Le Canadien a fait mille et une petites et grandes choses de bien mardi soir pour battre les Flames de Calgary 3-2 et s’emparer, du moins provisoirement, du premier rang de la division Atlantique et même de l’Association Est au grand complet.

 

« Il n’y a pas beaucoup de négatif à relever dans notre jeu ce soir », a convenu l’entraîneur du Canadien Claude Julien. Un coach qui, loin de triompher, admet candidement qu’il ne sera jamais vraiment satisfait bien qu’il soit content de la façon dont son équipe joue depuis le début de l’année.

 

Après l’effondrement de samedi à Ottawa, le Canadien a rebondi contre une bonne équipe. Il a pris les moyens pour signer une victoire significative. La 289e en carrière de Carey Price qui rejoint ainsi Patrick Roy au deuxième rang des gardiens les plus victorieux de l’histoire du Tricolore. Le titre revient à Jacques Plante qui en revendique 314.

 

Quand les Flames ont réduit l’écart à 3-2 en milieu de troisième période, on a senti un petit vent d’inquiétude flotter dans les hauteurs du Centre Bell. Est-ce que le Tricolore allait échapper une avance de deux buts dans un deuxième match de suite?

 

C’est là que Max Domi s’est illustré. Qu’il s’est imposé!

 

Max Domi a été le meilleur joueur du Canadien mardi soir. Du moins à mes yeux.

 

Au centre d’un trio complété par Jonathan Drouin et Artturi Lekhonen, il a orchestré de belles poussées en distribuant de belles passes. Il a d’ailleurs récolté deux aides sur les deux buts marqués lors d’attaques massives en période médiane. Deux buts qui ont finalement permis au Canadien de percer le gardien David Rittich qui a finalement cédé après avoir réalisé 26 arrêts consécutifs, dont plusieurs beaux, voire très beaux, et quelques fois un brin ou deux chanceux.

 

Max Domi s’est aussi assuré d’être solide en échec avant et d’être, une fois encore, très efficace dans sa manière de venir en aide à ses défenseurs.

 

Dans toutes les facettes du jeu, Domi joue avec un heureux mélange de hargne, de vitesse et d’aplomb.

Il joue aussi avec beaucoup d’instinct. Un instinct qui le guide vers les bonnes décisions qu’il a multipliées tout au long du match face aux Flames.

 

Les Flames amputés de 90 secondes

 

De tous les jeux qui l’ont mis en valeur, et il y en a eu beaucoup, c’est en toute fin de rencontre que Domi a réalisé le plus beau. Le plus important peut-être.

 

Avec un recul d’un but à combler, l’entraîneur-chef Bill Peters a tenté de rappeler son gardien au banc à la faveur d’un sixième attaquant alors qu’il restait 2:45 à écouler au match. David Rittich s’est alors avancé vers le banc une première fois. Mais il a dû retraiter alors que la rondelle est revenue vers son but.

 

Qui suivait cette rondelle pour le Canadien?

 

Max Domi.

 

Qu’a fait Domi une fois en zone des Flames?

 

Il s’est démené, il a travaillé, il s’est chamaillé, il a pris tous les moyens pour garder la rondelle en zone ennemie. Cette séquence de Domi a privé les Flames d’une bonne minute, peut-être même de 90 secondes d’attaque à six contre cinq.

 

C’est énorme!

 

« Je te dirais que 99,99 % de ce que tous les joueurs de hockey accomplissent sur une patinoire, ils l’accomplissent par instinct. Oui il y a un plan de match. Sur la séquence dont tu parles, on regarde le cadran, on entend les avertissements lancés du banc alors que le gardien adversaire est sorti ou qu’il tente de sortir, mais c’est l’instinct qui te guide. Je voulais m’assurer de les garder le plus loin possible de notre zone. Pour y arriver, tu dois éviter les jeux risqués et y aller à fond. J’ai eu du succès, mais quand tu regardes ce que les gars ont fait ensuite en coupant des passes, en fermant notre zone en se dressant à la ligne bleue, c’est vraiment un effort collectif qui a permis de protéger notre avance comme nous sommes arrivés à le faire », a indiqué Domi.

 

«Après le match de samedi, c’était important de rebondir comme on l’a fait ce soir. C’est un grand pas en avant que nous avons fait ce soir comme équipe. Les 25 premiers matchs de la saison servent à mettre la table pour le reste de la saison et nous tenons à prendre les moyens pour donner un bon élan à cette saison», a-t-il ajouté.

 

Fier et à sa place

 

Bien qu’il ne soit pas friand de compliments et qu’il ait balayé celui que je lui ai lancé dans le vestiaire après le match, je trouve Max Domi beaucoup plus à l’aise sur la patinoire. Beaucoup plus aiguisé qu’à ses premières rencontres.

 

« J’aime mieux que tu dises que toute l’équipe est plus à l’aise. Si je suis meilleur qu’en début de saison, c’est parce que j’ai des ailiers qui jouent bien, que nos défenseurs jouent bien et que Carey effectue les gros arrêts », a aussitôt répliqué celui qui a été acquis en retour d’Alex Galchenyuk l’été dernier.

 

Si Domi tend à se défiler devant les compliments, cela n’a pas empêché Claude Julien d’en faire quelques-uns relativement à son jeu solide en fin de match et sur son jeu en général.

 

« Max est un joueur qui s’intègre très bien à notre équipe et à la manière dont nous voulons qu’elle joue. Il prend une fierté dans son rôle de centre. On aime ce qu’on voit entre lui et Jonathan (Drouin). Jonathan a trouvé sa confiance, sa ténacité, son patin depuis qu’il est retourné avec Max. Il est dans sa bulle. C’est la même chose pour Max qui semble avoir trouvé sa confiance et qui affiche plus de détermination. Il prend de la fierté dans son rôle de centre. Il pense aussi à l’autre côté de la rondelle. Il travaille de façon consciencieuse », a défilé l’entraîneur-chef du Canadien.

 

« C’est plaisant de jouer au centre et d’être impliqué dans toutes les facettes du jeu », a simplement réagi Domi qui, en prime, a gagné 60 % (9 en 15) des mises en jeu qu’il a disputées mardi.

 

En bref

  • Carey Price a volé plusieurs des 289 victoires signées en carrière avec le Canadien. Il a été la pièce maîtresse de plusieurs dizaines d’autres. Peutêtre même plus d’une centaine. Mais hier, comme c’est le cas depuis le début de la saison, Price n’a pas eu à voler le match. Il n’a pas eu à occuper une place parmi les trois étoiles pour gagner. Surpris par une rondelle qui a dévié sur la lame du patin de Phillip Danault, Price n’a pas eu le temps de réagir. On pourra lui reprocher de ne pas avoir déployé davantage sa jambière droite pour éviter qu’elle serve de ricochet vers le fond du filet au lieu de stopper la rondelle, mais il s’est bien repris avec quelques bons arrêts. Pendant que son vis-à-vis David Rittich faisait face à un barrage de 40 tirs – dont 21 au cours de la seule 2e période – Price n’a fait face qu’à 23 tirs au total. «C’est l’objectif de lui faciliter la tâche en offrant du meilleur jeu devant lui», a convenu le défenseur Jeff Petry après le match...
     
  • Les deux buts en attaques massives marqués aux dépens des Flames ont permis au Canadien de faire mouche en supériorité numérique dans une cinquième partie de suite. Depuis qu’ils ont été blanchis 3-0 par les Kings de Los Angeles – zéro en quatre lors de cette partie – les joueurs du Canadien ont marqué six fois en 23 occasions pour une efficacité de 26 %...
     
  • Après avoir accordé cinq buts en 13 désavantages lors des quatre derniers matchs, le Canadien a blanchi les Flames en cinq occasions mardi. Plusieurs joueurs se sont imposés dans cette facette du jeu, mais Jordie Benn a excellé en fin de rencontre alors que Max Domi s’est retrouvé au cachot...
     
  • Autre statistique intéressante en faveur du Canadien, il s’est imposé pour une rare fois cette saison aux cercles de mises en jeu terminant la rencontre avec une fiche positive de 54 %. Phillip Danault (11 en 17) a été le meilleur, Matthew Peca (4 en 4) et Max Domi (9 en 15) ont été solides alors que Jesperi Kotkaniemi en a arraché (3 en 11). C’est l’expérience qui entre...
     
  • En plus de dominer (40-23) les Flames au chapitre des tirs au but – Brendan Gallagher a été le meilleur avec sept, suivi de Mike Reilly avec six – le Canadien a été aussi le plus actif physiquement avec 35 mises en échec contre 23. Il est rare de voir le club ayant le plus contrôlé la rondelle être aussi celui qui a distribué le plus grand nombre de coups d’épaule...