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MONTRÉAL - Les Bruins de Boston ont fait bien plus que rapprocher le Canadien du sort inévitable qui le guette : une troisième saison de suite sans prendre part aux séries; un affront qu’il encaissera pour la quatrième fois en cinq ans.

 

En battant le Tricolore 4-1, Patrice Bergeron, David Pastrnak et les Bruins ont surtout donné une bonne idée du défi énorme qui se dressera devant lui encore l’an prochain, et les années qui suivront, s’il veut atteindre les séries. Et je vous fais grâce du défi plus grand encore de compter sur un club aussi solide que le sont les Bruins.

 

Car non seulement les Bruins ont facilement battu le Tricolore, mais ils ont battu une équipe qui s’est somme toute bien battue. Ou bien débattue. Ça vous donne une idée!

 

Pour se battre, le Canadien s’est battu. Aux sens propre et figuré. Il s’est battu en déployant beaucoup d’efforts il est vrai, mais il s’est surtout battu en multipliant les revirements et en offrant de généreuses occasions de marquer. Des revirements et occasions dont David Pastrnak s’est empressé de profiter trois fois plutôt qu’une pour atteindre le plateau des 41 buts et prendre ainsi la tête de la course effrénée menant au trophée Maurice-Richard.

 

Ce n’est pas comme si Pastrnak et les Bruins avaient besoin d’autant de générosité de la part du Canadien.

 

Mais pourquoi refuser autant de générosité?

 

Quand Max Domi et Jonathan Drouin ont tous deux perdu la rondelle à la ligne bleue des Bruins, Brad Marchand a simplement dit merci avant de contre-attaquer.

 

Une fois en zone du Canadien, David Pastrnak a ajouté un autre merci à Brett Kulak qui, pour une raison bien difficile à comprendre, a laissé le meilleur marqueur de la LNH fin seul pour se ruer en direction de Marchand qui avait déjà Petry et Drouin sur le dos.

 

Price n’a eu aucune chance.

 

Réunis depuis le retour au jeu du Québécois, Domi et Drouin ont décidé de «fafouiner» avec la rondelle à la ligne bleue ennemie au lieu de s’assurer de la faire entrer en zone adverse. Ils ont joué du hockey Est-Ouest au lieu de jouer le hockey Nord-Sud qui était impératif de jouer contre un club déjà de beaucoup supérieur avec en plus la perte de Shea Weber à combler.

 

Les Bruins ont aussi dit merci lorsque Jeff Petry a décidé de tricoter tellement serré avec la rondelle qu’il a perdu une maille – et la petite rondelle noire – offrant aux Bruins une contre-attaque qui s’est soldée par un autre but de Pastrnak.

 

Petry a joué de malchance plus tard dans le match alors que le dégagement qu’il a tenté alors que le Canadien écoulait une pénalité s’est transformé en passe parfaite effectuée en plein sur la lame du bâton de qui? Eh oui! David Pastrnak.

 

En voulez-vous d’autres mercis... en vlà!

 

L’effort est là, les résultats ne suivent pas

 

Les Bruins ont fait ce que le Canadien n’a pas été capable de faire hier. Ce qu’il a été incapable de faire bien trop souvent cette année.

 

Les Bruins ont profité des chances que le Canadien lui a données alors que le Canadien n’a pas su profiter des siennes.

 

C’est bête de même.

 

Les Bruins ont dirigé 38 tirs sur Carey Price; neuf de plus que les rondelles cadrées par le Tricolore sur la cage défendue par Tuukka Rask.

 

C’est pourtant le Canadien qui a décoché le plus de tirs (53-51) hier soir. Mais pendant que les Bruins rataient la cible sept fois et voyaient six rondelles bloquées par le Canadien en défensive, les joueurs du Tricolore ont tiré 11 fois hors cible et se sont fait bloquer 13 tirs.

 

Un signe d’efficacité dans la gestion de rondelle des Bruins; un signe d’inefficacité des décisions prises par les joueurs du Canadien et de l’exécution suivant ces prises de décisions.

 

Jeu d’impuissance!

 

C’était particulièrement évident lors des trois attaques massives dont le Canadien n’a pas été en mesure de profiter encore hier.

 

Après avoir bousillé les six attaques massives obtenues lundi, au Centre Bell, lors de la défaite de 3-2 aux mains des Coyotes, le Canadien a fait chou blanc à trois reprises mercredi à Boston.

 

Lors de ses 20 derniers matchs, le Canadien n’a marqué que cinq buts en attaque massive. Cinq buts en 59 occasions, ce qui donne une efficacité bien inefficace de 8,5 %.

 

Le Canadien a maintenu un dossier de 4-1 dans les matchs au cours desquels il a marqué ses cinq buts en supériorités numériques. Deux de ces gains, à Ottawa contre les Sénateurs et au Centre Bell aux dépens des Ducks d’Anaheim, ont été arrachés en prolongation.

 

Inversement, il a perdu 10 des 15 parties (5-9-1) au cours desquelles il a été blanchi lors des 40 attaques massives obtenues. Zéro en 40. Il faut presque faire exprès!

 

Avec Shea Weber absent pour une période de quatre à six semaines, il semble évident que le Canadien n’aura pas simplement besoin d’un gros miracle pour accéder aux séries. Il aura besoin de petits miracles pour simplement gagner de temps en temps afin d’adoucir sa chute au classement.

 

Il fallait voir les joueurs des Bruins entrer avec conviction et facilité du côté de Victor Mete à qui on donne le mandat impossible de faire le poids en remplacement de Weber. Avec le capitaine en uniforme hier soir au Garden, jamais au grand jamais David Pastrnak aurait osé se lancer tête baissée entre la bande et le défenseur qui se dressait devant lui à l’entrée de la zone du Tricolore. Mais comme c’était le petit Mete, pourquoi pas s’en donner à cœur joie?

 

Avec les résultats qu’on connaît.

 

Pas question ici de jeter plus de blâmes sur les épaules frêles de Mete que sur celles des autres joueurs du Canadien.

 

J’utilise simplement cette image pour démontrer que le fossé entre les Bruins et le Canadien est bien plus grand que les 21 points au classement qui séparent les deux clubs.

 

Le Canadien n’a pas de Pastrnak. Il n’a pas de Marchand. Il n’a pas Bergeron. Vrai que les équipes qui comptent sur un aussi bon trio sont rares dans la LNH.

 

Mais au-delà ce premier trio d’exception qui représente une véritable aubaine quand on considère qu’il ne coûte globalement que 19,666 millions $ par saison pour encore deux ans, le Canadien ne compte pas non plus sur des joueurs de soutien capables de rivaliser avec ceux des Bruins.

 

En fait oui : mais il faudrait pour ça que Tatar, Danault et Gallagher évoluent sur un deuxième trio derrière des joueurs d’exception. Il faudrait pour ça que les défenseurs en uniforme hier soient des compléments à un duo solide au sein duquel Shea Weber serait deuxième et non la pierre d’assise.

 

Comme quoi s’il est clair qu’on en soit au commencent de la fin chez le Canadien, du moins pour cette saison, il est moins clair que les jours meilleurs se pointeront dès l’an prochain.

 

Pastrnak passe à l’histoire

 

David Pastrnak affiche maintenant huit buts en quatre matchs disputés contre le Canadien cette saison.

 

Il est devenu le premier joueur depuis un sapré bout de temps à réaliser deux tours du chapeau en une saison aux dépens du Tricolore. Qui est l’autre?

 

J’ai pensé à Mario Lemieux sur le coup puisqu’il avait plus d’occasions d’y arriver que Wayne Gretzky à ses grandes années avec les Oilers et les Kings.

 

Mais ce n’est pas le grand Mario.

 

J’ai alors pensé à Mike Bossy, Bill Barber, Darryl Sittler, à Gilbert Perreault et ses complices de la French Connection des Sabres à Buffalo, au grand Peter Stastny, à ses deux frères, à Michel Goulet. Non, non, non et non encore.

 

Phil Esposito alors? Bobby Orr? Johnny Bucyk?

 

Pas de chance non plus.

 

Selon des données ô combien surprenantes dévoilées pendant le match par nos amis de Elias Sports Bureau, David Pastrnak a réalisé le même exploit que Monsieur Hockey lui-même en personne, Gordie Howe qui était le dernier joueur à avoir réalisé deux tours du chapeau en une saison aux dépens du Canadien. C’était en 1951-1952.

 

Un simonac! s’impose.

 

En bref

  • Le Canadien a encaissé une 20 défaites cette saison (3-18-2) lorsqu’il tire de l’arrière après deux périodes de jeu...
     
  • Cette fiche plonge à une victoire lors des 11 matchs (1-10-0) au cours desquels il a retraité au vestiaire avec un recul de deux buts après 40 minutes de jeu...
     
  • Le Canadien présente un dossier de 14-20-1 dans le cadre de matchs au cours desquels il décoche pourtant plus de tirs que ses adversaires...
     
  • Souvent critiqué pour sa petite taille et ses difficultés à s’imposer physiquement, le Canadien a distribué plus de mises en échec (27-25) que les Bruins jeudi. C’était la 38e fois en 59 matchs que le Canadien était plus «actif» que ses rivaux avec ses coups d’épaule. Ce n’est toutefois pas un gage de succès puisqu’il présente un dossier de 15 gains et 23 revers (15-17-6) en pareilles circonstances...
     
  • C’était la 13e fois de la saison jeudi que le Tricolore se retrouvait avec un recul de 0-2 à combler. Il a signé trois victoires lors de ces matchs, mais s’est incliné hier pour la huitième fois en temps réglementaire (3-8-2)...
     
  • Avec 23 matchs encore à disputer et donc 46 points disponibles à aller chercher, le Canadien devra en récolter 37 s’il veut atteindre le plateau de 98 qui a permis d’accéder aux séries l’an dernier. Avis aux optimistes qui croient encore en ses chances, le Tricolore ne peut donc se permettre de perdre plus de neuf points d’ici la fin du calendrier...
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