BUFFALO – On pensait vous parler de la prestation du gardien Joe Vrbetic dans ce premier match des Canadiens au tournoi des recrues, mais un certain Juraj Slafkovsky a retenu l’attention des partisans, des recruteurs, des dirigeants et des journalistes.

 

Bien sûr, c'est une blague car tous les yeux étaient rivés sur Slafkovsky qui s’en promettait pour ce premier match et il a démarré sa soirée en trombe. Le premier choix au repêchage 2022 en a épaté plus d’un avec sa vitesse, mais surtout la conviction qu’il déploie quand il file à vive allure pour créer de l’attaque.

De Slafkovsky à Mesar, bingo!

 

Dès ses premières présences, il s’est impliqué partout sur la patinoire. Il a effectué de beaux replis défensifs, il a attaqué le centre de la zone offensive, il a récupéré des rondelles le long de la bande. Bref, il semblait dans une classe à part face à cette opposition.

 

Un jeu l’a justement prouvé. Durant un désavantage numérique, il a dévalé la patinoire de manière fascinante pour arriver à la rondelle avant son adversaire. Et, de manière si facile, il a repéré son copain Filip Mesar devant le filet qui a conclu la séquence avec une très belle feinte.

 

À ce moment, les Canadiens menaient 2-0, mais les espoirs des Sabres ont renversé la vapeur en profitant de quelques bévues du Tricolore et de quelques tirs déviés pour l’emporter 4 à 3.

 

Slafkovsky a d’ailleurs été impliqué dans une confusion avec Justin Barron sur le jeu de puissance et ce revirement a mené au quatrième but de la formation hôtesse.

 

Voilà notamment pourquoi Slafkovsky n’était pas satisfait de sa performance.

 

« Pas vraiment, la première partie est toujours un peu difficile. J’ai commis quelques revirements et erreurs », a-t-il réagi d’emblée.

 

« Je ne dirais pas que j’ai fait quelque chose de mal. C’est plutôt que c’était le premier match et il faut se remettre dans le bain. Je me connais, quand je joue davantage, je suis meilleur », a ajouté le Slovaque admettant qu’il a trop osé sur quelques jeux.

 

Dans l’ensemble, l’entraîneur Jean-François Houle avait une analyse plus positive que son jeune protégé.

 

« C’est un bon patineur, il a fait un très beau jeu sur le deuxième but. Parfois, c’est normal, il essaie d’en faire un peu trop. Mais ça va venir avec le temps et il essaie de démontrer ce qu’il peut faire », a relativisé Houle.

 

« L’une de ses forces, c’est qu’il peut foncer sans aucune crainte avec la rondelle. Il doit aller dans les endroits éprouvants et ce sera difficile pour les adversaires de le contrer. C’est une bonne chose qu’il soit de notre côté », a-t-il enchaîné.

 

À l’image de toutes les personnes présentes au match, les joueurs assis au banc étaient parfois absorbés par la tentation de le regarder.

 

« Oh oui et je crois qu’il a encore beaucoup plus à démontrer. C’est un très bon joueur et il est plaisant à observer », a confié Emil Heineman.

 

Heineman, Beck, Trudeau, Harris et Simoneau ont gagné des points
 

Parmi les autres joueurs qui ont gagné des points, on doit d’abord parler de Heineman. En plus de marquer d’un superbe tir dans le haut du filet, il a menacé à quelques reprises et il a lancé Owen Beck en échappée pour le troisième but du camp montréalais.

Emil Heineman ouvre la marque à Buffalo!

 

« C’était mon huitième match puisque j’ai joué en Suède avant d’arriver ici et ça m’a beaucoup aidé. C’est une patinoire plus petite, mais c’était utile », a expliqué Heineman.

 

« J’ai aimé sa rapidité et il possède un très bon lancer. Il a été l’un des bons joueurs dans ce match. Il a ressorti du lot », a convenu Houle.

 

Le seul hic dans son cas, c’est qu’un doute persiste sur l’endroit où il jouera cette année. Un retour en Suède n’est pas impossible.

 

« On continue d’en parler et on va arriver à une décision », a dit Heineman qui est toujours prudent en parlant de ce dossier.

 

Heineman s’est démarqué grâce à Beck qui a été fidèle à sa réputation de joueur rusé et travaillant.

 

« C’est un joueur très intelligent et responsable. Il a gagné les deux mises au jeu à la fin et il a démontré une très belle vitesse sur le but en échappée », a constaté Houle à propos du choix de deuxième ronde du CH cet été.

 

La chimie entre lui et Heineman était évidente.

 

Sans être un aussi gros nom, le défenseur William Trudeau a saisi l’occasion de se démarquer. Il a bien géré son implication offensive et il a réussi à contrer plusieurs jeux des Sabres grâce à son positionnement.

 

« Personnellement, je pense que j’ai joué une bonne partie. J’étais actif sur la patinoire et j’ai eu de bonnes relances. C’est plate de perdre, mais on a déployé un bel effort », a commenté Trudeau.

 

« Il a créé plus d’attaque que j’aurais pensé. Il a très bien fait, j’ai aimé son match », a vanté Houle.

 

En ce qui concerne les autres défenseurs, Jordan Harris a été plus solide que Justin Barron et Mattias Norlinder. De retour d’une blessure, Barron a été chancelant sur plus d’une séquence. Quant à Norlinder, il a bien joué à partir du moment qu’il s’est plus impliqué dans l’action et il devra un jour se débarrasser de sa tendance à s’effacer du jeu.

 

Parlant des défenseurs, Houle n’était pas certain de pouvoir miser sur Kaiden Guhle dans la deuxième partie, vendredi. Tout dépendra de l’entraînement matinal.

 

Terminons avec le nom de Xavier Simoneau qui, malgré sa petite taille, a causé bien des ennuis à ses opposants et il a gagné plusieurs confrontations.

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