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BROSSARD – Après avoir accompli un saut de 25 points au classement en une année, l’enjeu s’avère de savoir si l’organisation passera à la prochaine vitesse autant dans les gestes de la direction pour améliorer l’équipe que dans les performances des joueurs.

 

Outre le sujet chaud de Jonathan Drouin, c’est le thème qui est ressorti du bilan de Marc Bergevin. Le directeur général a répondu à plusieurs questions pour déterminer si le moment était venu d’agir avec plus d’agressivité pour propulser le Canadien vers le sommet.

 

Bien sûr, la première méthode serait de tenter le gros coup via le marché des joueurs autonomes, mais Bergevin n’a jamais été le plus friand de ces dépenses – souvent excessives – durant la période estivale. Le DG refuse toutefois de dire qu’il n’a pas essayé cette approche auparavant.

 

« On a été agressifs par le passé, c’est simplement que des joueurs ont choisi d’aller ailleurs. Ce sont des joueurs qui peuvent choisir parmi sept, huit ou neuf offres et on a été dans les sept ou huit clubs qui n’ont pas été sélectionnés », a voulu préciser Bergevin.

 

Cela dit, le dirigeant du Tricolore considère que ses propositions seront plus attrayantes maintenant. L’an dernier, Bergevin avait admis que des joueurs n’avaient tout simplement voulu étudier une offre de sa part (on peut penser à John Tavares et Paul Stastny).

 

Les efforts de Bergevin sont louables, on ne l’imagine pas à se tourner les pouces dans son bureau sans vouloir améliorer sa formation. Par contre, plusieurs partisans sont irrités par l fait que le Canadien se soit gardé un coussin relativement imposant sous le plafond salarial cette année et la précédente. Il se dit prêt à changer la donne.

 

« 100%, j’ai toujours eu la permission, je suis prêt à m’y rendre, mais ça implique de s’engager sur quelques années quand on parle de joueurs autonomes », a-t-il dit en affichant son approche prudente.

 

L’autre réalité qui a relancé cette option d’appuyer sur l’accélérateur vient de nul autre que Carey Price. Le gardien du Canadien n’a pas caché, devant les médias, que sa « fenêtre d’opportunité » devient plus petite à 31 ans. On pourrait ajouter le défenseur Shea Weber à l’équation avec ses 33 bougies.

 

« On peut regarder du côté de Boston avec (Zdeno) Chara qui vient de signer pour une autre année. C’est dangereux d’aller juste avec des jeunes sans les guider. Comme capitaine, Shea beaucoup de valeur et, pour Carey, il y a l’exemple de Pekka Rinne qui continue de connaître du succès. Je crois sincèrement qu’on a encore du temps avec ces deux joueurs », a répondu Bergevin.

 

C’est là que la date limite des transactions revient sur le tapis. Columbus a misé gros à ce moment et ils ont acquis leur place en séries contrairement au Canadien qui a été plus prudent.  

 

« C’est une bonne question, mais les discussions avec les autres équipes évoquaient les noms de (Ryan) Poehling et (Alexander) Romanov. Je n’étais pas prêt à faire cela », a-t-il rappelé.

 

Et les offres hostiles dans tout ça ?

 

Tranquillement, la discussion s’est animée avec les nombreuses questions sur la possibilité de déposer une offre hostile sur un joueur autonome avec restriction déjà établi dans la LNH. Étant donné que le Canadien peine à attirer des joueurs autonomes et que les moyens financiers sont présents, n’est-ce pas le contexte idéal pour appuyer sur la gâchette ?

 

« Si tu veux utiliser cette avenue, il faut être prêt à payer le prix. Si ces joueurs n’ont pas d’entente, c’est parce qu’ils sont trop gourmands ou que leur équipe n’a pas l’espace sous le plafond salarial. (La compensation) peut aller jusqu’à trois choix de première ronde. Avec la parité, tu peux finir par devoir donner trois choix dans le top-5 », a expliqué Bergevin

 

« Il faut penser à long terme. C’est un outil qu’on étudie », a-t-il ajouté.

 

Le débat est revenu sur le tapis vers la fin de son point de presse en exposant que ces joueurs ont déjà prouvé leur valeur dans la LNH tandis que les choix au repêchage qui seraient sacrifiés demeurent un risque. C’est à ce moment que Bergevin s’est montré un peu plus incisif.   

 

« C’est facile de dire ça en étant assis dans une chaise de journaliste. Quand tu es dans ma chaise, celle de directeur général, tu dois penser à long terme également. Faites-moi confiance, c’est un outil qu’on regarde TOUT LE TEMPS », a insisté le DG.

 

Peu importe la manière que Bergevin choisira pour faire évoluer sa troupe, c’est l’accès aux séries qui compte pour les partisans. Le Canadien vient de rater les séries pour une troisième fois en quatre ans et certains n’ont pas retrouvé leur confiance en ce dirigeant.

 

« À mon arrivée, on s’est rendus en finale d’Association. Jusqu’à l’an passé, on avait le même noyau et j’ai pris la décision de le modifier. On est devenus plus rapides, plus jeunes et plus énergiques. C’est la voie qu’on va continuer d’emprunter. Si je suis un fan – ça se peut que je me trompe – mais je crois qu’on a réussi une très bonne poussée », a témoigné Bergevin.

 

Bergevin dit qu'il pourra être prudent avec les jeunes

 

Ce n’est pas le sujet qui a le plus retenu l’attention, mais les modifications au groupe d’entraîneurs – avec les ajouts de Dominique Ducharme et Luke Richardson - ont définitivement aidé le Canadien.

 

« Je suis très satisfait de Claude (Julien) et des entraîneurs. Pour les unités spéciales, on a beaucoup progressé pour le désavantage numérique. On a fini 30e pour le jeu de puissance donc il y a beaucoup de place pour l’amélioration. Mais ce n’est pas synonyme de succès pour les équipes, on l’a vu avec Nashville (31e) et Columbus (28e) sauf que c’est certain qu’on veut s’améliorer à ce chapitre », a réagi le DG.

 

Les entraîneurs ont aussi favorisé l’éclosion des jeunes comme Jesperi Kotkaniemi, Max Domi et Victor Mete. La suite devra cependant se faire sous le signe de la prudence principalement avec Ryan Poehling.  

 

« On ne va pas forcer les jeunes joueurs, on les juge selon leurs performances. Si un jeune fait l’équipe, mais qu’il faiblit vers Noël, il ira à Laval », a indiqué Bergevin qui croit détenir les ressources nécessaires pour ne pas précipiter les espoirs dans le feu de l’action.

 

C’est aussi avec le Rocket que du renfort serait bienvenu. Bergevin a rappelé que la perte de joueurs comme Kenny Agostino, Nikita Scherbak et Jacob de la Rose n’a pas aidé Joël Bouchard et ses acolytes.

 

« J’ai donné des choix au repêchage par le passé et le bassin des gars qui peuvent aller à Laval commence à se renflouer avec des gars comme (Josh) Brook, (Cayden) Primeau, Poehling et (Nick Suzuki. Mais je suis très satisfait du travail de Joël », a conclu Bergevin.

 

Les séries et rien de moins l'an prochain
Une progression intéressante

 

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