Section Repêchage 2020 : Portrait de plusieurs espoirs 

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MONTRÉAL – Si Marc Bergevin est satisfait de la situation de son équipe devant le filet et en défense, il reconnaît qu’il doit ajouter de la profondeur en attaque. Le directeur général n’a pas caché qu’il pourrait utiliser son choix de première ronde (16e sélection) dans cette optique, mais il admet que les discussions sont plutôt calmes à la veille du lancement du repêchage virtuel. 

Depuis son arrivée à Montréal dans ce rôle, au printemps 2012, Bergevin ne s’est jamais laisser séduire par cette tentation. Le moment semble toutefois plus propice alors que la relève se développe bien et que les piliers ne rajeunissent guère. 

« Échanger mon choix de première ronde contre un joueur d’un certain âge qui peut nous aider à court terme, je n’ai pas d’intérêt là-dessus. Mais (contre) un joueur qui pourrait nous aider pour plusieurs années, et qui pourrait faire une différence, je vais certainement regarder ça de près », a-t-il répondu dans le cadre d’une visioconférence du club montréalais. 

Le geste pourrait devenir encore attrayant alors que le Tricolore dispose de 11 sélections dont 3 en deuxième ronde (les 47e, 48e et 57e choix). Sauf que ça ne veut pas dire que les directeurs généraux de la LNH doivent attendre leur tour tellement Bergevin est sollicité. 

« Pas mal tranquille. En fait, très tranquille. Si je vous disais aujourd’hui que quelque chose se prépare présentement, je vous mentirais », a commenté le DG à propos de la réponse de ses homologues à cette disponibilité. 

Échanger le 1er choix? : « Pas pour du court terme »

Le contexte de la COVID-19, qui a empêché la hausse du plafond salarial, provoque toutefois des effets négatifs si bien que plusieurs dirigeants jouent donc de prudence jusqu’ici. 

« Bien des équipes essaient d’alléger leur masse salariale.  Elles essaient de se départir de contrats, mais ce n’est pas beaucoup arrivé pour le moment et ça démontre que c’est difficile de le faire. Habituellement, les joueurs qui se retrouvent sur le marché, selon ce que j’ai entendu, ce sont de bons joueurs, mais vont-ils faire une différence au sein de l’équipe alors que tu auras ensuite à signer des contrats avec tes propres joueurs ? Tout le monde est très, très prudent avec les montants qui sont dépensés », a précisé Bergevin. 

Au cours des dernières saisons, Bergevin a conservé une marge de manœuvre considérable sous le plafond salarial. Puisque ce montant a été gelé en lien avec les conséquences de la pandémie, il ne se retrouve pas autant coincé que des homologues des quatre coins de la LNH. Par contre, il ne dispose plus de la latitude anticipée pour trouver du renfort offensif de qualité. 

Ça ne l’empêche pas de poursuivre ses démarches. D’ailleurs, puisque le repêchage s’effectuera en mode virtuel, Bergevin a précisé qu’il a contacté ses collègues au cours des deux dernières semaines pour en savoir davantage sur leurs besoins respectifs. 

« Oui, j’aime l’équipe. Mais je sais qu’on essaie encore d’ajouter des choses à l’équipe. Dans un monde idéal, on veut améliorer des points, ce n’est pas terminé. Présentement, on n’aurait pas assez de joueurs surtout en attaque. Il y a de la profondeur à ajouter. Si on peut s’améliorer en attaque, on va regarder le tout de près, c’est certain. C’est pour ça que j’ai mentionné que mon choix était disponible si l’occasion se présentait », a indiqué Bergevin en rappelant son ouverture à transiger. 

À moins que la solution passe par se départir de Max Domi qui devrait toucher un peu plus de cinq millions par saison ? Il faudrait trouver un « partenaire de danse » à la recherche d’un centre – sa position préférée – pouvant absorber son salaire. 

Le grand patron du CH a profité de l’occasion pour confirmer qu’il était satisfait de ses ressources devant le filet et en attaque grâce aux ajouts de Jake Allen et Joel Edmundson. Il a insisté sur le fait que sa brigade défensive est imposante et mobile tout en misant sur des joueurs avec une grande portée. 

« On a coché quelques cases faisant de nous une meilleure équipe », a-t-il utilisé comme formulation. 

Les dossiers de Romanov et Caufield

L’arrivée d’Alexander Romanov au sein de cette unité sera intrigante. Bergevin a mentionné qu’il sera utilisé à l’endroit où il se démarque le plus dans ses performances. 

Bref, le portrait répond à la plupart des attentes. Cela dit, il est préoccupé par la situation mondiale qui affecte directement son travail. L’idée de démarrer la prochaine saison devant des gradins vides n’a rien d’alléchant surtout que ça réduit le budget de chaque DG. 

« Avec tout ce qui se passe, notamment au Québec alors que Montréal est en zone rouge, on doit être très prudents. Bref, je n’ai aucune idée quand la prochaine saison pourrait commencer et si ce sera le cas », a-t-il noté. 

Selon lui, le contexte économique et le frein imposé au plafond salarial expliquent le peu d’action entre les équipes. 

« On ressentira l’impact pour les deux prochaines années et peut-être plus. Il y a vraiment l’incertitude présentement », a-t-il convenu.

L’impact se ressent également pour des espoirs de l’organisation comme Cole Caufield alors que l’attente se prolonge pour la saison au hockey universitaire dans la NCAA.  

« On appuyait sa décision d’aller à Wisconsin. Malheureusement, avec la COVID-19, ce n’est pas possible. Dans un monde idéal, on aimerait qu’il soit capable de jouer en ce moment. Qu’il soit au Wisconsin ou en Europe, je n’ai aucun problème avec ça. Je souhaite juste qu’il recommence, le plus tôt possible, à jouer des matchs au lieu de faire uniquement des pratiques », a cerné le DG. 

Un plus grand défi pour la LNH que pour le CH

En ce qui concerne le repêchage de 2020, Bergevin croit que le défi sera surtout plus imposant pour la LNH avec le côté technologique à déployer. 

Pour lui, son adjoint Trevor Timmins et les recruteurs, l’objectif sera de ne pas tomber dans le piège de l’évaluation à partir des vidéos. 

« Le hockey a été arrêté en mars donc ça nous a privés d’observer les séries des espoirs ce qui est difficile. Mais tout le monde est sur un pied d’égalité. Quant aux vidéos, c’est délicat parce que tu peux devenir plus difficile en visionnant beaucoup de matériel », a-t-il admis. 

Inévitablement, il a perdu son privilège de se promener dans plusieurs arénas pour évaluer une dernière fois les espoirs qui séduisent le plus son organisation. 

« Oui, c’est difficile. Habituellement, vers la fin de la saison, je m’implique pour aller voir les joueurs que l’on croit qui vont tomber dans notre mire. Je n’ai pas eu la chance de les voir en direct », a conclu Bergevin en plus d’être privé de la tenue d’un combine en sol européen. 

Ce n’est pas le scénario idéal avec autant de choix à sa disposition, mais Timmins a précisé que l’équipe a pu procéder à davantage d’entrevues avec les espoirs. Le bilan de ce repêchage inusité ne viendra que dans quelques années. 

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