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MONTRÉAL – Le Canadien a subi une défaite de 4-0 samedi face aux Sénateurs d’Ottawa. Voici nos observations.

Triste spectacle

Si vous vous trouvez dans la même pièce que quelqu’un qui a regardé le match, prière de ne pas lire à voix haute. Vous risquez de le réveiller.

On le reconnaît, les circonstances n’étaient pas idéales pour les Montréalais. Moins de vingt heures s’étaient écoulées entre le moment où ils avaient quitté la patinoire après leur victoire contre les Flames de Calgary et celui où ils y ont de nouveau posé leurs lames. Une période de repos insuffisante peut nuire à la performance, c’est une évidence. Mais au point d’excuser un effort comme celui dont on a été témoin cet après-midi? Faudrait pas charrier.

Quand nos collègues de la télé sont allés à la deuxième pause publicitaire, avec 4:55 à jouer en première période, le Canadien avait cadré un tir sur Matt Murray. À la fin de l’engagement, le total avait monté à trois. Sur papier, la situation a été rectifiée en deuxième période, que le CH a conclue avec 14 tirs au but. Mais en réalité, seulement trois d’entre eux provenaient d’un rayon qu’un gardien peut couvrir en étirant le bâton.

Au moment de faire les comptes, le Canadien avait été crédité d’un total de 23 tirs sur Murray, un gardien qui affichait un taux d’efficacité de ,882 à ses 23 matchs précédents et qui quitte la ville avec son premier blanchissage depuis le 26 octobre 2019.

L’échantillon est maintenant assez grand pour qu’on puisse parler d’une fâcheuse tendance plutôt que d’une erreur de parcours. Dans ses 37 premiers matchs de la saison, le CH avait été limité à moins de 30 tirs au but à seulement six reprises. C’est maintenant ce qui lui est arrivé à chacune de ses cinq dernières parties.

L’efficacité avant le spectacle

Les plus optimistes s’encourageront en disant que les Sénateurs n’ont pas fait mieux. Si on fait abstraction du fait qu’ils ont gagné le match, c’est un peu vrai. À forces égales, les visiteurs n’ont cadré que dix tirs, dont un qui a roulé sur 200 pieds avant d’aboutir dans un filet désert.

Mais les Sens n’avaient pas à animer le spectacle au Centre Bell. Devant un adversaire avec si peu d’initiative et se laissant si facilement dominer dans les duels, pourquoi s’exposer inutilement en se lançant tête baissée vers l’attaque? Lorsqu’ils ont pris une avance de deux buts avec le premier du match de Drake Batherson en milieu de deuxième période, les hommes de D.J. Smith ont eu le beau jeu pour prioriser la protection de leur avance. Ils ont bloqué des tirs (18 au total), en ont forcé une dizaine à rater la cible et se sont assuré de garder toute menace potentielle en périphérie.

Pauvre Price

Le taux de réussite des Sens sur le peu de chances qu’il se sont créées fait mal paraître Carey Price. Mais le pauvre gardien, remis d’une blessure qui lui a fait rater six rencontres, peut difficilement être blâmé pour cette catastrophe collective.

Price aimerait peut-être revoir le tir de Batherson sur le deuxième but des Sens, mais il n’est pas la bonne cible pour les critiques méritées envers les ratés de son équipe.

Avantage numérique : quelles sont les solutions?

Ça fait quelque fois qu’on en parle, mais c’est plus que jamais d’actualité : le jeu de puissance du Canadien fait dur.

Contre la pire unité de désavantage numérique de la LNH à l’étranger, les spécialistes offensifs du CH ont été tenus en échec pendant sept minutes. Depuis onze matchs, ils ont généré deux buts en 31 opportunités avec l’avantage d’un homme. Relevons l’évidence : ce n’est pas suffisant.

Les Sens, qu’on pourrait qualifier de moins talentueux, ont pourtant marqué un but en avantage numérique dans un quatrième match de suite samedi, une magnifique tic-tac-toe qui a signalé la fin des émissions en fin de troisième période.

Comment régler le problème? C’est peut-être injuste de s’attaquer à des individualités quand le problème est clairement généralisé, mais ça pourrait commencer par une diminution de l’utilisation d’Eric Staal. Le vétéran a joué presque trois minutes à 5-contre-4 samedi. Rien dans sa contribution ne justifie une telle utilisation. Joel Armia, qui n’est pas notre préféré, pourrait difficilement faire pire.

Il y a peut-être une autre solution. Notre collègue Stéphane Leroux en a glissé un mot sur Twitter durant le match. On vous laisse ça ici, en vous rappelant que Dominique Ducharme a confirmé que Cole Caufield accompagnerait l’équipe pour ses cinq prochains matchs dans l’Ouest canadien. Ducharme a aussi répété, non sans s'impatienter, que ses patrons ont les mains liées par les nombreuses contraintes du plafond salarial et de la convention collective. Mais peu importe la gymnastique nécessaire pour lui faire une place dans la formation, ça serait peut-être le temps d'y penser.

Quand une fois est coutume

Le Canadien visait une deuxième victoire consécutive, un fait rare dans cette longue courte saison.

Lorsqu’il a affronté les Sénateurs pour la première fois de la saison, le 4 février, le Canadien avait déjà inscrit trois séries de victoires à son calendrier. Depuis, il lui est arrivé une seule fois de décrocher des résultats positifs en succession – les trois victoires alignées entre le 20 mars et le 1er avril.

On s’en voudrait aussi de ne pas souligner que les Sénateurs, qu’on prenait comme une cible facile en début de saison, ont maintenant remporté cinq de leurs huit matchs contre leurs rivaux montréalais. Les deux équipes se reverront une dernière fois le 1er mai à Montréal.

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