MONTRÉAL - Que vous soyez du camp des optimistes, donc de ceux qui s’accrochent au fait que le Canadien vient de gagner deux de ses trois derniers matchs, ou que vous soyez du camp des pessimistes qui rappellent que Tricolore n’affiche que deux gains à ses 10 derniers matchs, la victoire de 2-1 arrachée aux Rangers, vendredi soir, à New York, devrait faire l’unanimité au moins sur un point :

 

Le Canadien la méritait pleinement.

 

Cette victoire devrait aussi faire l’unanimité sur la manière dont le Canadien doit s’y prendre pour maximiser ses chances de gagner : en jouant du hockey serré en défense afin d’aider la cause du gardien qui défend sa cage, peu importe son nom, et en bûchant en zone ennemie pour palier au fait que le Tricolore manque de ressource offensive de premier plan.

 

Surtout avec les blessures qui le privent de l’agilité des mains des Jonathan Drouin, de la vitesse de Paul Byron et de l’efficacité des relances orchestrées par Victor Mete.

 

Pour gagner, le Canadien doit jouer du hockey de cols bleus. Cela dit avec tout le respect au monde pour tous les cols bleus de la terre. Il doit compenser son manque de talent naturel par des efforts surnaturels si vous me permettez le jeu de mots.

 

En protégeant la zone défensive avec efficacité comme ils l’ont fait hier, les défenseurs et les attaquants venus les aider – je fais exception ici à Max Domi dont on parlera plus tard – les joueurs du Canadien donnent l’occasion à Carey Price de s’imposer comme un gardien de sa trempe doit le faire pour guider son club vers la victoire. Price n’a pas fait de miracles vendredi. Mais sur les 30 tirs qu’il a affrontés, il n’a pas eu à composer avec des cascades d’échappées et autres descentes en surnombre.

 

Price a accordé le seul but aux Rangers sur une échappée.

 

Le gardien et Shea Weber ont affronté une vraie menace en surnombre. Mais une seule au lieu des trois, cinq, sept, voire dix que le Canadien offrait à ses adversaires lors de sa séquence de huit revers de suite.

 

Et comme le capitaine a parfaitement gardé sa position, qu’il a freiné toute chance de passe transversale dans l’enclave, Price a pu se concentrer sur le porteur de la rondelle ce qui l’a aidé à effectuer l’arrêt. Un arrêt important. Un arrêt crucial même. Un arrêt qui a couronné le travail de deux vétérans qui n’avaient pas été surtaxés jusque-là par un trop-plein de situations difficiles de ce genre. Et qui ne l’ont pas trop été non plus par la suite.

 

Six réservistes, trois recrues...

 

Quand on regarde la formation que le Canadien a envoyée sur la glace du « MSG » vendredi soir, on remarque que six joueurs sont des marginaux dont les statuts oscillent entre des réservistes avec le grand club ou des solides éléments au sein du club-école.

 

Deux autres, trois si on ajoute le nom de Cayden Primeau, sont des recrues qui font bien depuis le début de la saison – Nick Suzuki et Cale Fleury – mais des recrues quand même.

 

Nick Cousins et Jordan Weal encadraient Nick Suzuki au sein du troisième trio alors que Charles Hudon et Matthew Peca évoluaient en compagnie de Nate Thompson.

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À la ligne bleue, Brett Kulak, comme Mike Reilly et Christian Folin, est un défenseur qui peine à garder une place régulière au sein d’une brigade aussi moyenne que celle du Canadien.

 

Otto Leskinen arrive de la Ligue américaine. Peut-être y retournera-t-il rapidement comme l’a fait Gustav Olofsson.

 

On verra.

 

Et comme le Canadien n’a pas un Nathan MacKinnon, un Evgeni Malkin, un Ryan O’Reilly ou un Brad Marchand pour prendre les bouchées doubles afin de compenser la perte de joueurs bien plus importants pour l’Avalanche, les Penguins, les Blues ou les Bruins que ceux qui manquent à l’appel à Montréal, Claude Julien n’a pas le choix d’exiger que son équipe joue comme elle l’a fait vendredi soir afin qu’elle se donne une chance de gagner.

 

Il a concocté une recette gagnante. Pourvu que les joueurs la respectent. Et hier une majorité de joueurs l’ont respectée. Avec les résultats qu’on connaît.

 

Domi cherche des points

 

Une autre au tableau : Max Domi!

 

Comme il l’a fait plusieurs fois au cours des dernières semaines, Max Domi a fait bande à part chez le Canadien vendredi. Pendant que ses coéquipiers trimaient dur défensivement, Domi cherchait à s’imposer dans un seul sens de la patinoire. Et non, ce n’était pas en défense...

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Que Domi triche un brin ou deux vers l’attaque, c’est compréhensible. C’est un joueur offensif. Bien qu’il assure ne pas accorder la moindre importance à ses points, il est évident que sa production le préoccupe au plus haut point. Surtout en cette année de renégociation de contrat.

 

Si on peut accepter un brin de tricherie offensive, il est impossible d’accepter ou de pardonner le fait qu’il semble complètement désintéressé de la chose défensive. Ses replis sont lents. Son niveau de compétition en défense est bas, très bas, trop bas. Bien trop bas pour un joueur qui veut s’imposer à titre de leader et qui aspire à un contrat accordé à ce genre de leader qui se démène autant dans son territoire où on encaisse des coups, que dans le territoire ennemi ou on en donne.

 

Questionné sur le fait que la recette gagnante n’ait pas semblé lever dans le chaudron de Max Domi, Claude Julien s’est attardé aux aspects positifs de la victoire.

 

Un autre signe d’un vétéran entraîneur-chef qui est en plein contrôle de son équipe et de ses émotions en dépit les ennuis et blessures qui frappent son club, en dépit les défaites qui s’accumulent, en dépit l’impatience des partisans et journalistes (certains) qui réclament son congédiement simplement pour obtenir un congédiement.

 

Mais pendant que Domi cherche des points à ajouter à sa fiche personnelle – il a d’ailleurs distribué trois ou quatre passes savantes en troisième période, passes qu’Artturi Lehkonen et Joel Armia n’ont pu transformer en buts – Claude Julien doit trouver une façon de rappeler son jeune joueur vedette à l’ordre afin qu’il joue à l’image du reste de son équipe au lieu de donner l’impression de se contenter d’abord et avant tout de jouer pour lui et ses statistiques...

 

En bref

 

  • Après avoir joué un rôle discret, mais ô combien important avec ses deux mises en jeu gagnées pour assurer la victoire (42) aux dépens des Islanders, mardi, Nate Thompson a joué les héros d’une façon bien plus visible en marquant le but de la victoire avec un peu plus d’une minute à jouer en troisième période. C’était son deuxième but de la saison, son premier but gagnant...

 

  • Thompson est devenu le cinquième joueur du Tricolore à marquer un but gagnant alors que le Canadien et ses adversaires sont à égalité. Son nom s’ajoute à ceux de Victor Mete – 17 octobre contre Minnesota – Joel Armia – 26 octobre à Toronto – Max Domi qui a marqué le but de la victoire en prolongation à Las Vegas le 30 octobre et Ben Chiarot qui a brisé l’égalité en fin de rencontre contre Boston le 5 novembre au Centre Bell dans un gain de 54...

 

  • Shea Weber a bloqué cinq des 18 tirs que les joueurs du Tricolore ont bloqués devant Carey Price vendredi. Le capitaine a reçu un de ces tirs en plein visage. Il a reçu les premiers soins sur le banc et est revenu rapidement au jeu. En dépit cette blessure il a été le joueur le plus actif des deux camps avec 24 :47 de temps d’utilisation...

 

  • Mené par Phillip Danault qui a gagné 10 des 13 mises en jeu qu’il a disputées (77 % d’efficacité) le Canadien a maintenu un taux de réussite collective de 60 % aux dépens des Rangers hier soir à New York en gagnant 26 des 43 mises en jeu déposées au cours de la rencontre...

 

  • Les 43 mises en jeu disputées vendredi sont, de loin, le plus petit total cette saison. Le Canadien avait jusquelà connu deux matchs de 50 mises en jeu : le 15 octobre dans une défaite de 3-1 aux mains du Lightning de Tampa Bay et le 7 novembre, à Philadelphie, où le Tricolore a perdu 3-2 en prolongation...

 

  • C’est lors de la visite des Sharks de San Jose au Centre Bell, le 24 octobre, que le Canadien a connu son match le plus occupé avec 89 mises en jeu...

 

  • En moyenne depuis le début de la saison, les joueurs du Canadien et leurs adversaires se croisent 62,5 fois par match aux cercles des mises en jeu...

 

  • Le Canadien profitera d’un rare samedi de congé pour refaire le plein d’énergie. Il se rendra à Pittsburgh mardi avant de recevoir les Sénateurs et les Red Wings mercredi et samedi. Il mettra ensuite le cap sur l’Ouest Canadien pour amorcer sa séquence difficile de sept matchs consécutifs sur la route – entre les 17 et 31 décembre – séquence au cours de laquelle il fera des escales à Vancouver, Calgary, Edmonton, Winnipeg, Tampa, Sunrise et en Caroline...

 

  • Vrai que le Canadien se réveille samedi au deuxième rang de la division atlantique. Mais ne vous laissez pas trop illusionner par ce classement surprenant. Car le Tricolore devance les Panthers de la Floride et les Sabres de Buffalo par un point seulement alors que ces deux équipes ont trois et un matchs en mains...

 

  • Le Lightning de Tampa Bay accuse lui un retard de trois points, mais ils ont quatre parties de plus à jouer que le Canadien qui se retrouvera à nouveau hors des séries s’il est chassé du deuxième ou du troisième rang de la division puisque des clubs de la division métropolitaine accaparent, pour le moment, les deux places réservées aux clubs repêchés...

 

  • Comme quoi ça pourrait changer vite...
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