Déjà victime de cinq buts qui ont contribué à raviver, et le mot est faible, le vent de critiques à son endroit, Carey Price a été déjoué une sixième fois en prolongation offrant du coup une victoire de 6-5 aux Sabres de Buffalo.

 

Price a été très faible sur le but qui a contraint le Tricolore à encaisser un deuxième revers de suite pour la première fois de la saison. Il a été déjoué par un tir que le défenseur Rasmus Ristolainen a décoché en traversant la ligne bleue.

 

Price n’avait pas la vue voilée. Il avait tout le temps nécessaire pour réaliser l’arrêt. Un arrêt qu’on aurait ajouté dans la liste des arrêts de routine s’il l’avait effectué. Mais il a perdu la rondelle de vue et elle s’est faufilée à sa gauche.

 

Des huées nourries ont alors envahi le Centre Bell. Des huées à l’endroit du Canadien, bien sûr, mais surtout à l’endroit de son gardien vedette qui avait essuyé, plus tôt dans le match, des applaudissements offerts en dérision après un arrêt de routine.

 

« Ne passons pas par quatre chemins : je n’ai pas été vraiment bon ce soir » que Price a lancé aux journalistes que le gardien attendait devant son casier après avoir retiré son équipement.

 

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait des ennuis avec sa technique, avec son positionnement ou avec son équipement – il est revenu à ses jambières blanches après avoir disputé deux matchs avec les jambières rouges qu’il utilisait depuis quelques semaines aux entraînements seulement – Carey Price a été très clair : «Ça n’a rien à voir avec l’équipement. C’est en haut que ça se passe – lire au niveau de la confiance et de la concentration – et je dois trouver des solutions.»

 

Carey Price a été victime de six buts sur 31 tirs. Il a encaissé hier sa troisième défaite en prolongation de la saison. Il a maintenant perdu sept des 12 matchs (5-4-3) qu’il a disputés. Il a été déjoué 36 buts en 12 rencontres. Pis encore, il vient d’accorder cinq buts dans deux matchs de suite et un total de 18 à ses quatre dernières parties.

 

Rien pour calmer la grogne des partisans qui ne voient plus en Price le gardien qui a gagné les trophées Hart, Vézina, Ted Lindsay et Jennings en 2014-2015. Rien pour apaiser les craintes des partisans qui remettent maintenant en question le contrat de huit ans à 10,5 millions $ par saison qu’il écoule à compter de cette année.

 

Défensive poreuse

 

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Carey Price a été mauvais sur le but victorieux des Sabres. C’est clair.

 

Il a aussi mal paru sur le quatrième alors qu’il n’a pas réagi après que la rondelle eut touché le poteau. Déjoué par la rondelle qu’il avait de toute évidence perdue de vue, Price est demeuré agenouillé en regardant vers la droite au lieu de revenir devant sa cage. Jeff Skinner a profité de l’occasion pour marquer un but facile.

 

Mais sur les autres buts des Sabres, il est difficile de blâmer Price. Ou de lui imputer toute la faute, comme s’est d’ailleurs assuré de l’indiquer l’entraîneur-chef Claude Julien après le match.

 

«Carey n’est pas à son meilleur présentement. C’est évident. Mais on ne peut s’attaquer seulement à lui. Nous avons joué beaucoup trop mollement ce soir. L’implication qu’on obtenait de tous nos joueurs en début de saison n’était pas là ce soir. Comme elle n’était pas là en deuxième portion de match mardi à New York», a souligné Julien qui a ajouté que ce genre de performance collective n’aidait en rien Price à retrouver la forme qui a fait de lui l’un des meilleurs gardiens de la Ligue.

 

« Quand on regarde ses sorties depuis le début de la saison, on doit conclure que Carey a été bon. Tout le monde sait qu’il peut être excellent. Il est le premier à le savoir. Mais nous ne l’aidons à retrouver ce niveau de jeu en jouant comme on l’a fait ce soir devant lui. »

 

Sur le premier but, Price a été déjoué au terme d’une descente à deux contre un. Vladimir Sobotka a reçu une passe parfaite que Victor Mete n’a pas été en mesure de prévenir alors que c’était sa tâche première en telle situation. Et c’est Xavier Ouellet qui a offert ce deux contre un avec une poussée hasardeuse en zone ennemie alors que les Sabres amorçaient une contre-attaque.

 

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Sur le deuxième, Sobotka s’est emparé d’un retour à l’embouchure du filet. Claude Julien a logé un appel prétextant de l’obstruction à l’endroit de son gardien. Les reprises ont rapidement permis aux arbitres et responsables des analyses à la salle de contrôle de Toronto de conclure que Price n’a pas été gêné suffisamment pour refuser le but.

 

De fait, ce que la reprise a surtout démontré, c’est que deux joueurs des Sabres étaient à quelques centimètres de Carey Price alors qu’aucun de ses coéquipiers n’était présent pour l’aider.

 

Le troisième but a été le résultat d’un revirement et le cinquième, un but qui a permis aux Sabres de niveler les chances en début de troisième, a suivi une mise en jeu perdue en zone défensive. Non seulement Phillip Danault a-t-il perdu cette mise en jeu – le centre a connu une soirée difficile (33 %) de 7 gains en 21 duels – mais ses coéquipiers sont demeurés les patins dans le sable pendant que Jeff Skinner, sur une belle passe de Jack Eichel (sa 15e cette saison) marquait son deuxième du match et son 11e de la saison sans même avoir à forcer.

 

Price ou Niemi samedi?

 

Carey Price encore chancelant

Au-delà les analyses objectives des buts, il faut être très clair : si Price ne peut être directement et copieusement blâmé sur quatre des six buts marqués par les Sabres hier, il faut absolument ajouter qu’il a habitué les partisans de son équipe à s’imposer plus souvent qu’autrement sur les situations qui ont mené à ses quatre buts.

 

Et c’est parce qu’il n’a pas réalisé d’arrêts nécessaires sur l’un de ses quatre buts des Sabres et aussi sur deux des buts des Rangers, mardi à New York, que la grogne et l’inquiétude s’installe chez les partisans.

 

Il sera d’ailleurs intéressant de voir si Claude Julien, qui a décidé de garder Price dans le match après deux périodes – il avait accordé quatre buts sur 21 tirs – alors que son vis-à-vis chez les Sabres, Phil Housley, a gardé Linus Ullmark au banc après deux périodes (cinq buts sur 32 tirs) pour le remplacer par Carter Hutton – il a stoppé les cinq tirs du Canadien en troisième et n’a fait face à aucun tir en prolongation – reviendra avec Price samedi soir lors de la visite de Max Pacioretty et des Golden Knights de Las Vegas.

 

« Il y a beaucoup d’attention accordée au gardien parce que ses erreurs sont plus évidentes que celles des autres joueurs. Mais je peux vous assurer que nous avons des gars qui ont commis des erreurs bien plus graves et ils s’en sortent parce qu’il y a moins d’attention sur eux. On a entièrement confiance en Carey. Il le sait. Il sait aussi que son équipe est derrière lui. Il a besoin d’un gros match et nous devons disputer une grosse partie devant lui aussi afin de l’aider », a souligné l’entraîneur-chef du Canadien à la fin de son point de presse.

 

Une déclaration qui laisse croire que Julien reviendra avec Price samedi contre Pacioretty et sa nouvelle équipe plutôt que de donner le match à Antti Niemi.

 

Attaques massives très passives

 

Price est frustré de lui-même

Le ou les mauvais buts accordés par Carey Price et les six buts marqués par les Sabres retiennent majoritairement l’attention à la suite du deuxième revers de suite aux mains des Sabres. Mais il faudrait rappeler que le Canadien a non seulement été blanchi en cinq attaques massives, mais il a bousillé une première occasion à cinq contre trois (1 :14) en tout début de match et une deuxième de 27 secondes en troisième période...

 

Disons que ça n’a pas aidé la cause du Tricolore.

 

Mais quand une équipe offre cinq buts à son gardien, ce gardien doit trouver une façon de gagner. Les Sabres ont eu besoin de leurs deux gardiens, c’est vrai, mais ils s’y sont arrivés.

 

En bref

  • Rares notes positives à tirer de la défaite du Canadien, Max Domi a poursuivi sur sa lancée alors qu’il a récolté trois passes. Domi revendique maintenant neuf buts et 19 points en 16 parties. Il a vu sa séquence de matchs consécutifs avec un but s’arrêter à quatre, mais il surfe tout de même sur une séquence de huit points récoltés à ses cinq dernières rencontres…
     
  • Nicolas Deslauriers avec son premier but de la saison, Matthew Peca avec son premier dans l’uniforme du Canadien et Jonathan Drouin (7e cette année) ont marqué en plus d’ajouter une passe à leur fiche personnelle. Andrew Shaw a été l’autre marqueur du Canadien...
     
  • Jesperi Kotkaniemi a effectué 15 présences dans le match de jeudi dont quatre seulement en troisième période. Seul Charles Hudon (11:13) a joué moins que la recrue (11:21). Pourquoi? « On sait tous ce que Jesperi peut faire avec la rondelle. Défensivement c’est plus difficile depuis quelques matchs. Ses décisions sont moins bonnes. Il apprend. On travaille beaucoup avec lui sur le vidéo et c’est normal qu’on contrôle plus son temps de jeu », a expliqué Claude Julien après le match…
     
  • Si les Sabres de Buffalo sont sortis du Centre Bell avec deux points, il est impératif d’ajouter que ce n’est pas parce qu’ils ont bien joué, ou mieux joué que le Canadien. Les deux clubs ont été désorganisés en attaque, surtout en avantage numérique, ont été poreuses en défensive et les gardiens ont été généreux, voire mauvais par moments. De fait, si le Canadien et les Sabres ont collectivement ajouté trois points au classement en vertu des nouvelles règles de la LNH, il est facile de prétendre qu’ils ne méritaient pas le moindre point pour la qualité du jeu offert. Comme quoi ce n’est pas parce que deux clubs marquent un total de 11 buts qu’ils disputent un bon match de hockey. Mais bon! Ça prend un gagnant et un perdant…