MONTRÉAL - Victime de huit revers de suite entre le 16 novembre et le 1er décembre, le Canadien vient de signer six victoires en huit matchs. Dont deux de suite en lever de rideau d’un très long voyage de sept matchs qui n’annonçait rien de bon.

 

Voilà que l’équipe qui piquait du nez au classement se réveille au deuxième rang de la division atlantique.

 

Bon! Cette deuxième place est loin d’être confortable, d’autant que le Canadien n’est qu’à deux points d’une exclusion des séries, mais quand même : on parle ici d’importants revirements de situations.

 

En voici d’autres : il serait difficile ce matin de réclamer les congédiements de Claude Julien et de Marc Bergevin pour ensuite les chasser de Montréal après les avoir couverts de goudron et de plumes alors qu’il y a quelques semaines, ils étaient condamnés sur la place publique, sans la moindre possibilité de se défendre.

 

Ce sont justement d’autres revirements de situations qui ont ramené le Canadien vers la victoire jeudi à Calgary.

 

Car on va se le dire, après une période, le Canadien s’était grandement compliqué la vie en laissant les Flames marquer le premier but du match.

 

Et comme si ce n’était pas déjà assez, la troupe de Claude Julien a accordé, pour la 13e fois en 10 matchs déjà cette année, un filet au cours de la dernière minute d’une période se retrouvant au vestiaire avec un recul de 0-2.

 

Les probabilités de victoire semblaient alors bien minces. Pour le Canadien bien sûr!

 

Tenez : le Canadien n’affichait que deux victoires (2-10-3) depuis le début de la saison dans le cadre des 15 parties au cours desquelles il a tiré de l’arrière par deux buts.

 

Histoire d’en rajouter, il n’avait gagné que trois fois (3-5-1) dans les neuf matchs où il s’est montré généreux en fin de période.

 

Aide-toi et le ciel t’aidera!

 

Mais quand une équipe est sur une bonne lancée, quand elle joue avec confiance et qu’elle sait mettre les chances de son côté, il arrive ce qui est arrivé jeudi soir.

 

Pas question de minimiser la victoire arrachée par le Canadien en l’imputant à la chance.

 

Loin de là.

 

Car après une première période inégale pour rester poli, le Canadien s’est vraiment bien repris au cours des 40 dernières minutes de jeu. Il a été beaucoup plus précis dans ses exécutions. Il a été beaucoup plus actif dans ses actions. Plus simplement, il a joué du bien meilleur hockey.

 

Sans oublier qu’au-delà toutes ses lacunes à l’attaque, en défensive et dans différents aspects du jeu, le Canadien ne lâche jamais. En fait non : il ne faut jamais dire – ou écrire – jamais en pareille situation, mais on peut lancer sans se tromper qu’il lâche rarement.

 

Cela dit, quand Brendan Gallagher a tiré du coin de la patinoire, les chances qu’il surprenne David Rittich étaient minces. Presque nulles. Mais il a marqué quand même. Une autre preuve qu’à force de frapper à la porte, même quand tu n’as pas la clef pour la débarrer, il y a moyen de finir par l’ouvrir. Surtout dans le cas de Gallagher.

 

Et dans une rare situation où la reprise est plus nébuleuse que tranchante dans le cadre d’une contestation reliée à la prétention qu’un but ait été marqué après un hors-jeu raté par les juges de lignes, la décision finale a avantagé le Tricolore deux fois plutôt qu’une : elle a confirmé le but de Joel Armia en plus d’entraîner une pénalité mineure aux Flames.

 

La dernière fois où le Canadien a été impliqué dans une contestation aussi serrée en matière de hors-jeu, c’est Claude Julien qui avait pris le pari de contester un but des Bruins parce que Charlie Coyle semblait être entré en zone du Tricolore sans avoir le plein contrôle de la rondelle.

 

Les responsables de Toronto avaient donné raison à Julien.

 

Jeudi, dans un jeu similaire sans être identique, les responsables de Toronto ont balayé du revers de la main les prétentions de son ancien adjoint Geoff Ward qui est maintenant à la barre des Flames.

 

Ce but d’Armia effaçait l’avance des Flames.

 

Six reculs de deux buts comblés

 

C’était la sixième fois que le Canadien comblait ainsi un recul de deux buts dans une partie.

 

Mais le plus dur restait à faire.

 

Et si le passé était garant du futur, on allait se coucher plus tard encore que prévu, puisque lors des cinq premières remontées de deux buts pour niveler les chances, les cinq matchs s’étaient décidés au-delà les 60 minutes réglementaires.

 

Deux fois dans le cadre de victoires :

 

  • Le 5 octobre, à Toronto, dans un gain de 65 en fusillade;

 

  • Le 31 octobre, à Las Vegas, dans un gain de 54 en prolongation;

 

 

Trois fois dans le cadre de défaites :

 

  • Le 3 octobre, en Caroline, dans un revers de 54 en tirs de barrage lors du premier match de la saison;

 

  • Le 9 octobre, à Buffalo, dans un revers de 54 en prolongation;

 

  • Le 7 novembre, à Philadelphie, dans un revers de 32 encore en prolongation;

 

Comme il l’avait fait à Las Vegas le soir de l’Halloween, c’est Max Domi qui a offert la victoire au Canadien. Il a mis un terme à une disette de 11 matchs de suite sans but. Une disette dont il se sortira peut-être un moment donné alors qu’il n’a touché le fond du filet que lors de deux de ses 22 derniers matchs.

 

À l’image de ce que l’on voit souvent au hockey, surtout en prolongation, Domi a marqué le but gagnant dans le cadre d’un gros revirement de situation puisqu’il a déjoué David Rittich sur une poussée qui a immédiatement suivi un gros arrêt de Carey Price aux dépens d’Elias Lindholm qui s’est retrouvé seul devant lui.

 

Plus tôt en troisième, les Flames avaient pris les devants 3-2 sur une situation inverse : Price a été surpris par un tir d’Oliver Kylington après que Joel Armia eut raté une chance en or à l’autre bout.

 

Je n’ai pas aimé ce but accordé par Price. Le tir était solide et précis. Mais Price a semblé être lent à réagir. Il s’est brillamment repris par la suite avec des arrêts qui ont permis au Canadien de se rendre en prolongation et de gagner. Et plus tôt dans le match, il a aussi réalisé un bijou d’arrêt sur un jeu plus beau encore alors que Matthew Tkachuk a décoché un bon tir de l’enclave en glissant la lame de son bâton entre ses patins pour compliquer la tâche du gardien.

 

Suzuki récompensé lui aussi

 

Brendan Gallagher, pour l’ensemble de son œuvre, et Max Domi, qui affiche plus de conviction dans ses efforts depuis quelques matchs, ne sont pas les seuls à avoir été récompensés jeudi à Calgary.

 

Nick Suzuki l’a été également.

 

Le jeune en met plein la vue depuis le début de la saison. Il impressionne par sa vision, son sens du jeu, la qualité de ses passes, l’agilité de ses mains. Mais on voudrait tous le voir tirer davantage. Il l’a fait jeudi cadrant six des sept rondelles qu’il a dirigées vers la cage des Flames.

 

En prime, il s’est encore comporté comme un général dictant le jeu du Canadien au sein de la première unité d’attaque massive. Le Tricolore n’a pas fait mouche en supériorité numérique jeudi, mais la qualité des échanges et la vitesse avec laquelle la rondelle glissait en zone ennemie devraient se traduire par des buts avant longtemps.

 

Ce que Suzuki a fait de mieux toutefois, et c’est sans doute ce qui lui vaudra de gagner le plus la confiance de son coach et de diminuer les remarques aigres-douces à son endroit, c’est d’être allé devant le filet des Flames, d’avoir bataillé pour protéger sa position d’où il a habilement fait dévier un tir/passe de Nick Cousins pour permettre au Canadien de créer l’égalité une deuxième fois dans le match et propulser la rencontre en prolongation.

 

On sait tous que Suzuki est bon. Ça saute tellement aux yeux qu’il faudrait tourner la tête pour ne pas le voir.

 

Mais en s’inspirant de Brendan Gallagher de temps en temps, Suzuki s’offrira non seulement des moyens de mousser sa production offensive, mais de mousser sa popularité chez les partisans, au sein de ses coéquipiers et dans le bureau des coachs aussi.

 

En bref

 

  • À l’image de ce qu’il avait fait mardi à Vancouver, Phillip Danaut a été un héros obscur, mais important dans la victoire du Canadien. Vrai qu’il était au cachot en fin de première période, ce qui a ouvert la porte au deuxième but des Flames, mais il a remporté 16 des 30 mises en jeu gagnées par son équipe. Et il a disputé 23 des 63 mises en jeu déposées au cours de la rencontre...

 

  • Ben Chiarot a terminé la rencontre avec un différentiel de plus4 jeudi en plus d’avoir dominé le Tricolore avec 26 minutes d’utilisation. C’est non seulement la première fois que Chiarot obtient un tel succès au chapitre des plus et des moins cette saison, mais il est le premier joueur du Tricolore à terminer à plus-4 cette année...

 

  • Inversement, Jeff Petry et Brett Kulak ont connu une soirée difficile jeudi à Calgary. Surtout en première moitié de rencontre alors qu’ils étaient bien plus menaçants contre leur club qu’à l’endroit des Flames...

 

  • Ryan Poehling semble avoir compris que c’est en jouant comme un col bleu qui est fier de l’être et non en se concentrant sur le simple objectif de marquer des buts qu’il moussera ses chances de demeurer avec le grand club au lieu de retourner à Laval lorsque les blessés reviendront au jeu. Car ils reviendront bien un jour...

 

  • Des 14 buts que le Canadien a accordés en fin de période depuis le début de la saison, huit ont été concédés en fin de première période, trois en fin de période médiane et deux en fin de troisième tiers...