BUFFALO – Si Owen Beck n’avait pas tout ce talent au hockey, il aurait entamé des études en médecine pour devenir anesthésiste. Sur la patinoire, il déploie justement un style alliant une grande précision dans ses actions et un sens aigu des détails.

 

Doué au niveau académique, Beck passe une partie de ses étés à Montréal pour s’entraîner depuis qu’il est âgé de 15 ans. Il connaît donc très bien la métropole québécoise tout en comprenant le français grâce à son parcours scolaire.

 

D’ailleurs, depuis qu’il a été repêché, au 33e rang, en juillet, au Centre Bell, Beck déploie des efforts pour parler la langue de Maurice Richard.

 

Sa sélection avait fait sourciller certains partisans du Canadien qui aurait souhaité que le club montréalais se tourne plutôt vers un espoir du Québec (comme Noah Warren et Tristan Luneau qui étaient disponibles) après avoir pigé deux fois en Slovaquie en première ronde avec Juraj Slafkovsky et Filip Mesar.

 

Mais Beck jouit d’une réputation enviable dans le milieu du hockey. Déjà doté d’un style complet comme joueur de centre, il se démarque via son intelligence. Le bémol associé à Beck concerne son potentiel offensif qui pourrait être limité, mais il s’attarde à corriger le tir.

 

À le voir s’illustrer au tournoi des recrues à Buffalo, ça ne serait pas étonnant qu’il reste dans l’entourage des Canadiens jusqu’au camp d’entraînement officiel.

« Quand il sera dans la LNH, ce sera de voir s’il s’établira comme deuxième ou troisième centre, mais il ne sera pas plus bas que ça. Il ne sera pas le meneur du premier trio, il n’est pas du genre à tricher pour aller ajouter des points », a décrit James Richmond, son entraîneur avec les Steelheads de Mississauga.

 

Richmond parle avec cette assurance car il est un témoin privilégié du professionnalisme qui définit l’attitude de Beck. Il ne parle pas non plus à travers son chapeau puisque chaque été, des joueurs de la LNH comme Tyler Toffoli retournent s’entraîner avec lui pour peaufiner des aspects.

 

L’entraîneur confirme une perception qui se dégage de Beck, le droitier de 18 ans ne semble pas impressionné par les athlètes du circuit Bettman.

 

« Il respecte la LNH et les joueurs, mais je ne crois pas qu’il soit effrayé de lutter contre eux pour un poste. Certains jeunes sont épatés et leur mâchoire décroche... Owen sait qu’il s’agit de la meilleure ligue, mais il pense être en mesure de s’y tailler une belle place. Je trouve que c’est un point positif », a-t-il cerné.

 

« Il fonce comme un bélier! »

 

Là où Richmond nous a envoyé une balle courbe, c’est en décrivant un trait qu’on ne soupçonnait pas chez Beck.

 

« Il fonce comme un bélier! Si tu ne le laisses pas te contourner, il va passer par-dessus toi. Il est vraiment agréable à regarder avec sa vitesse, la puissance des jambes et la qualité de son lancer », a soulevé Richmond.

Beck touche de nouveau la cible!

 

Ce descriptif a mené à sonder Arber Xhekaj qui raffole du jeu robuste. L’imposant défenseur a souvent affronté Beck l’année dernière dans le hockey junior ontarien.

 

« Il m’a grandement surpris en séries, on avait de gros défenseurs au sein de notre équipe et certains de leurs attaquants craignaient de se frotter à nous. Lui, il n’a reculé devant rien. C’est un attaquant avec de belles habiletés », a témoigné Xhekaj.

 

En l’espace de deux matchs, Beck s’est attiré des éloges de Jordan Harris et de l’entraîneur Jean-François Houle.

 

Bref, ce petit échantillon n’a rien de scientifique, mais il nous laisse conclure qu’il pourra reporter ses études, du moins de quelques années.