quelques grosses parties en relève à Shea Weber, il est clair que le mandat de remplacer ce pan de la défensive est loin d’être facile à remplir sur une base régulière. De fait, il est très difficile à remplir. Peut-être même impossible…

 

Lernout : vilaine première impression

 

J’avais hâte de voir ce que Brett Lernout serait en mesure d’accomplir dans la LNH. Je l’avais aimé au camp d’entraînement et lors des rares présences effectuées en matchs préparatoires.

 

Disons que Lernout a gaspillé la seule chance qu’on a de faire bonne première impression. Dans le cadre de son premier match cette année avec le grand club, on peut facilement dire que Lernout a fait une bien vilaine première impression.

 

« Pas été assez bons dans la 1re moitié du match »

Nerveux, victime de lames défectueuses ou simplement débordé par la qualité du jeu des Oilers : allez savoir. Mais Lernout s’est retrouvé sur le dos deux ou trois fois en zone défensive après avoir effectué de vilaines chutes. Quand il n’était pas sur le dos, il était en retard sur le jeu. En retard sur les joueurs qu’il devait couvrir. Avec les résultats qu’on a vus.

 

J’étais surpris de voir que l’état-major a choisi Jakub Jerabek pour faire une place à Lernout. Je trouvais que Jerabek avait disputé un match plus qu’honnête à Calgary.

 

Bien honnêtement, je croyais que Joe Morrow aurait dû être celui sélectionné pour aller rejoindre Charles Hudon et Jacob de la Rose sur la galerie de presse.

 

Mais de la façon dont Lernout a joué, je crois finalement que Jerabek et Morrow auraient dû demeurer au sein de la formation. Car peut-être que Lernout n’est pas prêt à faire le saut dans la LNH. À la lumière de sa performance de samedi, le peut-être est même de trop.

 

Mais bon! C’est très facile à écrire après la partie.

 

Portrait des séries

 

Le Canadien a donc stoppé à deux sa série de victoires consécutives sur la route. C’est sa plus longue cette année. Une séquence qu’il n’a répétée que deux fois soit dit en passant.

 

Après le congé, le Canadien complétera la deuxième portion de son plus long voyage de la saison. Il fera des escales en Caroline, à Tampa et à Fort Lauderdale pour y croiser les Panthers.

 

À l’approche de la mi-saison, le Canadien devra gagner au moins deux de ces trois matchs et tenter de soutirer des points dans les trois pour demeurer, même s’il est loin, dans la course aux séries.

 

Pendant que le Canadien perdait à Edmonton, les Bruins et les Maple Leafs eux ont gagné.

 

Résultats : Toronto a repris le deuxième rang de la division atlantique avec une récolte de 45 points en 37 matchs. Les Bruins les talonnent avec 43 points et 34 parties de disputées.

 

Ces trois matchs en mains sur les Leafs devraient aider Boston à devancer Toronto dès la semaine prochaine. Pour combien de temps? On ne le sait pas.

 

Mais avec un recul de sept points sur Boston qui a deux matchs en mains et de neuf sur les Leafs qui ont disputé un match de plus, ce n’est pas demain que le Canadien s’emparera du troisième rang dans sa division.

 

Mettons!

 

Quant à la possibilité qu’il puisse se hisser parmi les clubs repêchés, c’est loin d’être évident également.

 

Oui les Rangers et les Islanders (42 points en 36 matchs) semblent dans la mire du Canadien qui n’accuse que six points de recul.

 

Mais au-delà ces points à combler, le Canadien doit rejoindre et dépasser les Flyers, les Penguins, les Hurricanes et aussi l’une ou l’autre des deux formations de New York pour y arriver.

 

Pas évident que vous dites.

 

Même quand on croit encore au Père Noël!

 

Je vous souhaite de très Joyeuses Fêtes. On reconnecte le 27 lors de l’escale du Canadien en Caroline.