À la suite de sa carrière de plus de 1400 rencontres dans la LNH, Luke Richardson s’est rapidement forgé une enviable réputation comme entraîneur – particulièrement en dirigeant les Senators de Binghamton dans la Ligue américaine – et le Canadien est parvenu à l’attirer à Montréal.

 

Celui qui s’occupera des défenseurs du Tricolore a pu être embauché en raison de la situation qui perdure chez les Islanders de New York. À la suite du renvoi de Doug Weight, Richardson devait patienter pour connaître son sort. Même s’il détenait encore un contrat valide pour deux saisons, les Islanders ont acquiescé à la demande du CH pour discuter avec lui.

 

À la suite d’une conversation au téléphone et d’une réunion pendant un après-midi avec Claude Julien, Richardson s’est vu offrir le poste pour compléter le personnel d’entraîneurs déjà composé de Julien, Kirk Muller, Dominique Ducharme et Stéphane Waite.

 

Encore droit comme un chêne à 49 ans, le nouvel adjoint a expliqué la vision de son travail aux médias, lundi.

 

« La communication est vraiment la chose importante. Les discussions en personne sont moins fréquentes de nos jours, mais elles sont primordiales. Comme adjoint, c’est aussi plus facile, je veux être amusant et avoir du plaisir avec eux. Je dois très bien connaître mes défenseurs et plus m’occuper d’eux spécifiquement. Je veux créer une équipe intégrée au sein de l’équipe. Je veux qu’ils communiquent bien avec les gardiens, qu’ils expliquent aux attaquants ce qu’ils souhaitent et ce qu’ils voient sur la patinoire », a mentionné Richardson.

 

« De la manière dont ça fonctionne aujourd’hui, tu ne peux pas juste lancer des ordres. Je veux m’assurer d’être en forme et j’aime montrer des choses aux jeunes. Je m’implique dans les exercices et ils respectent ça. J’écoute aussi ce qu’ils ont à dire. C’est la LNH, on est là pour obtenir des résultats, mais il faut obtenir leur perspective et comprendre leur parcours respectif », a-t-il ajouté.

 

Richardson sait que son rôle d’allié est primordial autant du côté sportif que psychologique.

 

La carrière de Luke Richardson en chiffres

« Je suis un gars très calme, je ne suis pas du style à m’emporter. Je ne vais pas courir et crier derrière le banc, ça sort les gars de leur zone de confort. Je vais être calme avec une influence forte et je vais transmettre toutes mes connaissances acquises pour les aider à progresser. Si quelqu’un est fâché ou affecté, c’est à moi de m’en occuper et de le ramener dans un bon état d’esprit. »

 

Quant à l’identité de sa brigade sur la patinoire, Richardson sait bien que chaque formation doit suivre la tendance actuelle.

 

« On a besoin d’une combinaison de joueurs différents. Les patineurs rapides doivent joindre l’attaque, le "quatrième homme" est très important de nos jours. J’ai implanté ça à Binghamton. Il faut aussi bouger en unité de cinq. C’est important de le faire même pour un défenseur défensif parce que ça contrôle l’écart avec les joueurs adverses. On va travailler là-dessus avec Claude cette année », a exposé l’ancien des Maple Leafs, des Oilers, des Flyers, des Blue Jackets, du Lightning et des Sénateurs.

 

Richardson est originaire de la région d’Ottawa tout comme Julien. Les deux hommes se connaissent donc depuis longtemps.

 

« On jouait du hockey d’été ensemble. C’était un vétéran et il a été bon pour moi quand j’étais jeune. Quand il s’est retiré et qu’il dirigeait les Olympiques, il organisait un camp de conditionnement pour les professionnels et les juniors et j’y participais. On ne s’est pas beaucoup côtoyé dans les dernières années, mais quand la connexion est là, elle dure pour toujours », a expliqué Richardson qui a entend retrouver une partie de son français qu’il a perdu depuis son départ d’Ottawa à l’âge de 16 ans.

 

Tout un défi en l’absence de Weber

 

Évidemment, le plus gros mandat de Richardson sera de composer avec la perte à long terme de Shea Weber. Certains soirs, il pourrait trouver le temps long derrière le banc du Canadien.

 

« Bien sûr, c’est un enjeu de taille, mais ça donne le temps de planifier et se concentrer sur les joueurs qui seront prêts et les jeunes qui sont là. J’ai passé pas mal de temps avec les jeunes dans l’organisation d’Ottawa. Je suis excité de travailler avec eux », a réagi celui qui a aidé à former des athlètes comme Jean-Gabriel Pageau, Chris Wideman et Fredrik Claesson.

 

« J'ai hâte de travailler avec les jeunes à Montréal »

Richardson ressent beaucoup de compassion pour Weber qui doit demeurer à l’écart du jeu, mais il ne peut pas changer l’identité de ses joueurs.

 

« Il faut jouer avec ses forces dans un concept d’équipe. Il n’y a pas d’autre Weber dans la LNH. Les gars doivent faire leur travail de leur mieux et il n’y aura pas plus de pression imposée sur qui que ce soit en son absence. Il faut apprendre à jouer et gagner. Quand il reviendra, ce sera un gros plus pour le club », a-t-il retenu.

 

Défenseur physique lui-même, Richardson croit que cette dimension peut encore être utile dans la LNH, mais d’une autre manière. Au lieu de punir une formation adverse, des joueurs peuvent imposer une grande pression par la vitesse et l’agressivité. Il cite les Golden Knights de Vegas en exemple.

 

Richardson se dit emballé de développer une dynamique avec Julien, Kirk Muller et Dominique Ducharme. Il connaît bien Muller pour l’avoir affronté si souvent dans la LNH.

 

« C’est un bon compétiteur, j’ai essayé d’être robuste contre lui pendant toutes ses années, mais il ne perdait jamais son sourire. Il est comme ça et je sais qu’il va avoir une bonne influence », a-t-il lancé en riant.

 

Quant à Ducharme, il a surtout entendu parler de lui en termes élogieux par Fred Brathwaite, qui est l’un de ses meilleurs amis, et qui a travaillé chez Équipe Canada avec l’ancien entraîneur des Voltigeurs de Drummondville.

 

En songeant à ses souvenirs de ses visites à Montréal, Richardson s’est rappelé d’une soirée en particulier.

 

« Je me souviens d’avoir appliqué une bonne mise en échec à Claude Lemieux. Disons qu’il n’avait pas aimé ça, mais ça s’était retrouvé partout dans les faits saillants », a confié celui qui a adoré vivre la rivalité avec Montréal dans l’uniforme des Maple Leafs.

 

La cause de la santé mentale

 

Ceux qui suivent l’actualité sportive de près n’ont pas oublié que Richardson et sa femme ont été éprouvés par le suicide de l’une de leurs filles il y a quelques années. Richardson et sa famille s’impliquent donc dans la cause de la santé mentale particulièrement auprès des jeunes.

 

« On a jugé qu’il fallait agir et le hockey est une plate-forme qui peut aider. Mes joueurs ont toujours supporté mes initiatives. C’est important, ça va si vite dans le monde d’aujourd’hui, les choses peuvent virer mal très rapidement. On espère pouvoir aider la communauté de Montréal dans ce sens éventuellement », a conclu Richardson.