BROSSARD, Qc - Carey Price a connu la pire séquence de trois matchs de sa carrière et même le gardien reconnu pour son calme a finalement dû évacuer sa frustration jeudi soir, fracassant son bâton après avoir accordé un cinquième but aux Devils de New Jersey.

Price a accordé 16 des 20 buts alloués par le Tricolore lors des trois dernières rencontres. Il a vite quitté le Centre Bell après le sixième revers d'affilée du Canadien, jeudi, et s'est tenu loin des microphones des membres des médias, vendredi matin.

« Je dirais qu'il est aussi frustré que tout le monde, a dit l'entraîneur-chef Claude Julien quand il a été questionné sur l'état d'âme de son gardien. Carey Price n'est pas différent du restant de l'équipe ou des entraîneurs. C'est frustrant de perdre six matchs d'affilée.

ContentId(3.1350134):Canadiens : Damon Severson met Carey Price dans tous ses états (Hockey)
bellmedia_rds.AxisVideo

« Quand nous regardons ce qui se passe, ça peut aussi être frustrant pour lui. Nous avons vu des buts que Carey Price peut arrêter, mais nous avons aussi vu de gros arrêts de Carey Price. Ce qui est frustrant, c'est qu'il faut être capable de l'aider un peu. Hier (jeudi), quand vous regardez le nombre de surnombres, nous ne l'aidons clairement pas. Ça revient à la même chose. C'est un aspect d'équipe, nous allons nous en sortir ensemble. C'est à tout le monde de faire le travail de la bonne façon. »

La traversée du désert du Canadien est d'autant plus frustrante qu'elle survient lors de son plus long séjour à domicile de la saison.

C'est d'ailleurs la première fois depuis au moins ses débuts dans la LNH en 1917 que le Canadien perd quatre matchs de suite lors du même séjour à domicile. C'est aussi la première fois depuis octobre 1985 que l'équipe concède au moins six buts lors de trois parties consécutives.

« Nous regardons ce que nous faisons de mal, nous sommes conscients que nous devons beaucoup mieux jouer, a dit Julien. Ça revient à ce que je dis. Avec la rondelle, nous faisons de bonnes choses, nous avons des chances de marquer. Nous avons marqué encore quatre buts (jeudi). Le problème, c'est sans la rondelle, nous ne jouons pas bien. Nous devons mieux défendre. Nous voyons qu'il y a des joueurs qui veulent en faire trop. Parfois, en faire un peu moins, c'est mieux. »

À ce niveau, Brendan Gallagher avait affirmé après le revers face aux Devils que les joueurs ne pouvaient pas jouer en ayant peur de commettre une erreur.

« C'est un sport rapide. Les choses se déroulent rapidement et quand ça va mal, ce n'est pas une excuse, mais on dirait que tout ce qui pourrait aller mal se produit, a renchéri Max Domi, vendredi. C'est comme ça. Nous devons travailler pour passer à travers. Nous sommes tous dans le même bateau. Nous allons passer à travers ensemble. C'est ce qui rend une équipe meilleure, quand vous trouvez le moyen de passer à travers pendant les moments difficiles. »

Julien a confirmé qu'il prévoyait envoyer Keith Kindaid devant le filet pour l'un des deux matchs de la fin de semaine, soit samedi après-midi contre les Flyers de Philadelphie au Centre Bell, soit dimanche soir face aux Bruins à Boston.

Kinkaid a été jeté dans la fosse aux lions mardi, en relève à Price alors que les Bruins menaient déjà 5-1. Il n'a rien fait pour aider le Tricolore, accordant trois autres buts.

Les échos de l'entraînement hors glace

Le vétéran âgé de 30 ans a aussi déjà connu les hauts et les bas de la LNH, s'établissant brièvement comme gardien numéro un chez les Devils au printemps 2018 avant de connaître des ennuis l'hiver suivant.

« Tous les gardiens ressentent de la frustration quand tout n'est pas à point, a mentionné Kinkaid en revenant sur le moment où Price a fracassé son bâton jeudi soir. Je pense qu'il voulait réussir un arrêt important pour nous garder dans le match. Il ne veut jamais donner de but.

« Je ne suis pas inquiet. Nous comptons sur une bonne équipe, une équipe qui a du caractère et une attaque équilibrée. Nous devons simplement resserrer le jeu dans l'enclave et en zone défensive. »

Julien avait décidé de garder ses troupiers loin de la patinoire vendredi matin, préférant les envoyer évacuer leur frustration au gymnase. Seulement Charles Hudon, Mike Reilly, Cale Fleury et Kinkaid ont foulé la glace du Complexe sportif Bell.

« Le secret pour renverser la vapeur est assez simple. Nous devons simplement accomplir notre boulot. Il ne faut pas chercher à faire le travail de l'autre, mais plutôt le sien. Parfois quand vous voulez trop, ça ne marche pas. »

Le Canadien continue de s'enliser